Par Véronique Aboghé- Fondatrice de CoachingLeader et boosteuse de potentiel
"Merci" ,"ça va".
Avez -vous remarqué que nous avons tendance à dire ces ces mots de façon quasi mécanique et sans jamais y penser vraiment ?
Dire "ça va" est devenu conventionnel. "je ne vais pas embêter les autres avec mes problèmes". Donc à la question: " comment vas-tu ?" , je répond "ça va" par automatisme, par souci de me fondre dans la masse, et pour que chacun puisse retourner vaquer à ses occupations.
Dire "merci," c'est être bien élévé :
<p><p><p><p><p>Sans titre</p></p></p></p></p>
souvenez-vous du "dis merci à la dame" de votre enfance, imposé par vos parents, parce qu'ils voulaient vous éviter d'être un " enfant mal poli"...
Aujourd'hui , en tant qu'adulte, il faudrait passer du "merci imposé conventionnel et froid" au merci " connecteur et réconciliateur avec soi et les autres". Passer enfin à un "merci" sincère et impliqué.
Dans un monde de plus individualiste ou ceux qui se sont "faits tout seuls" suscitent l'admiration, on en arrive souvent à négliger les apports positifs que notre entourage apporte à notre vie professionnelle et/ ou personnelle. Il nous arrive de faire preuve, sans le savoir ou le vouloir, d'ingratitude.
Plus on monte dans la hiérarchie d'une entreprise, à la force du poignet, moins on pense sincèrement remercier les autres pour leurs apports et leur contribution à notre succès. On dirige, donc on se suffit à soi -même. On décide seul et on est "responsable" de ce qui nous arrive. On est un gagnant, un battant.
"Regardes Maman, je peux pédaler sans les mains!!!..."
"Bravo, mais attention à la chute, mon fils...".
Trop facile de n'attribuer qu'à soi la réalisation de de toutes ses belles performances, c'est la source de difficultés relationnelles à venir que ce soit dans votre cercles d'intimes ou dans le cadre professionnel.
Dans la vie professionnelle,une telle attitude reflexive, au sens de regard sur soi, peut se traduire par un comportement de type micro management.
Le leader, le manager, le dirigeant, quelle que soit son appellation, décide de tout contrôler, parce qu'il n'a pas confiance en ses troupes et/ou parce qu'il souhaite se servir d'elles pour réaliser son propre agenda.
Résultats: pas de reconnaissance des apports de l'autre, pas de synergie, pas de valeur ajoutée, pas de sens donné au travail, par l'équipe.
Notre route est jalonnée de rencontres dont certaines ont déterminées/ déterminent notre position actuelle dans la vie en général et dans notre carrière en particulier. D'où vient votre confiance en vous, qui vous témoigne de son affection, qui supporte vos défauts, qui vous aide à trouver votre voie, qui vous écoute, qui nourrit vos ambitions? Qui vous a mis le pied à l'étrier?
Qui a été votre éveilleur de conscience,votre allié, qui vous a inspiré, qui a un moment donné de votre existence vous a permis d'élargir votre quotidien ou de faire une pause réparatrice? Qui encore vous a poussé dans vos retranchements jusqu'à vous faire faire le saut qualitatif vers le meilleur de vous -même? Qui vous facilite la vie au quotidien et vous décharge des petits riens pour que vous fassiez de grandes choses.
Vous devriez parvenir à une liste de noms qui s'impose petit à petit à vous. Les fantômes qui vous entourent, prennent soudainement visage et sortent de la brume.De statut de pions sur l'échiquier de votre vie, ces visages sont soudain des acteurs. D'inconnus, il deviennent familiers. De secondaires, ils se révèlent être la matière même de vos fondations, de vos choix, de vos réalisations.
Des gens plus ou moins proches, avec qui vous avez plus ou moins maintenu le contact, que vous avez plus ou moins oublié.Que vous avez peut être plus ou moins "exploité", que vous ne remarquez plus, que vous cotoyez au quotidien ...
A ces personnes là, leur avez vous déjà dit merci? Avez-vous déjà atteint cette état particulièrement enrichissant qu'est la gratitude et l'avez-vous manifesté ouvertement?
