<p><p>Sans titre</p></p>
Les promoteurs du libéralisme aiment à présenter l'avènement de la
concurrence comme un bienfait pour les clients consommateurs. "Avec la concurrence, vous êtes libre de choisir !".
Ne
plus être soumis à un fournisseur unique et pouvoir choisir en toute
liberté en fonction de ses besoins du moment, il est vrai que
l'avantage est de taille.
D'ailleurs, je reconnais que je préfère franchement acheter mes produits frais sur un marché (concurrence) plutôt que dans une grande surface (fournisseur unique). Je peux ainsi comparer les étalages des différents commerçants et choisir librement et sans contrainte le rapport qualité/prix qui me convient. Bon. Ok.
Mais peut-on sérieusement s'en tenir à ce type d'exemple simpliste pour affirmer que la concurrence est toujours au service du client ?
<p><p>Sans titre</p></p>
Considérons un autre cas, le 12 par exemple.
Oui oui, le 12. Vous connaissez. Les renseignements téléphoniques. "Allo France télécom service des renseignements j'écoute..."
Et bien le 12 faut l'oublier. Fini le 12 !
Maintenant il faudra composer un numéro à 6 chiffres : 118 puis, xxx selon l'opérateur que l'on voudra joindre.
Le 12 était un monopole. Il fallait donc le détruire !
Désormais vous serez "libre de choisir" le service de renseignements téléphoniques que vous voulez joindre.
Super !
Cela
dit, il faudra surtout se rappeler le numéro du service... Selon la
chance de l'opérateur, cela pourra être quelque chose comme 118 218.
Facile celui-là. Mais attendez, il y a mieux. Que dites-vous de : 118
088, 118 808, 118 711 etc... ?
France Télécom, pas de pot, hérite du numéro 118 710 ou de quelque chose d'approchant. Un peu moins facile que le 12 non ?
Mais voilà. C'est l'ère de la concurrence, c'est ainsi !
Ah!
au fait, bien sûr, les numéros faciles à mémoriser comme 118 118, sont
exclus. Il faut comprendre la loi de la concurrence ! Nous, les
consommateurs, on se rappellerait trop facilement ce numéro. Et pour ne
pas favoriser une compagnie aux dépens des autres, seuls les numéros
difficiles sont retenus ! Fallait y penser.
27 sociétés se partageront le marché. Nous aurons donc le choix entre 27 services de renseignements distincts.
En
tout cas, les agences de pub ne s'en plaignent pas. Il s'agit en effet
de faire connaître ces numéros et de trouver les astuces
mnémotechniques afin qu'ils deviennent un automatisme. Bon courage !
Mais
le plus drôle dans tout cela, c'est que le 12, ah! oui c'est vrai, il
n'existe plus, alors disons les renseignements, et bien ce n'est pas ce
que l'on peut appeler une activité franchement rentable. 300 Millions
d'Euros pour un effectif de 2.600 personne selon le Canard Enchaîné du
25 Juin 2005. Concurrencé par l'Internet ce service est en totale perte
de vitesse.
Savez-vous combien de fois vous avez composé le 12 au
cours de l'année passée ? 5 fois. Bon d'accord peut-être pas vous,
mais c'est en tout cas la moyenne d'utilisation du service.
Pas terrible terrible le gâteau. Et il faut couper 27 parts !
Alors
comment vont-ils faire pour transformer cette activité en sources de
revenus ? En offrant d'autres services comme les renseignements
internationaux ou l'annuaire inversé ? En profitant de la liberté de
tarification ? Ou peut-être plus simplement en localisant les emplois
au Maroc, entre autres, en tout cas là où les salaires sont au raz des
pâquerettes ?
A noter, la Grande Bretagne et l'Espagne sont déjà
passées par là. Paraît-il que là aussi la concurrence a fait rage :
des numéros ultra surtaxés, des temps d'attente en ligne totalement
déments et des fichiers pas à jour. Pratique pour le client ! Mais en
France on va veiller à tous ces débordements. Promis !
En tout cas, comme dit mon copain Jan d'Anvers : "C'est le grand bazaar"
A plus tard...
Pour en savoir un peu plus :
Le nouvel Observateur :
http://permanent.nouvelobs.com/multimedia/20050614.OBS0067.html
Silicon.fr
http://www.silicon.fr/getarticle.asp?ID=7778
Le tableau final des attributions de 118 XYZ par société
http://www.art-telecom.fr/dossiers/renseignements/index-d.htm
Libération
http://www.liberation.fr/page.php?Article=303957
Et bien sûr le canard enchaîné cité ci-dessus mais il n'est malheureusement pas en ligne...

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