Par Lionel Bruel (chroniqueur exclusif) - Formateur-conseil en management & organisation, fondateur du réseau d'affaires Absara
<p><p><p><p><p><p>Sans titre</p></p></p></p></p></p>
C'est de notoriété publique : le management situationnel sauve des vies. Professionnelles, s'entend. Absara y a déjà consacré quelques billets, ici
en particulier. Paul Hersey et Kenneth Blanchard y ont modélisé la
souplesse absolue : face à tel managé, le manager s'adapte. Le manager
rigide est - grâce au Ciel ! - passé de mode (quoique).
Intersubjectivité, j'écris ton nom. Heureusement, la pression des
résultats (notamment commerciaux) oriente un maximum de pratiques vers
la personnalisation des échanges. Je suis manager, chacun ici répond à des stimulations différentes. Ben oui.
Alors, justement. Quand une foule de managers (notamment Hexagonaux) persiste à pratiquer le faussement équitable tout le monde pareil, le même management pour toutes mes ouailles, que se passe-t-il ? Crash. Et le terme est faible.
Le tout-carotte (je te stimule au moyen de primes, de défis, de moyens de t'accomplir) est aussi risqué que le tout-bâton (je te botte les fesses si tu échoues).
N'en déplaise aux amateurs de langue de bois. La douceur absolue est
aussi discutable que la rigueur martiale. Pourquoi ? Parce que tout le
monde est différent, pardi !
Un Alexandre en miniature sera sensible à la carotte. Alors qu'un Sganarelle lumineux excelle comme ' second violon ', étroitement encadré.
Règle n° 1 - Nous sommes tous différents.
Et, comme dans bien des cas, c'est Taibi Kahler
qui tempère et départage les ' tout-ceci ' des ' tout-cela '. Nous
sommes, selon lui, des mélanges d'un peu tout, à des degrés divers.
Règle n° 2 - Nous sommes tous un peu semblables au voisin. Mais selon
une hiérachisation différente des besoins et - de surcroît - selon des
proportions variables. Ce qui revient à affirmer la règle n° 1.
La boucle est bouclée.
Penchons-nous vraiment sur cette histoire de management. Je passe la parole à Bruno Kahne, responsable d'une grosse unité de formation en performance humaine à
AirBusiness Academy, centre de formation voué au personnel
et aux collaborateurs d'Airbus. Alors, le management, ça se 'fabrique' plutôt avec une carotte ou avec un bâton ?
Avertissement : les interventions de mon interlocuteur sont fondées sur le programme écrit du module de management de la prestigieuse AirBusiness Academy. Je vous encourage, naturellement, à le consulter [En]. Par ailleurs, les notes et remarques que j'articule autour de son propos sont de mon fait exclusif. Excellente lecture à vous.
Aujourd'hui, ce n'est pas moi qui écris (je commente seulement). Je me
laisse porter par quelqu'un qui est en prise particulièrement étroite
avec le management : la qualité de cet article n'en sera que plus
assise. J'accueille, comme le rugirait Thierry Ardisson, monsieur Bruno Kahne. Les lecteurs d'Absara.com le connaissent déjà : il est responsable d'une grosse unité de formation en performance humaine. Son quartier général ? AirBusiness Academy, centre de formation voué au personnel et aux parties-prenantes d'Airbus. Alors, le management, ça se 'fabrique' plutôt avec une carotte ou avec un bâton ?
Le management collectif [1] à succès, estime Bruno Kahne, repose
sur la capacité à construire, au sein d'un cadre réglementaire connu et
accepté de tous, une atmosphère motivante, dans laquelle l'autorité
peut - tout à fait - avoir un sens. Qu'est-ce à dire ? Décortiquons cela ensemble.
La mission numéro un d'un manager, prévient l'expert en management, est de garantir un climat sûr [2], capable de susciter confiance, communication, créativité et prise calculée de risques.
L'idée, pour un collaborateur fraîchement embauché, étant - par exemple
- de se sentir suffisamment en confiance (cf. deuxième étage de la pyramide de Maslow)
pour se saisir de ses nouvelles tâches. Logique : je m'investis à un
niveau supérieur d'énergie si et seulement si mes besoins de base sont
garantis [3].
Ensuite, le manager doit être une véritable locomotive. A travers la permanente montée en charge du travail, du stress, des délais écourtés, des défis et des doutes,
tout collaborateur perd son énergie. Notre consultant en performance
humaine rappelle à quel point le manager est une batterie électrique.
Un mobilisateur [4] de vitalité, à même de 'contaminer' tout le groupe.
Le troisième impératif du manager est d'ouvrir constamment
de nouvelles perspectives, d'amener de nouvelles conquêtes, de
nouvelles découvertes. Le but du travail : s'approprier de nouveaux
angles mentaux. Un individu qui ne progresse pas, résume Bruno Kahne, régresse automatiquement. Tâche au manager de hisser le collectif au-dessus de lui-même. Le moteur du groupe ? L'améliorationTravaillomane de Taibi Kahler ou le Numéro un de l'Ennéagramme). Et bâton pour d'autres, plus placides. Tout est affaire de motivations internes : c'est - entre autres - la valence (valeur subjective accordée à un phénomène ou une tendance) qui parle le mieux de ce qui, intrinsèquement, motive les gens.
Revenons-en à cette histoire d'autorité.
Bruno Kahne est clair : la mission d'un manager (appelons cela un art) consiste également à tout déployer pour sanctionner sans agression, sans condamner, tout collaborateur qui - pour une mauvaise raison - outrepasserait les règles.
Ce qui revient à créer les conditions d'un milieu serein, donc
profitable à tous. Le réglement se fait garde-fou. La structure
préserve l'harmonie du chaos de la discorde. Objectif : remplacer le
leadership spontané par une vraie politique crédible, saine et équitable (cf. promotion au mérite, notamment) [5].
Reprenons - Ce qui fait les qualités les plus évidentes du manager :
1. l'apaisement du cadre de travail,
2. l'épanchement d'énergie,
3. la volonté d'améliorer les choses en continu,
4. l'arbitrage impartial, à visée d'équité, de cohésion.
Voilà une vision volontariste du management : je souscris pleinement, point par point.
Prenez tous soin de vous - Excellent week-end !
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[1] Par opposition à la relation, si particulière, que l'on trouve dans le coaching.
[2] De même que la nature a horreur du vide, le groupe a horreur des surprises, qu'il envisage toujours comme mauvaises.
[3] Une métaphore : je monte sitôt que les barreaux inférieurs de l'échelle sont solides.
[4] Voir ici le parallèle avec les types d'orateurs, d'après la spécialiste américaine en prise de parole LeeAundra Temescu. Par ailleurs, la mobilisation est un des concepts mis en lumière par le très accessible Yves Enrègle, en dynamique de groupe.
[5] Consulter, en symétrique, Le Petit Démotivateur en dix points.
continue. Carotte pour certains (cf. le

Pendant que certains se demandent quel serait le management le plus efficace, d'autres n'hésitent pas à remettre en cause l'existence même de ce management, en tant que gestion de conditions inhumaines : http://desinformatiser.blogspot.com/2005/05/la-saloperie-managriale.html
Rédigé par : Laurent | 25 octobre 2006 à 17:40