Pour illustrer ces thématique, je cite pêle-mêle : le
P2P, la place prise désormais par Google dans l’environnement des utilisateurs,
l’essor des messageries instantanées et de la téléphonie IP, le grignotage du
monopole de Microsoft par Linux et Firefox, l’explosion des forums, groupes de
discussion et autres communautés virtuelles, l’émergence d’une blogosphère, le
développement du logiciel libre, l’apparition de véritables réseaux sociaux en
ligne, l’essor d’E-bay, les outils collaboratifs comme Wikipédia et d’une
manière générale le buissonnement du Web 2.0 autour de gadgets et d’outils
visant à partager et à échanger.
Bref, une conjonction de phénomènes d’ordre économique,
social ou technologique, dont le retentissement est différent mais qui contribuent
tous ensemble à l’émergence d’un nouvel internet, une sphère dont le modèle économique repose
sur la gratuité ou l’échange, se situant le plus souvent dans une logique non
monétaire.
En tant que spectateur du secteur associatif, le
parallélisme ne manque jamais de me frapper : la logique à l’œuvre dans le
nouvel internet est souvent celle du « tiers secteur » : mise en
commun, partage, échange ou gratuité et pour finir, une valeur ajoutée forte,
reposant essentiellement sur la création de lien social ; on reconnaît lÃ
les ingrédients du projet associatif.
Je donnais un exemple de cette ressemblance en évoquant les
forums d’entraide technique (ici un résumé d’une précédente chronique dans mon
blog). Ces forums (informatique, cuisine, violons d’Ingres) fonctionnent sur
une logique parfaitement « associative » : des contributeurs/modérateurs
bénévoles partagent leur savoir et procurent gracieusement leurs compétences
aux clients/utilisateurs. Ces derniers ont également vocation à se transformer
un jour en contributeurs/modérateurs dans une dynamique exponentielle. Selon la
qualité des interventions, le forum peut devenir une référence dans sa
catégorie et générer un trafic substantiel. Les revenus indirects tirés de la
fréquentation (régie publicitaire) permettent plus ou moins de couvrir les
frais fixes du fonctionnement. Comme dans les associations recourant au
bénévolat, le don de soi effectué par quelques uns permet au plus grand nombre
de profiter d’un service de qualité, rendu gratuitement.
Pour les petites et moyennes structures à but non lucratif,
cette similitude de fonctionnement est programmatique : les outils du
nouvel internet paraissent parfaitement adaptés aux besoins des associations; ils
empruntent les mêmes chemins. Il paraît donc évident que le nouvel internet
présente une opportunité pour tout le secteur associatif : la possibilité
de se doter à moindre coûts d’outils d’organisation interne et de communication
d’une efficacité sans précédent.
L’organisation interne du projet et la communication de
l’association constituent en effet les priorités stratégiques de tout
dirigeant associatif. C’est en réussissant sur ces deux fronts que le projet
collectif pourra s’épanouir et venir enrichir la collectivité. Pour cette
raison, les associations sont avides d’outils, si possible simples à mettre en
œuvre et gratuits.
L’organisation interne pour commencer.
Quel qu’il soit, le projet associatif est complexe Ã
conduire et confronte les dirigeants à des défis organisationnels quotidiens.
Prenons l’exemple des associations de pratique (sportifs, loisirs, activités
artistiques et culturelles) qui proposent à un public plus ou moins large la
pratique d’une activité (entraînement et apprentissage, séances de pratique,
conférences, voyages, randonnées). La prestation rendue par l’association
suppose toujours une certaine logistique (salle, matériel et matières
premières, planning, invitations, affichage, réception et prise en charge du
public, relations financières, etc). Ce besoin d’organisation est ressenti
d’autant plus clairement que l’association se montre créative et que son projet
emprunte des chemins divers et variés. L’infrastructure rendue nécessaire par
les activités est inventée par les dirigeants qui peuvent s'appuyer sur
l’équipe des bénévoles et le budget de fonctionnement. Il s’agit pour les pilotes
du projet associatif de faire une utilisation optimale de ces ressources (on
économise ce qui est rare), notamment en se dotant des outils d’organisation
appropriés.
