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Eternel besoin de reconnaissance

Franoise_keller_4 Par Françoise Keller - Coach et formatrice

Dans les formations et les accompagnements que je fais, j’observe qu’un besoin fondamental est régulièrement en souffrance : le besoin de reconnaissance. Que ce soit pour le dirigeant, démuni face au besoin de reconnaissance de ses salariés « Je ne peux pas éternellement l’augmenter ! » ; que ce soit pour le salarié, déçu de recevoir bien peu de signes de reconnaissance positifs de son patron ; que ce soit pour la personne en recherche d’emploi, qui a du mal à se définir en positif.

Retour en arrière…

Si nous observons attentivement ce qu’il se passe autour de nous, la manière dont nous avons appris à fonctionner, reconnaissons que ce besoin est mis à mal depuis notre plus jeune enfance. Que dit-on à l’enfant qui pleure ? « Ne pleure pas, ce n’est pas grave » ! Comment corrige-t-on une dictée ? En soulignant les fautes, ce qu’Alice Miller appelle la pédagogie noire. Que dit-on à l’enfant qui rentre à la maison, heureux d’être 10ème de la classe ? « Arrête de te vanter » ou alors « ce serait bien que tu sois 9ème au prochain trimestre… ».

Nous avons appris, expériences après expériences, que :

- nos émotions négatives, tristesse, peur, déception…. n’ont pas de place et ne sont pas légitimes
- il est légitime de reconnaître ce qui ne va pas
- il est dangereux de reconnaître ce qui va

Quand notre besoin de reconnaissance est mis à mal…

Forts de ces expériences, nous avons appris des comportements que nous reproduisons facilement en entreprise.

Or le besoin de reconnaissance est un besoin fondamental de tous les être humains.

Nous sommes donc régulièrement mis en difficulté :

- nous aimerions une reconnaissance des choses que nous réussissons
- nous aimerions une reconnaissance des difficultés que nous affrontons et, dans le même temps :
- nous n’envisageons pas d’exprimer régulièrement de la reconnaissance à nos collaborateurs

Ajoutons à cela que nous avons également appris qu’il n’est pas correct de demander quelque chose à quelqu’un pour satisfaire nos besoins, que l’autre doit deviner nos besoins et la boucle est bouclée !

Il ne reste plus qu’à souffrir en silence, à quitter notre emploi quand la souffrance est trop grande pour aller ailleurs souffrir autrement.

Voie sans issue ? Peut-être pas…

Voici une démarche que je propose régulièrement à mes clients et à moi-même.

Etape 1 – Accorder le valeur à nos besoins

La première chose que je permets dans les formations et les séances de coaching c’est d’accorder de la valeur à nos besoins fondamentaux et d’accueillir le fait que, dans certaines situations, nos besoins ne sont pas satisfaits comme nous l’aimerions. Cette étape prend du temps et permet déjà de nourrir notre besoin de reconnaissance de ce que nous vivons !

Etape 2 – Prendre la responsabilité de nos besoins

La deuxième chose, étape souvent difficile, où l’aide d’une personne bienveillante est souvent utile, est de prendre l’entière responsabilité de nos besoins. Je n’ai pas besoin que mon patron reconnaisse ce que j’ai réussi, les difficultés que j’ai traversées. Non, en fait j’ai besoin que ce que j’ai réussi, les difficultés que j’ai traversées soient reconnus et je suis entièrement responsable de trouver une manière de satisfaire ce besoin vital pour moi. Jusqu’à présent, j’ai envisagé que çà vienne de mon patron, si possible par une augmentation, mais, lorsque cette piste ne fonctionne pas, j’ai la responsabilité d’en choisir d’autres.

Cette étape délicate est un vrai changement de paradigme.

J’ai un besoin de reconnaissance et j’ai la responsabilité de trouver une manière de le satisfaire.

Etape 3 – Développer ma créativité

J’adore cette étape qui consiste à envisager les manières réalistes et les plus faciles que chacun peut imaginer pour satisfaire ses besoins. Etape joyeuse, créative, étonnante, dynamisante. Et si j’allais voir mon patron et que je lui demandais « accepteriez-vous de me dire une chose que j’ai faite récemment et que vous avez apprécié ? ». Et si j’allais voir un proche collaborateur, en qui j’ai confiance, et que je lui posais cette même question ? Et si je m’accordais davantage de reconnaissance dans ma vie personnelle ?
Et puis cette question si fondamentale : et si je prenais un rendez-vous avec moi-même pour lister ce que j’ai fait récemment et que j’ai vraiment apprécié ?

Etape 4 – Choisir la facilité

Enfin, pour terminer : la bonne nouvelle ! Vous n’êtes pas obligé de choisir la solution la plus compliquée, la plus périlleuse. Je vous invite, au contraire, à choisir la solution la plus facile, la plus agréable pour vous !

