<p>Sans titre</p>
On dit parfois que les entrepreneurs sont les petits baromètres de l’économie. Petits ? Pourquoi petits ? Je pense au contraire que ce sont de très grands et le plus souvent d’assez fiables indicateurs… Ne sont-ils pas assez au cœur des affaires que pour en ressentir les tendances ? Il m’arrive très souvent de discuter avec des entrepreneurs de tous secteurs et de toutes régions. Tous sont unanimes et tiennent le même discours : les affaires sont de plus en plus difficiles, dans un monde où tout change de plus en plus vite. En tant que chef d’entreprises, je confirme. Cependant, les statistiques et autres rapports économiques semblent souvent minimiser les choses. Ils parlent de « ralentissement de la croissance ». Pourtant, c’est un fait, les volumes d’activités de nombreuses entreprises affichent une baisse claire et nette. Je connais quelqu’un qui dirige une entreprise dans le port de Bruxelles (un point de passage important pour les matières premières industrielles) et qui m’assure qu’il occupe une position de choix pour évaluer les tendances de l’économie avec quelques mois d’avance… Depuis des mois et des mois les entrepreneurs de tous bords clament à qui veut l’entendre que les prévisions ne sont pas au beau fixe. Mais dans le même temps, le discours du gouvernement et de certains politiques, ainsi que les chiffres qu’ils annoncent, conservent un optimisme rassurant...
Ce que je pense, c’est que les « petits baromètres » que sont les entrepreneurs réagissent en temps réel : la situation économique, ils la vivent au quotidien. Par contre, gouvernement et fédérations réagissent souvent avec trois à six mois de retard. Ils proposent de très beaux plans d’actions à long terme, mais aucune mesure concrète efficace directement. C’est d’actions à court terme dont les entreprises ont besoin aujourd’hui.
Prenez le coût des bas salaires, par exemple. Tout le monde s’accorde à dire qu’il est beaucoup trop élevé. Il est anormal qu’un ouvrier ait à se poser la question de savoir s’il est plus intéressant pour lui de travailler ou de rester chômeur tant la différence dans son portefeuille est minime ! Si on veut conserver des postes de type labour intensive dans nos régions, il est grand temps de faire quelque chose. Et je ne suis pas en train de dire qu’il faille baisser ces salaires… ! Ce qu’il faut diminuer, ce sont les charges qui pèsent sur ces salaires !...
Bien sûr, il n’y a pas de solution magique. Mais il faut agir. Le pessimisme et la politique de l’autruche ont assez duré : ils ont en commun de ne rien résoudre et de laisser filer un temps précieux. Le temps est venu de faire un constat honnête et de prendre les mesures structurelles et conjoncturelles qui s’imposent. Pour ramener tout cela à ma modeste expérience, on peut établir une comparaison avec la réorganisation d’une entreprise : en la matière, l’idéal c’est d’agir quand les choses tournent encore plus ou moins bien… après, c’est souvent trop tard !

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