Se priver de cet état de gratitude revient à se déconnecter de soi et des autres. A se priver d'une émotion, ce qui va finir par vous déssecher et vous conduire au repli sur vous-même.
Le problème est que quand on est isolé dans sa tour d'ivoire de leader, la vue est belle, mais cela peut être sacrément venteux, là haut, pour paraphraser un dirigeant anglo- saxon.
Dans ce cas, à qui vous "raccrocher" pour reprendre de l'énergie en cas de forte bourrasque ? Auprès de ceux à qui vous ne dites jamais merci?
Difficile non? Bon sens et ego sont d'accord pour une fois. Et sincèrement, pourquoi ceux que vous ne reconnaissez pas répondraient -ils présents à votre appel?
Pardon? Ah, parce que vous êtes leur patron, leur mari, leur mère, leur fille? Wrong answer. Cela ne suffit pas. Au risque de vous décevoir....
L'ingrat est celui qui pense que rien ne mérite un merci. Il pense toujours qu'il n'a pas assez reçu, quoi qu'on lui ait offert. Ou alors il pense que ce qui arrive de bon, arrive par lui, avec lui et en lui. Il est tout puissant .Il est merveilleux,capable et méritant.
Alors, pourquoi de temps- en-temps, de façon fugace, ressent-il cette amertume, ce vide en lui et et ce sentiment de solitude, quand ce n'est pas une perte de confiance en lui même?
Posons la question autrement: comment optimiser notre quotient émotionnel avec le mot magique qu'est "merci".
Ou encore comment sortir du cercle vicieux et nous reconnecter avec nous-même et avec les autres, tout en donnant un petit "mawashi" à son égo? ( attention je parle du coup de pied du karatéka, pas de la délicate et si personnelle ceinture du sumo).
Voici un exercice très simple à faire pour vous reconnecter aux autres :
- Composez une liste de personnes qui ont contribués/ contribuent à vous faire "avancer" dans la vie ou qui vous ont apporté de l' aide.
- En face de chaque nom, écrivez spécifiquement pourquoi vous leur êtes reconnaissant. N'écrivez pas un roman. Soyez factuel.
- Prenez les trois personnes les plus importantes et saisissez l'occasion de les remercier sincèrement pour ce qu'elles vous ont apporté/ ou vous apporte au quotidien. Dites ce que cela vous apporte et combien vous êtes sensibles à ce qu'elles font pour vous, même s'il s'agit de petits riens.
OK, Ok .Qui a dit que cela allait être facile? Vous allez bafouiller; vous sentir un peu ridicule, un peu exposé, mais tellement plus sincère. Vous vous direz que finalement, décrocher le deal de 50 millions de dollars à la barbe et au nez de Duchmol votre pire concurrent, était un jeu d'enfant à côté de cela.
Relevez le défi, continuez, perséverez, apprenez a accepter vos émotions, révelez-vous aux autres.Et comme pour tout changement, ne considérez pas cela comme un marathon mais fixez-vous un objectif raisonnable et tranquille, sur la durée. Un vrai merci par semaine. Cela devrait pouvoir ce faire.
Un manager aujourd'hui est reconnu pour ses aptitudes à diriger( hard skills) mais également pour sa personnalité et la façon dont il est en accord avec lui même et les autres ( soft skills).
Vous gagnerez personnellement à être reconnaissant et cela aura un effet positif sur vos relations avec les autres.Ce qui n'est finalement pas si magique, c'est un simple retour vers le bon sens.Vers votre humanité.



Merci pour cette belle démonstration d'AIP.
et Merci.... tout court
:-)
Rédigé par: Fadhila Brahimi | 04 septembre 2006 at 07:49
Bonjour,
J'ai beaucoup aimé lire votre commentaire sur l'individualisme, c'est si vrai !
Heureuse de vous savoir sur viadéo, j'y suis aussi !
Je recherche des livres ou articles sur le quotient émotionnel, car j'écris une thèse avec le Québec, et souhaite vous demander si vous en avez à me conseiller, j'ai l'impression que c'est également votre partie !
Bravo pour vos textes, continuez pour nous !
amicalement
Catherine
Rédigé par: Rivert | 05 octobre 2007 at 22:03