Lorsque l’équipe de l’association est nombreuse, que les
taches sont éclatées et appellent une certaine coordination, l’association peut
se doter d’un outil en ligne comme Basecamp. Cet outil, gratuit dans sa version
de base, permet de gérer des projets avec de nombreux collaborateurs ; on
peut ainsi publier des listes de taches, suivre leur accomplissement, évaluer
la participation de chacun et partager des documents de travail.
C’est un moyen idéal pour piloter les « gros »
projets (spectacles, opérations humanitaires, etc) mais également pour le suivi
quotidien des activités récurrentes (organisation et suivi des cours,
entraînements, compétitions sportives, édition d’une publication régulière,
cycles de conférences, etc). Le partage de la liste des taches, du calendrier
des échéances et l’assignation nominative des taches aux personnes garantissent
un fonctionnement efficace et transparent. La gestion des permissions permet de
partager l’outil plus ou moins largement entre les membres, selon la nature de
leur implication ; des fonctions statistiques peuvent servir de support Ã
une évaluation comptable des contributions bénévoles. L’outil est convivial,
bien conçu ; sa prise en main est intuitive.
Deuxième exemple, Triporama pour les associations qui
organisent des voyages ou des visites. Elles sont nombreuses : les
associations « voyagistes », les associations de jumelage, les
associations pour la pratique des langues étrangères, les randonneurs
(Pédestres, VTT) et toutes les autres structures qui à titre exceptionnel
proposent à leurs adhérents un voyage d’agrément ou de découverte.
Triporama permet de stocker et partager les informations
relatives au voyage (transports, hébergement, activités), de recueillir l’avis
des participants à propos de toutes questions (notamment une fonction
intéressante de sondage sur les dates du voyage « date poll ») et
d’informer les participants de l’avancement du projet.
Ici encore, l’outil est gratuit, parfaitement interactif,
convivial et ludique. Lacune à combler cependant, il manque une gestion du
budget du voyage et le calcul des participations individuelles. Un produit un
peu similaire est proposé par Yahoo ! : Yahoo Trip Planner
Autre exemple d’outil typiquement Web 2.0 conforme à une logique non marchande, le wiki. Une communauté élabore collectivement un
document de format texte. Le contenu en
est modifiable à l’infini et librement distribuable ; chacun peut
participer à l’élaboration et la diffusion du document.
En rendant possible la rédaction véritablement collective
d’un texte, le wiki est un bon outil pour garantir la collégialité de l’expression
associative. Cet avantage sera précieux dans tous les moments-clé de la vie de
l’association : rédaction du projet de statuts, préparation des
résolutions d’assemblée générale, déclarations de principe à propos de l’objet
et des valeurs de l’association.
En plus d’une organisation efficace et efficiente,
l’association obéit à une seconde priorité stratégique : soigner sa
communication et se situer dans une logique de réseau.
Notre époque est celle des réseaux. C’est devenu un tel
truisme qu’on ne sait plus comment l’écrire. Du plus modeste demandeur d’emploi
aux plus grands groupes bancaires, en passant par les créateurs d’entreprise,
les leaders d’opinion et tous les acteurs économiques, chacun cultive
soigneusement son réseau.
L’association n’est pas en reste dans cette logique
d’ouverture sur l’extérieur, dans ce paysage en toile d’araignée. On pourrait même dire que plus que toute autre organisme, l’association doit mobiliser son réseau pour la porter, la soutenir et la faire grandir. La réussite ne sera au rendez-vous qu’à condition de fédérer un groupe de personnes, les adhérents, qui -par leur engagement bénévole ou leur cotisation financière- constitueront les principales
ressources du projet associatif.
Les structures de la loi de 1901 sont donc condamnées à rayonner dans leur zone d’influence, créant cette valeur ajoutée sociale,
typique du secteur non marchand. Pour cette raison, l’organisme doit sans cesse
recruter de nouvelles ressources humaines, mais également des personnes qui
puissent servir de relais et diffuser le projet de l’association. Les
dirigeants de la plus modeste association de quartier ont compris qu’il fallait
inscrire la constitution et l’entretien d’un réseau digne de ce nom au rang des
priorités stratégiques.
Ici aussi, les outils du Web 2.0 font merveille. A nouveau quelques exemples pour illustrer mon propos.
