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Interview de Christophe Dagues, co-fondateur de Quintecia

Januel_sophie Par Sophie Januel - Facilitateur en "Gestion et organisation Back-office PME" pour entreprises agiles !

Je vous proposer d'aller régulièrement à la rencontre d'entrepreneurs invités à témoigner sur leur passage à l'acte et leur vécu de l'aventure de la création d'entreprise. J'ai récemment interviewé un primo-entrepreneur Christophe Dagues co-fondateur du site www.quintecia.com

1) C Dagues,  comment êtes-vous devenu «entrepreneur» ? Quel est votre parcours ?

J'ai une formation initiale de «généraliste» et suis titulaire d'un DESS de gestion de l'université de Dauphine.

Comme beaucoup, j'ai depuis longtemps eu l'envie «de me lancer», mais au-delà de la notion même d'entreprise, je pense être un homme de projets. Ca a toujours été un élément déterminant dans ma motivation: dans la vie associative, tout au long de mon parcours professionnel et aujourd'hui dans le lancement de Quintecia (http://www.quintecia.com).

A la fin de mes études, j'ai intégré une banque de marché, où à la faveur d'une politique particulièrement ambitieuse et volontariste de mobilité interne, j'ai pu occuper des fonctions aussi riches que variées, comme chargé d'organisation, chef de projet ou directeur des activités de marché.

A la grande époque de la «net économie» (ou du Web 1.0 pour les puristes), j'ai participé à la création de la joint venture entre la CPR et E*Trade, pour ensuite rejoindre le CCF, (aujourd'hui HSBC) en qualité de chef de produit e-banking.

En 2001, j'ai intégré Accenture, que je viens de quitter pour créer Quintecia.

Je ne pense pas que l'on devienne entrepreneur: je crois qu'il faut avoir en soi un certain nombre de qualités. L'expérience et les rencontres font que l'on développe plus ou moins vite ces qualités et qu'à un moment donné  on se sente prêt à lancer son propre projet: Responsabilité, curiosité, humilité et... goût du risque aussi!

2) L’opportunité est un défi à vous-même, une période de transition  ou un choix de vivre une expérience particulière à long terme ?

C'est plutôt un cheminement naturel, l'envie de confronter ce que j'ai acquis à des convictions profondes. En cela, ça peut être une période de transition ou un choix de vie. Rien n'est définitivement acquis et aucun parcours n'est balisé; la volonté, le travail et l'apprentissage quotidien font qu'un jour on veut faire autre chose pour s'enrichir de nouvelles expériences. Nous sommes intimement convaincus, avec mes associés, que les parcours professionnels ne seront plus linéaires et que dans une vie professionnelle, je dis bien vie et non carrière, on peut être tour à tour: salarié, demandeur d'emploi, indépendant et créateur d'entreprise. Chaque étape, même la plus difficile, peut être riche d'enseignements. La logique de compétences tend à remplacer la logique de carrière. Il faut être à l'écoute de la faculté qu'ont les individus à s'adapter, c'est difficile, parceque quelques fois subjectif, mais extrêmement enrichissant.

3)  Comment avez-vous vécu la période de transition entre votre poste de salarié et la réalisation de votre projet ?

Il n'y a pas vraiment eu de transition. J'ai quitté mon employeur pour faire «autre chose». Au travers de rencontres et d'échanges, l'idée de lancer un cabinet de recrutement spécialisé sur la population des seniors en proposant toutes les formes contractuelles, s'est assez vite imposée.

Je m'étais fixé pour objectif de lancer l'activité au 1er janvier 2007 et finalement nous avons avancé le lancement de 5 mois tant nous étions impatients de nous mettre  au travail.

4) Envisagez-vous à moyen terme d’être à nouveau salarié ? Si oui quels acquis apporterez-vous ?

A vrai dire je ne me pose pas la question. Je pense qu'opposer le salariat à l'entrepreunariat n'a pas beaucoup d'intérêt. Le statut n'est pas important, ce qui compte c'est ce que nous faisons, et la manière dont nous le faisons. Je connais des salariés qui se comportent comme de véritables chefs d'entreprises, et à l'inverse des chefs d'entreprises qui n'ont aucune des qualités que j'évoquais plus haut: responsabilité, curiosité, humilité et goût du risque.

5) Combien de temps s’est écoulé entre votre idée et le passage à l’action de la création d’entreprise ?

L'idée générale s'est assez vite imposée: ça a été une question de deux ou trois semaines.

