La vrai richesse de nos entreprises…
Par Françoise Keller - Coach de Managers, de Projets et d'Equipes et Formatrice en management et en communication NonViolente®
Ce mois-ci je me suis régalée à analyser avec intérêt le résultat de 2 sondages fort complets :
- un sondage réalisé par le CNISF (Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France) auprès de 33 000 ingénieurs
- une enquête réalisée par Accor Services et IPSOS auprès de 1 200 salariés sur le bien-être et l’implication des salariés au travail
Je ne peux pas en quelques lignes résumer ces enquêtes fort complètes et riches d’informations. Je relèverai juste quelques points qui pourraient intéresser les dirigeants, les directions de ressources humaines, les politiques de formation et d’accompagnement de nos entreprises.
Quels sont les factures d’implication les plus importants pour les salariés ?
On découvre que les trois premiers facteurs d’implication, identiques dans le secteur privé et public sont :
- l’ambiance de travail au sein du service / de l’équipe
- l’autonomie dans le travail
- les relations avec le supérieur hiérarchique
Je retrouve là deux dimensions majeures que nous travaillons dans les nouvelles formes d’accompagnement et de formation qui se développent actuellement (coaching individuel, teambuilding, pédagogie active, médiation) :
- les relations inter personnelles, qui agissent dans les relations hiérarchiques et qui influent grandement la qualité de l’ambiance
- les relations à l’équipe : comment chacun se positionne au sein de l’équipe, quelle est sa marge d’autonomie
Dans les petites entreprises et le secteur public, un autre levier de motivation apparaît comme essentiel, il s’agit de l’image de l’entreprise, de l’image du métier à l’extérieur, l’expression d’une forme de fierté d’appartenir à cette entreprise.
Nous voyons ici l’importance d’acquérir dans les équipes une vision partagée. A une clinique que je rencontrais récemment et qui avait des soucis d’ambiance de travail, de conflits entre catégories de salariés, nous avons pu observer qu’un changement potentiel pouvait d’abord venir d’un recentrage sur la mission que tous les salariés pouvaient partager : une vision du service aux patients, la place de chacun au sein de cette mission.
Certaines entreprises hésitent parfois à investir dans l’accompagnement, la formation, les relations, le management, la cohésion d’équipe…. Bref, tout ce qui n’est pas directement en lien avec le « métier » de l’entreprise.
J’aime qu’une enquête nous ramène à la réalité. Le métier de l’entreprise n’est pas seulement de produire de la valeur ajoutée, d’enrichir des actionnaires. Le métier de l’entreprise est aussi de développer une équipe, c’est-à-dire « un ensemble de personnes qui sont en lien, en vue de réaliser un objectif commun ».
Quelles sont les dix premières sources d’insatisfaction des ingénieurs ?
L’enquête réalisée par le CNISF concerne une catégorie de personnel, les ingénieurs. Intéressante car elle concerne quand même plus de 30 000 personnes !
Alors, donc, quelles sont les 10 premières sources d’insatisfaction des ingénieurs ?
- la qualité de la communication de l’entreprise 46 %
- le niveau de stress 45 %
- la qualité de l’organisation générale de l’entreprise 42 %
- le style de management 41 %
- la charge de travail 39 %
- la lisibilité de la stratégie 39 %
- la pertinence de la stratégie 35 %
- l’animation d’équipe, la gestion de projet 34 %
- le salaire de base 31 %
- les primes et les bonus 30 %
Près de la moitié des ingénieurs ne sont pas satisfaits de la communication de l’entreprise, de l’organisation, du style de management et de la stratégie.
Il me semble qu’un élément en jeu est la circulation des informations dans l’organisation, la prise en compte du manager dans l’organisation, les circuits de prise de décision, notamment dans les grandes entreprises. On imagine assez facilement qu’il s’agit davantage de besoins d’informations, de dialogue hiérarchique, de vision partagée, d’intelligence collective que de choix techniques d’organisation. Dans cette optique, le teambuilding et le coaching individuel sont des atouts essentiels, complémentaires du conseil.
Une autre dimension apparaît ici, qui me semble de plus en plus essentielle dans mes interventions. Je l’appellerai « la communication envers soi-même ». Pas toujours comprise de prime abord dans l’entreprise un défaut de lien avec soi-même se traduit par la non prise en compte de ses émotions, une déconnection avec ses besoins personnels, une incapacité à pouvoir s’affirmer, à oser dire non, la peur irraisonnée du conflit….
Cette manière d’être déconnectée de soi-même conduit le salarié à être co-acteur du système qui ne le satisfait pas : stress, accumulation de charge de travail pouvant aller au burn-out, acceptation de décisions inadaptées.
Je constate que le fait de redonner au salarié et au manager les moyens de prendre sa place, de s’affirmer, d’aborder les désaccords, voire les conflits, peut créer une situation temporairement difficile mais conduit immanquablement l’entreprise vers une meilleure efficacité collective, des décisions meilleures, une meilleure implication de chacun. Cette évolution capitale à la fois pour l’entreprise et les salariés nécessite une forte implication de la direction, dans la durée.
En conclusion provisoire…
Ce qui me semble vraiment intéressant dans ces deux enquêtes c’est de nous rappeler que le capital de l’entreprise c’est d’abord son personnel. Viser le développement des personnes, du lien entre les personnes, du lien entre les personnes et l’entreprise, devrait être du bon sens. Ces enquêtes nous redisent, chiffres à la clef, que la motivation et l’implication des salariés est en jeu… donc la pertinence des stratégies, l’efficacité collective… donc la pérennité de l’entreprise ET des personnes…
Il ne s’agit pas de choses complexes et compliquées.
Juste d’apprendre et réapprendre ce que nous aurions dû apprendre à l’école : clarifier nos motivations, s’exprimer et s’affirmer, écouter, dialoguer, construire ensemble en vue d’un objectif partagé….
Dans cet apprentissage, la formation initiale et la formation continue, l’accompagnement individuel et collectif ont leur rôle à jouer.



Bonjour.
Je suis en terminale STG et j'ai un dossier à construire pour mon baccalauréat. J'ai décidé d'étudier les conséquences qu'a une bonne entente entre un salarié et son supérieur hiérarchique.
Votre site m'a beaucoup aidé, je le trouve très intéressant et complet.
Si vous avez des informations pouvant m'aider à construire mon projet, je vous serai reconnaissante de me les envoyer à aude54@wanadoo.fr
Au revoir.
Rédigé par: WILLAUME Aude | le 21 novembre 2006 à 09:32
bonjour,
je suis en terminal stG et j'ai un sujet d'étude à présenter pour mon bac, et je voudrais avoir plus de renseignements sur les facteurs de conflits entre les salariés.
Votre site est vrément bien.
merci d'avance.
ps: mon adressse : morgane.kolar@wanadoo.fr
Rédigé par: morgane | le 04 décembre 2006 à 09:41