Par Lionel Bruel - Formateur-conseil en management & organisation, fondateur du réseau d'affaires Absara
« La seule constante, c'est le changement
»
(dicton scientifique)
Ceux qui réussissent, et je veux parler des managers, sont -
d'expérience - ceux qui ont le sens des rapports de force.
Il y a deux forces [1] dans les systèmes : la pulsion d'évolution et le besoin de maintien [2] des acquis. Les physiciens parlent respectivement d'entropie et de néguentropie. De quoi s'agit-il ?
De la nécessaire envie de faire mieux (en plus, en moins, en différent), adossée à sa force antagonique : l'homéostasie ou survie par la cohésion, par la mise à profit de ce qui existe déjà.
Que dire ? Les groupes, comme tout ensemble énergétique, vivent de ces lois. Leur constitution (agrégation), leur synergie, leurs échanges membranaires avec l'extérieur [3], leur expansion, leur exclusion des marginalités (cf. choix inconscient de normes), leur stabilisation, leur peur, leur mort [4] sont des déclinaisons de ça : comme tout être vivant, l'équipe doit gérer ses tensions contradictoires. Et vivre au mieux.
Le manager qui, on le sait, est un accoucheur puis un éducateur et un médecin des groupes, connaît les forces inconscientes qui sous-tendent les collectifs qu'il anime. Un bon outil du manager se trouve d'ailleurs dans le travail flamboyant de Kurt Lewin, le père de la psychosociologie moderne.
À la suite du grand bonhomme, je vous recommande de tracer, comme un axe, une colonne vertébrale pointant vers le haut : inscrivez-y les objectifs (toujours chiffrés) au sommet. D'un côté, listez les envies d'évolution qui parcourent les tripes du collectif (cf. David Gleicher, www.absara.com). De l'autre, mettez les freins : les peurs collectives de changer. Faites comme des os qui donc touchent la colonne, de part et d'autre : leur longueur est proportionnelle à la force exercée sur l'édifice.
Vous avez là une représentation réaliste du fait groupal, des motivations humaines.
Tout groupe est une collection de forces en marche. A vous d'imprimer le changement. Le manager est un stimulateur continu.
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[1] Outre les poussées œdipiennes - de séduction, de mimétisme (cf. René Girard), de revendication et de rivalité.
[2] Consulter Georges Romey.
[3] (Re)lire Joël de Rosnay.
[4] Ou fragmentation-dissémination, pour paraphraser le cybernéticien brésilien Max Sandor. Il s'agit d'une explosion, dont les débris fécondent ensuite un autre collectif : tout se recycle.


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