En revanche, pour ce qui concerne l'étude de marché, la construction des offres, la recherche de partenaires, en mot tout ce qui relève du business plan, c'est 4 mois de travail intensif: tout s'est joué entre mars et juin de cette année.

6) Avez-vous rencontré des difficultés particulières lors de vos démarches ?

Au risque de paraître à contre-courant de ce qui se dit habituellement sur le sujet, je ne trouve pas que la création d'entreprise en France soit entourée d'autant de contraintes et d'obstacles qu'on veut bien le dire. Je crois qu'en la matière, comme sur beaucoup d'autres sujets, il faut être conscient de ses limites et savoir s'entourer. Lorsque l'on crée une entreprise, douter n'est pas interdit, c'est s'isoler qui est suicidaire. Il existe un multitude de moyens de s'informer et de se faire accompagner: les salons, internet, certaines entreprises spécialisées, des organismes public ou para-public. A cet égard, je tiens à mentionner le rôle très important qu'à joué la Chambre de Commerce Val d'Oise-Yvelines. Son équipe d'accompagnement des créateurs, en particulier Arnaud Bisig,  tient une place déterminante dans la construction de notre projet, mais aussi, nous l'espérons, sur les premières années d'activité.

7) L’amorçage en France est ressenti comme une période de très grande fragilité car les investisseurs ne seraient pas intéressés par des activités à «petit ticket d’entrée». Ressentez-vous un climat propice au lancement d’activité ou une hostilité latente à l’égard de l’Entreprise en France ?

Tout dépend de quoi on parle. Concernant Quintecia (http://www.quintecia.com), les actionnaires ont couvert l'intégralité des besoins en capital et comptes courants. Cependant, encore une fois, il s'agit de savoir s'entourer, mais aussi de présenter des projets crédibles.

J'ai eu l'occasion de rencontrer, ces derniers mois, de nombreuses personnes qui avaient l'intention de «se lancer», au-delà de ceux qui ne se sentaient pas prêts, bon nombre n'allaient pas jusqu'au bout de la démarche, car ils se rendaient au salon de la création d'entreprise comme on se rend à un salon de l'emploi, or ce n'est pas la même chose!

Que les «petits tickets d'entrée» n'intéressent pas les capitaux risqueurs, cela peut parfaitement se concevoir, mais sont-ils les bons interlocuteurs pour de tels projets? Les niveaux d'expertise et leur processus d'examen des opportunités les conduisent naturellement à se tourner vers des projets importants. Mais les typologies d'investisseurs sont nombreuses, et encore une fois, il s'agit de s'adresser aux bons interlocuteurs: on ne pousse pas la porte de Chausson Finance avec un projet à 20.000 euros. La qualité d'un projet et les savoirs-faire de ses porteurs sont les conditions indispensables à une bonne levée de fond. Sur ce sujet, mon sentiment est qu'il faut d'abord trouver les bons associés, les financeurs suivront.

8) C. Dagues vous avez co-fondé le cabinet Quintecia (http://www.quintecia.com). Quelle est votre activité et pourquoi celle-ci ?

Quintecia (http://www.quintecia.com) est un cabinet de recrutement novateur, qui propose aux entreprises une prestation globale. Spécialisé sur le recrutement des seniors, nous réalisons pour nos clients la recherche et la sélection de collaborateurs expérimentés quelque soit la forme contractuelle envisagée:

· Contrat à Durée Indéterminée,

· Contrat à Durée Déterminée,

· Contrat de Travail Temporaire,

· Salarié autonome en portage salarial,

· Temps partiel ou temps partagé, dans le cadre d'une Entreprise de Travail à Temps Partagé (ETTP) ou d'un groupement d'employeurs.

Sur ce dernier point, nous sommes persuadés que le travail à temps partagé est une véritable opportunité pour de nombreuses PME, qui ne peuvent accéder à certaines compétences, tant pour des raisons d'organisation que de coûts. L'appariement peut sembler complexe, mais «l'effet réseau» sur un bassin d'emploi ou dans un secteur d'activité donné peuvent faciliter les choses. Cette formule représente, selon la Fédération des Groupement d'Employeurs 100.000 équivalents temps plein qui pourraient être créés à partir de 400.000 offres d'emplois à temps partiel de l'ANPE qui ne trouvent pas preneurs aujourd'hui.

Les questions humaines et leur place dans les organisations m'ont toujours passionnées. Or notre pays connaît aujourd'hui une situation paradoxale: alors que la population, dans son ensemble tend à veillir (en Europe, une personne passe le cap des 50 ans toutes les 18 secondes), dans la vie professionnelle, on rentre en «seniorité» de plus en plus jeune. Le nombre important de départs à la retraite que nous allons connaître à partir de cette année, va très rapidement poser le problème de la gestion et du transfert des savoirs-faire. Certains secteurs connaissent déjà, sur des fonctions clef, une pénurie de compétences.

