Comment choisir un coach ?
Par Françoise Keller - Coach de Managers, de Projets et d'Equipes et Formatrice en management et en communication NonViolente®
OK, nous avons tous des moments de notre vie d’entrepreneur où on demanderait bien un petit coup de main, un avis, une heure pour y voir plus clair.
OK, çà commence à se savoir qu’une des solutions possibles est de se faire coacher.
Si j’ai besoin d’un conseil juridique, d’un travail comptable, d’un dépannage informatique, je sais en général très vite trouver ce qu’il me faut : j’ai un contact dans mon carnet d’adresses, je connais un entrepreneur qui peut me conseiller quelqu’un de confiance, je vais faire un tour sur internet. En général, je m’en sors.
Pour le coaching, quoi qu’on en dise, c’est pas si simple. Disons que çà s’améliore mais il faut bien reconnaître que ce n’est pas encore très fluide.
Pourquoi le coaching est complexe d’accès ?
1. Le coaching en entreprise est un métier récent – 15 ans à peine…
Ceci a plusieurs conséquences :
- c’est un métier encore peu structuré (quelques associations professionnelles, un syndicat en création)
- c’est un métier encore peu référencé : c’est bien rare que je puisse annoncer le métier de « coach », je suis souvent obligée de me présenter par des mots clés comme « conseil », « formation »…. Ca ne vous aide pas à nous trouver !!! (et bravo au site Envie d’entreprendre qui est, une fois encore, précurseur !)
2. Le coaching s’engage à la confidentialité
Tout bon coach applique un code de déontologie qui l’engage à la confidentialité. Il est donc particulièrement vigilant à éviter de donner des informations qui permettraient de savoir qui est coaché par lui. C’est évidemment une garantie importante pour le coaché mais çà n’aide pas à la visibilité !
3. Le coaching est un métier encore en cours de structuration
De par sa jeunesse, le coaching n’est pas encore complètement structuré. Vous trouvez donc sur le marché du coaching des compétences très diverses, des visions du métier très différentes, d’excellents professionnels et de redoutables charlatans…
Comment s’y retrouver ?
Mon premier conseil serait le suivant : n’attendez pas d’avoir un gros problème pour vous informer sur le coaching ; exercez l’une de vos compétences d’entrepreneur, celui de "tête chercheuse ".
Ce que j’entends par là , c’est qu’un des talents de l’entrepreneur c’est d’être à l’écoute, d’être toujours attentif à ce qui peut se passer dans son environnement et qui peut, un jour ou l’autre, servir sa finalité : une information sur la concurrence, un article de journaux, un post sur internet, l’avis d’un copain, une relation…
Alors utilisez vos talents. Informez vous ! (ce que vous êtes en train de faire d’ailleurs…)
Sur quels critères choisir ?
Soyons sérieux, ne perdons pas notre sens pratique. Quoi qu’il en soit, le coaching va être une dépense : en argent mais surtout en temps. Donc vous avez besoin de trouver un coach qui vous garantisse que le coaching va être « rentable », qu’il va vous rapporter plus qu’il ne va vous coûter.
Ceci ne veut pas dire que votre coach va s’engager sur l’augmentation de votre chiffre d’affaires. Mais vous devez connaître les critères qui vous donnent de sérieuses garanties.
Voici les critères principaux retenus par les clients et par les grosses entreprises, qui peuvent s’offrir des processus d’habilitation de coach.
Une solide formation au coaching
Le coaching est un métier à part entière qui demande une solide formation (minimum 1 an). Renseignez vous sur l’école que le coach a suivi et sur la certification qu’il a reçu.
Grande capacité d’écoute
Il doit pouvoir vous écouter, reformuler ce que vous avez dit, vérifier avec vous sa reformulation. Vous devez vous sentir en confiance, pleinement écouté.
Connaissance de l’entreprise
Pour des problématiques d’entrepreneur, nous vous recommandons quelqu’un qui connaît l’entreprise, qui y a travaillé, qui s’est frotté aux réalités de la direction d’une structure, du management, à la solitude du dirigeant, à la complexité des prises de décision, à la difficulté de la délégation, aux complexités administratives.
Il n’est pas nécessaire que le coach soit un expert de votre domaine (ceci peut même être gênant) mais il doit être capable de vous aider à analyser tous les aspects de votre problématique, vous aider à en voir les contours, vous aider à identifier les options possibles, vous aider à éviter les oublis
Connaissance de la psychologie humaine
Vous devez vous renseigner sur les compétences du coach en psychologie. Un bon coach connaît au moins une approche de développement personnel. Citons les plus connues : Analyse Transactionnelle (AT) ; PNL ; Gestalt ; Communication NonViolente (CNV) ; systémique ; thérapies brèves… Choisissez une approche dans laquelle vous avez confiance, en vous informant, en demandant les sources…
Ne tombez pas non plus dans l’excès inverse de demander de tout maîtriser. N’oubliez pas que chaque approche demande des jours et des jours de formations et qu’un coach a comme vous une seule vie !
Recul – formation permanente
Interrogez le coach sur les moyens qu’il se donne pour poursuivre sa formation. Sans demander au coach d’être tous les jours en formation, un coach se forme régulièrement, rencontre d’autres coachs.
Un point essentiel est de vérifier que votre coach est supervisé par un autre coach plus expérimenté.
Ceci est indispensable pour éviter de vous retrouver dans une situation où le coach est embarqué avec vous dans votre problématique. Il doit donc avoir un lieu de supervision où il peut relire le travail qu’il fera avec vous avec un confrère.
Déontologie – valeurs personnelles
Interrogez le sur sa déontologie, sur ses valeurs personnelles.