A tout seigneur, tout honneur ; le Weblog doit être
cité en premier lieu dans les nouveaux outils de communication de
l’association. J’ai abordé sur mon blog dédié aux dirigeants bénévoles le
concept de « blog associatif ». De tous les outils de communication
en ligne, le blog est le plus simple à mettre en œuvre ; il ne requiert
aucune compétence technique et ne nécessite pas d’hébergement, certaines plateformes
sont même gratuites (par exemple Blogger). Quelques minutes et une dizaine de
clics suffisent pour mettre en ligne un espace d’information agréable Ã
consulter et interactif.
L’intérêt du blog dans les logiques de réseaux est décrit
ici par JFRuiz :
... le blog est un outil de communication sociale qui permet de
rapprocher les personnes qui gravitent autour des mêmes informations. Blogger
c’est échanger, c’est donner une information dans un article et c’est recevoir
d’autre informations dans les commentaires publiques (ou par une remarque
privée). Je pense que la base de l’interaction sociale, c’est également
l’échange et donc en ce sens le blog est un catalyseur de relations
sociales.
Le secteur associatif n’a pas attendu pour s’emparer de
l’outil. Voici quelques exemples de blogs associatifs, une association
régionale d’usagers des transports, une association humanitaire, une
association de défense de locataires. Dans ce billet de l’INJEP, une autre
dimension du blog associatif est développée, son rôle de catalyseur interne du
projet associatif et sa vocation pédagogique.
Idéalement le blog associatif est collectif (plusieurs
auteurs exprimant différents points de vue), illustré (les réalisations de
l’association, les moments forts), interactif (les commentaires permettent aux
tiers de se lier, même furtivement).
Sur le plan interne, la mise en place d’un blog dans
l’association permet aux bénévoles impliqués dans le quotidien de témoigner de
leur engagement et des valeurs portées par l’association. Ce témoignage
valorise l’engagement bénévole et peut constituer une forme de contrepartie
pour le bénévole, une récompense sociale.
Sur le plan externe, le blog permet de mettre en scène le
projet associatif, de l’illustrer de manière vivante et interactive. Le tagging
des billets (association d’étiquettes thématiques aux contenus développés, voir
plus bas) et l’adjonction d’un fil RSS (système d’abonnement à une mise à jour
des contenus) permettent aux lecteurs de coller à l’activité de la structure,
de suivre en temps réel le développement de ses projets et d’appréhender jour
après jour ses centres d’intérêt et ses valeurs.
Le blog est la solution définitive à la
« brouille » des associations avec internet. Fini les sites en dur,
coûteux à développer et délicat à maintenir, terminé les forums envahis par le
spam et dont l’actualité poussiéreuse remonte à plusieurs mois. Le blog est
simple à mettre en œuvre, collaboratif dans son esprit et ses structures,
facile à mettre à jour.
Autre « gadget » du Web 2.0, les nuages
d’étiquettes ou tag-cloud, qui sont constitués à partir de mots-clé
apparaissant dans les contenus mis en ligne sur le blog (les fameux tags
évoqués plus haut). J’ai développé ici les avantages de ces petites applications,
ultra-simples à installer, comme Zoomclouds par exemple, qui permettent de
résumer le contenu d’un site en une liste de 10, 20, 30 ou 50 mots-clé dont
chacun constitue un lien dynamique vers du contenu. Chaque association peut
ainsi publier ses valeurs, documenter son action et offrir en témoignage son
expérience intime.
Dans un contexte associatif, le nuage est un formidable
outil pour catégoriser les centres d'intérêt de la structure et les présenter
au public de manière rapide et accessible. Dès que l'association possède un
blog, un forum ou un site générant un flux RSS, il est possible avec le nuage
de construire une liste vivante et dynamique des grands axes du projet
associatif. Je me suis amusé à "éditer" les nuages des associations
dont je parle plus haut.
Consultez ici le résultat. Je le trouve intéressant : le nuage révèle bien
à la fois les thématiques récurrentes de l'association et son dynamisme Ã
communiquer en ligne, la dimension du projet associatif, sa zone de
rayonnement...
Dernier exemple, le positionnement géographique ou
géolocalisation.