La valorisation de l'expérience est une des réponses aux tensions que connaissent déjà certaines entreprises sur le recrutement.

Nous sommes intimement convaincus, tant pour des questions d'éthique, que pour des questions économiques, que les entreprises ont tout intérêt à jouer la carte de la diversité dans le recrutement, notamment à destination des seniors.

A cet égard, Quintecia (http://www.quintecia.com) a rejoint récemment «A Compétence Egale», une association créée cette année par 8 cabinets de recrutement majeurs en France qui ont décidé de s'associer afin de s'impliquer activement sur la question de la diversité et assumer pleinement leur responsabilité sociale.

9) Vous êtes plusieurs associés. Etre à plusieurs vous paraissait-il une évidence ?

Lorsque l'on crée une entreprise avec l'ambition de la développer véritablement, on ne peut partir seul. Bien sûr, vous rencontrerez toujours des esprits chagrins pour vous expliquer qu'à partir de deux personnes, il y a de fortes probabilités pour que vous ayez des différends. Mais en affaires comme en tout, on ne se rapproche pas des gens pour qu'ils soient systématiquement d'accord avec vous...

Aller chercher des associés, c'est partager avec des gens de confiance un projet auquel je crois. C'est aussi m'appuyer sur des gens pour qui j'ai beaucoup de respect et d'estime. Et enfin, c'est rechercher la complémentarité des expériences et être en cohérence avec ma démarche, puisqu'ils sont tous seniors!

10) Quelles sont les valeurs au delà de l’affectio societatis que, tous vous privilégiez ?

Elles sont nombreuses, mais je pense que celle qui est la plus apparente est le respect de l'autre. On ne s'engage pas sur un projet de cette nature si on ne partage pas cette valeur.

Dans le fonctionnement de Quintecia (http://www.quintecia.com) nos clients, nos partenaires et nos candidats sont parties prenantes au projet d'entreprise; aussi, le respect nous semble être une valeur déterminante, tant dans la démarche de création de l'entreprise que dans son fonctionnement.

11) Serez-vous une «entreprise Gazelle» (disposition R. Dutreil) entreprise à forte croissance ?

Nos projections à 3 ans nous permettent d'espérer ce label. Néanmoins, la croissance ne doit pas se faire à n'importe quel prix. Le rôle des entreprises ne se cantonne pas à la seule sphère économique, et nous sommes tous très attachés au principe de développement durable.

12) Quel message souhaiteriez vous communiquer aux aspirants entrepreneurs ?

Si je ne devais retenir qu'une seule chose, de ces derniers mois de préparation, ce serait la suivante: Créer une entreprise c'est avant tout ECHANGER et PARTAGER.

La pire des choses à faire, c'est de s'enfermer avec son projet, en se persuadant que son idée est unique. Il est important de solliciter, avant de se lancer, ceux qui demain seront vos clients, vos fournisseurs, mais aussi vos concurrents. C'est un bon moyen pour tester son idée, commencer à nouer les contacts qui deviendront vite indispensables. En un mot bâtir son/ses réseaux. A cet égard, internet est un outil qui peut être largement mis à profit, notamment certains sites thématiques ou blogs d'entrepreneurs.

13) Quelle question aimeriez-vous entendre de la part des banquiers et/ou investisseurs ?

D'un investisseur ? Qu'il me demande de réaliser un recutement pour son compte...

Plus sérieusement, lorsqu'il a fallu trouver une banque pour la société, j'ai consulté 5 enseignes différentes, toutes concurrentes. Une seulement s'est aventurée à poser quelques questions sur le projet, notre capacité à le réaliser, nos projections, nos motivations, notre business plan. Les autres se sont contentées de nous présenter les grilles tarifaires et les horaires de l'agence, et nous attendons toujours les réponses aux questions «techniques» que nous leur avons posées... 

A votre avis, chez qui avons-nous déposé nos fonds ?

Ce que j'attends d'un banquier, c'est qu'il soit capable de poser les bonnes questions qui me permettront de «challenger» une décision et éventuellement d'éviter une erreur. Qu'il soit un peu plus qu'un simple distributeur de produits financiers: un véritable partenaire économique.

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Voici les sites qui parlent de Interview de Christophe Dagues, co-fondateur de Quintecia:

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