Commentaires


Article super-intéressant et qui mérite l'intérêt de nos lecteurs. J'aurais presque pu écrire le même si j'avais le même talent (je vous envoie ma reconaissance ;) ). On m'a dévançé sur ce coup là.

Je le ferai dans mon Blog demain tiens !

C'est terrible l'effet de ce besoin de reconnaissance et je crois que les psychologues se régalent avec ce sujet.
En fait, on le sent tout le temps dès qu'on entend quelqu'un se vanter ! Cette personne cherche le plus souvent à ce que l'on dise en réponse : "ah oui, bravo à toi. Quel boulot/talent etc.".

Pour ma part, j'ai fini par ne plus volontairement le chercher ; j'ai d'ailleurs été viré par mon patron qui ne s'est pas gêné pour dire que j'étais nul, évidemment. Il faut autant que possible jamais se sentir affecté par ce jugement : plus facile à dire qu'à faire.
Au pire, il faut se dire qu'on est atteint de l'échelle de Peter et on est loin d'être le seul cas.
Inconvénient : l'attitude que j'ai choisie fait que je risque d'être le seul à aimer ce que je fais puisque je le fais pour moi, par goût du défi uniquement. Les autres peuvent ne pas comprendre, je m'en fiche.
Problème : si je veux vendre ou me vendre, je suis obligé de mettre en avant ce que j'ai fait de manière posée et calculée, c'est-à-dire en fonction de la personne que j'ai en face de moi et pas en fonction de mes propres critères et goûts.
En effet, j'ai cependant mon côté humain parfois et je retombe dans mon travers : j'aime entendre que ce que je fais (je fais donc je suis) est bien et je prends aussi la mouche si l'on me critique de trop. Ensuite, on a envie de se dire : "tu t'es encore fait avoir par ton besoin de reconnaissance" !
Vis-à-vis des autres, je fais donc attention de ne jamais dire que sa création ou travail est mauvaise dans l'absolu : toute tentative de créativité porte du bon. Et je ne mens même pas. Chez les autres, c'est loin d'être le cas souvent. L'anonymat de l'internet fait que les gens "se lâchent".

Bien sur, si l'on s'emporte par enthousiasme sur ce que l'on fait, comme on le dit populairement, "on saoule".

Il faut donc arriver à trouver un juste milieu entre la recherche de reconnaissance et son blindage vis-à-vis des critiques ou indifférence.

D'un autre côté, ce besoin est très pratique dés que l'on veut manipuler la personne en face. Il suffit de lui faire un compliment sur une tâche spécifique réalisée par la "cible" pour se voir souvent "traité en prince". J'ai souvent perçu (pas quantifié) cet effet.
Il n'est même pas nécessaire d'ailleurs de dire quoi que ce soit. Ecouter soigneusement suffit.
C'est la fameuse conclusion de la part d'un interlocuteur qui fait le bilan auprès de ses connaissances d'une entrevue avec vous :
"Qu'est-ce qu'il est intelligent et éloquent"
.... alors que vous n'avez fait que l'écouter sans lâcher un autre mot que "tout à fait, vous avez raison"...

C'est tout bête à satisfaire parfois le besoin de reconnaissance, mais on n'y pense pas.

Mon meilleur ami travaille dans les relations publiques à Londres, au bout de deux ans, sans augmentations, sans évolution réelle de son statut, sans jamais un "good job, Tom" malgré l'excellent travail fourni, il a décidé d'aller voir ailleurs, alors qu'il aimait beaucoup cette boîte. Et le jour où il a dû annoncer son départ à son chef, celui-ci lui a finalement compris qu'il allait perdre un super employé, dévoué, mais trop peu considéré. Tom a eu de la chance, son boss a réfléchi. Il lui a fait une sorte de contre-proposition en ces termes : "nous voulions te proposer une augmentation et davantage de responsabilités depuis longtemps, je crois que c'est l'occasion rêvée, non ?" Bingo !
Tom a décidé de rester, il aura exactement la même rémunération et autant de responsabilités que celles qui lui étaient promises ailleurs, mais d'autres facteurs entrent en compte : le sentiment de sécurité, la renommée plus imposante de son employeur actuel, et l'envie d'avancer.

Reste à savoir si son patron se souviendra de temps à autre de lui metter une petite tape d'encouragement dans le dos, de lui faire remarquer que sa recommandation était chouette, de lui faire comprendre qu'on sait qu'il existe et qu'il fait du bon boulot.


C'est vrai, on applique un peu trop souvent au hommes l'adage qui dit qu'on ne parle jamais des trains qui arrivent à l'heure.

J'ai pris plaisir à lire cet article qui trouve une résonnance toute particulière en moi en ce moment.

Alors bonne route à vous ! En complément, voici une ordonnance à prendre 3 fois par jour, sans risque de surdosage :
- arrêtez vous un instant
- respirez profondément
- notez une chose que vous avez fait ou dit et que vous appréciez
- remerciez vous pour cela
- prenez le temps d'accueillir votre remerciement
Hum çà fait du bien !

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