De nombreuses associations ont pour objet l’entretien et
l’exploitation d’un réseau de personnes : associations d’anciens élèves ou
salariés, associations de défense d’intérêts collectifs, d’entraide et de
soutien (riverains, malades, victimes,
etc). Lorsque l’association a une zone d’influence nationale, il peut être
intéressant de visualiser la communauté dans sa dimension géographique, en
présentant ses adhérents sur une carte.
Les mashups comme Frappr permettent de réaliser facilement
cette prouesse technique. L’avantage de cet outil, hormis sa gratuité, est la
possibilité d’incruster la carte sur n’importe quelle ressource en ligne, blog,
forum (ici un exemple sur mon forum, dans la colonne de gauche, tout en bas), site web en copiant quelques lignes de
code. Les adhérents peuvent s’inscrire eux-mêmes une fois la carte en ligne, ce
qui évite au secrétaire le fastidieux travail de saisie des adresses mail.
On pourrait ainsi multiplier les exemples. Flickr, Netvibes,
Memotoo, Lulu, Shopify et consorts recèlent tous de formidables opportunités
pour les associations. Vous en voyez certainement d’autres : tenez-moi au
courant…
PS : Je note au passage que dans cette chronique, vous
pouvez remplacer le terme « association » par « projet
d’entreprise » et « dirigeants bénévoles » par « créateurs
d’entreprise », le texte garde tout son sens.
Comme le dirigeant associatif, le créateur d’entreprise doit
lui aussi s’organiser pour être efficace et communiquer pour étendre son réseau
(mettant ainsi fin à la terrible solitude du créateur « solo » décrite dans ce blog par Valérie Weill).
Excellent article qui fait parfaitement le point sur la tendance actuelle du net, mais au fait c koi le web 2.0 ?
Rédigé par: ethanhunt | le 21 août 2006 à 20:41
Effectivement un article très intéressant. Très honoré d'avoir été cité.
J'ai personnellement mis en place ces concepts et outils pour dynamiser les échanges auprès du premier réseau d'ingénieur en france à savoir l'INPG : www.reseau-inpg.com.
Ce site illustre le propos de cet article et combine, blog, forum, carte frappr pour la géolocalisation des membres, et donne les liens vers le wiki et les informations indispensable au réseau.
Rédigé par: JF Ruiz | le 22 août 2006 à 12:25
J'ai visité votre site www.reseau-inpg.com.
L'outil est impressionnant de clareté et de potentialités.Effectivement, on y reconnait bien de cette subtile alchimie entre un réseau et les outils mis à sa disposition pour créer ce fameux lien social, s'entretenir et se développer.
Ne pourriez-vous pas en distribuer une version un peu standardisée auprès des associations ?
Petite question à propos de votre carte Frappr : les membres doivent-ils obligatoirement avoir un compte chez frappr pour apparaître ou un administrateur peut-il enregistrer n'importe qui en donnant son e-mail et sa localisation.
Rédigé par: lsm | le 22 août 2006 à 15:47
Pourquoi ethanhunt ne trouvera pas de définition du web 2.0. La réponse sur le blog de J.B.Boisseau ici: http://web2rules.blogspot.com/2006/08/pourquoi-vous-ne-trouverez-pas-de.html
Rédigé par: lsm | le 24 août 2006 à 21:29
Ism :
Merci du commentaire.
"La subtile alchimie" que j'ai faite pour l'INPG est tout à fait adaptable pour d'autres associations.
Pour frappr il faut s'inscrire en effet.
Rédigé par: JF Ruiz | le 06 septembre 2006 à 23:46
JF,
Je cherchais un correspondant à INPG ou Floralis pour une collaboration dans ce domaine. SI cela vous interesse, prenons contact :-)
Michel.
Rédigé par: Michel Vandenberghe | le 15 janvier 2007 à 08:57
Many knowledges I have found here I would come back http://strapon-crush.iquebec.com/
Rédigé par: free strapon pics | le 11 octobre 2007 à 20:57
bussines loans
[url=http://www8.vjc.edu/NewSite/discuss/msgReader$20]irwin mortgage company[/url]
[url=http://www8.vjc.edu/NewSite/discuss/msgReader$21]coach handbag outlet[/url]
Rédigé par: loansIII | le 16 novembre 2007 à 17:39