Il existe plusieurs organisations professionnelles qui proposent une déontologie du coaching (SFCoach, ICF etc…). Ces codes de déontologie ne sont vraiment pas facultatifs. Ils vous assurent une protection de votre coaching et un cadre qui vous garantit un travail efficace, respectueux et utile : confidentialité ; liberté de sortir du coaching ; engagement mutuel…
Interrogez le sur ses valeurs, sur ce qui l’amène à être coach, sur ses motivations. Il est essentiel que vous vous sentiez en confiance, avec une personne avec qui vous pourrez être authentique.
Lors de l’entretien préalable, veillez à la cohérence entre ce que le coach dit de lui et ce que vous voyez de lui. Là aussi, vous devez vous sentir en confiance, à la fin de votre entretien.
Sait donner des éclairages
N’attendez pas trop une expertise, des méthodes, des outils. Le coach est davantage une personne qui va vous aider à mieux pêcher, à partir de votre expérience actuelle de la pêche, que quelqu’un qui va vous donner du poisson.
A l’occasion, si vous en êtes d’accord, il pourra vous donner un éclairage, un outil, qui pourra vous aider à analyser une situation et vous permettra d’acquérir de l’autonomie mais n’oubliez pas qu’il ne s’agit pas de sa mission première.
J’ajouterai volontiers des critères pratiques qui pourront vous aider à décider :
Coût des prestations
Renseignez vous sur les coûts évidemment car vous trouverez une grande diversité.
Aspects pratiques
Ne négligez pas le critère « temps » pour vous et pour le coach (l’objectif est de trouver une relation gagnant-gagnant). Ce n’est pas toujours la peine de prendre un coach qui habite à 200 km quand vous en avez un de compétent dans votre ville !!!
Pensez aussi aux moyens qui peuvent vous faire gagner du temps : coaching téléphoniques ; coaching par messagerie instantanée…
Confiance relationnelle
Et puis il reste une question fondamentale, qui ne se décline pas de manière rationnelle. Avez-vous envie de travailler sur votre activité professionnelle et votre entreprise avec cette personne ou pas ?
Est-ce que vous pensez que ce coach peut vous aider ou pas ?
Bonne route !
J’espère vous avoir donné quelques indications pratiques pour pouvoir interroger les entrepreneurs de votre entourage (au fait, vous connaissez un coach ?), surfer sur la toile et surtout, rencontrer, quelques coachs.
Vous trouverez ainsi, je vous le souhaite, le coach dont vous avez besoin.
Vous enrichirez aussi votre vision de votre métier et votre réseau relationnel.
Alors, bonne route !!!
« Pensez et organisez l’entreprise comme un système ouvert, comme un tissu d’interactions. Multipliez les connexions, créez des réseaux d’intelligence » - Dominique Génelot – Manager dans la complexité – extrait des dix conseils pour piloter les situations complexes.



Vous dites qu'il ne faut pas trop attendre d'expertise de la part du coach.
Il a un premier grand domaine d'expertise qui est celui de l'accompagnement des personnes ou des équipes dans l'atteinte de leur objectif. Et ce n'est pas si anodin.
Ma propre approche, pas si éloignée de la vôtre sur bien des points, est à lire sur
http://valeriechapas.typepad.com/valrie_et_le_coach/2006/08/coach_en_recrut.html
Rédigé par: Val | le 06 septembre 2006 à 15:04
On peut aussi très bien s'en sortir sans coach. Ou investir 15 euros dans un livre de self motivation.
Rédigé par: FD | le 07 septembre 2006 à 10:09
Pour répondre à FD, on peut effectivement acheter un livre pour s'auto coacher. Cependant, un élément que vous semblez oublier: le coach est l"autre", celui qui fait office de miroir, qui va vous chercher dans vos retranchements et qui vous accompagne pour vous surpasser et vous poser les bonnes questions au bon moment.
Rédigé par: fadhila BRAHIMI | le 11 septembre 2006 à 09:30
En complément de ce que dit Val, oui, merci, le coach a une expertise dans le domaine de l'accompagnement et dans son métier de coach : d'où l'importance effectivement de choisir un coach formé, supervisé etc...
Je voulais davantage mettre en lumière le fait que le coach n'a pas pour vocation première d'apporter une expertise sur le métier du client (le conseiller sur son organisation, lui donner une vision du marché...) mais d'aider le client à exploiter au mieux son expertise métier, en quelque sorte.
Rédigé par: Françoise KELLER | le 30 septembre 2006 à 11:59
Merci Fadhila de votre réponse à FD, je m'y retrouve bien !
Pour moi et pour bon nombre de coachs et de managers, il est essentiel de dire qu'on n'est jamais obligé de se faire coaché. Dans de nombreuses situations, sa propre analyse, le dialogue avec ses collaborateurs, la formation etc... peut suffire, et c'est tant mieux !
En même temps, j'ai pu observé, par les retours de clients et en étant moi-même coaché lorsque j'étais directrice de structure, que le fait de se poser des questions devant un tiers neutre ; le fait d'être questionné, voire confronté, par une personne neutre, professionnelle et bienveillante ; le fait de prendre une décision explicite devant un tiers en sachant que tous les enjeux ont été vus, apportent beaucoup de puissance au coaché et lui fait gagner un temps précieux.
Certains clients disent, en fin de coaching "j'aurais pu faire cette évolution moi-même mais je l'ai fait dix fois plus vite avec le coaching".
Tout dépend de l'enjeu et de là où on en est...
Rédigé par: Françoise KELLER | le 30 septembre 2006 à 12:06