Vous avez des solutions ? Cherchez donc des problèmes !
Par Alain Fernandez - Consultant indépendant
Les décisions sont-elles toujours rationnelles ?
C'est ainsi qu’on les juge…Après coup en tout cas.
Prenons un simple exemple.
Comment, dans vos entreprises, définissez-vous la priorité des projets ?
Toujours
après une étude d’opportunité rondement menée avec une définition
précise de l’urgence... ou plutôt en tenant compte de la disponibilité
des ressources ?
Il y a déjà pas mal de temps, nous avions monté, avec un collègue de l'époque, une petite boîte de développeurs spécialisés dans les problématiques d'informatisation de la production industrielle. Cette période de l’année, l'automne, était particulièrement propice pour effectuer notre marché auprès de nos clients et récupérer un ou deux projets conséquents à notre échelle, afin de démarrer correctement l’année suivante. Les responsables de division disposant de queues de budget, et nous sachant disponibles (nous étions peu nombreux sur le créneau et les besoins étaient alors énormes), profitaient de l’opportunité et « découvraient » de nouvelles urgences. Les priorités des projets étaient rapidement chamboulées…(Il est aussi vrai que les temps ont changé, les « queues de budget » inutilisées sont devenues bien plus rares…)
Curieuse approche de la décision me diriez-vous. Mais est-elle vraiment originale ?
James G March
avait déjà étudié ce phénomène et s’en était servi pour démontrer le
côté mythique de la décision rationnelle au sein des organisations.
Dans la théorie classique on présuppose que, face à un problème, les
décideurs élaborent rationnellement une solution adéquate. Voici le
problème, cherchons la solution. Mais selon les observations de March
et de ses collaborateurs, le processus de décision ne se déroule pas
ainsi. Il s’agirait plutôt de mettre en concordance des solutions
pré-existantes avec des problèmes… Les décideurs puiseraient ainsi,
dans une vaste poubelle, des solutions en quête de problèmes.
La
prise de décision, dans ce cas précis, ne serait que le fruit de la
rencontre entre des flux de solutions, de problèmes, de participants et
d’opportunités : "Le modèle de la poubelle " était né. « The garbage can model ».
Lorsque les problèmes existent me diriez-vous, il ne s'agit là que
d'une question d'occasion. Les ressources sont disponibles, la solution
"est en magasin", profitons-en ça ne durera pas. Voilà quel pourrait
être le raisonnement logique, après un difficile effort de
rationalisation a posteriori.
Mais en réalité, cette approche par
la disponibilité ne forcent-elle pas la main pour tenter de faire
coller par tous les moyens une solution déjà existante à un problème
mal défini ? (Voire, et ce dans le pire des cas, de faire surgir des
problèmes qui n'existent pas vraiment ?)
Regardons un peu autour
de nous... Ne sommes-nous pas dans le cadre du "Modèle de la poubelle"
lorsque l’on investit dans une technologie avant d’établir une
véritable étude d’opportunité ? Ou encore, lorsque le comment l’emporte
sur le pourquoi, et que l’on passe très rapidement à la mise en œuvre
avant de bien étudier le pourquoi de cette solution ? Combien de fois
a-t-on compté sur les technologies disponibles pour résoudre des
problèmes organisationnels ? Combien de projets d'ERP et surtout de CRM
ont ainsi démarré sur les chapeaux de roues et fini dans le fossé par
manque de préparation et d'étude précise de la valeur et de la
rentabilité ? ... Et combien de projets de BI risquent de suivre la
même voie ? Finalement ne serait-ce pas là une des principales pierres
d’achoppement des projets ?
A mon avis, le modèle de la poubelle, malgré ses 30 ans d’âge, est plus réaliste que jamais.
A plus tard...



Bien vu!
Rédigé par: Olivier Tripet | le 25 juillet 2006 à 11:37
Ce site est très intéressant et instructif. M. Stéphane Ducharme y raconte comment il a connu le succès en affaire avec son entreprise sur internet.
Rédigé par: Daniel Jean | le 13 juin 2007 à 02:22
Il m'amuse toujours autant ces vrais philantropes qui, après avoir trouvé la formule pour devenir multi millionnaires en 1 an, passent un temps fou sur le net, á vendre bouquins, ou recettes miracles, plutôt que d'en jouir tranquillement. Cherchez l'erreur. Il y aurait autant de gogo que cela ?
J'en parlait dans ce billet du Perfologue : http://www.le-perfologue.net/raconter/manuel_castors_juniors.html
Rédigé par: Alain Fernandez | le 15 juin 2007 à 11:24
"après avoir trouvé", et "cherchez l'erreur" bien sûr,
Ne jamais poster sans se relire lorsque l'on abuse du copier-coller...
Rédigé par: alain Fernandez | le 15 juin 2007 à 11:34