Par Lionel Bruel (chroniqueur exclusif) - Conseil en économies de temps et en motivation, fondateur et responsable d'Absara, réseau-club d'innovations d'affaires
Le mode affirmatif. C'est la grammaire du cerveau, on le sait avec la Programmation neurolinguistique, cette école de communication qui s'appuie sur la connaissance des processus mentaux. Les experts (je veux dire les meilleurs) vous diront que pour parler au cerveau, il faut utiliser sa langue : déclarons les choses. Communiquer, c'est d'abord affirmer. Supprimons les négations. Les atroces « pas mal », « pas cher », « pas compliqué » sont des marchepieds vers le « réussi », le « bon marché », le « facile ». Vous sentez la différence ? Dans le management en face à face, elle est massive : si je veux motiver, je dois parler au cerveau. Je dois le mobiliser. Pour ça, j'écarte les négations, je dis ce qui est là. Ce qui est là vraiment. Je convertis les propos tout-venants en éléments positifs, sincères, prégnants et simples.
Voilà pour les choses de base.
Qu'en est-il de ressorts plus fins ? Vous savez, les processus inconscients ? les programmes ?
Ils fonctionnent sur le même modèle. Là où un un infernal « Dépêche-toi » hante votre collègue (il s'agit de ces scénarios parasites qui limitent, avortent ou précipitent la réflexion-action), un splendide « Prenez votre temps, ce qui m'intéresse chez vous, c'est la capacité pure, c'est le vrai sens du rythme : je me sens en confiance complète » apporte un climat de calme, un climat de saine concentration. Là où le « driver » (c'est le nom technique des incitateurs morbides, cf. Eric Berne) martèle chez l'autre un usant « Sois parfait, recoupe tous les détails », un « Je vous fais confiance, je connais votre compétence sur les dossiers B12 » lui donne du baume et le détend. S'il est en proie aux affres du « Fais plaisir », un salutaire « Je sais que vous êtes archi-aimable et je sais aussi que vous savez vous faire du bien à vous, ça me plait aussi, c'est important pour tous » fait des miracles. Ces phrases prolongent l'envie.
Ces phrases préservent le territoire et la pudeur de l'autre.
Ces phrases sont des déclarations de confiance et de vie. Comme telles, elles incitent l'inconscient à générer les meilleures actions possibles, en phase avec ce qu'il faut faire. Ce qu'il faut faire en vrai.
[ Aller plus loin avec les permissions de René de Lassus ]


100% d'accord d'un point de vue global sur tout ce que vous dites.
Seulement s'il y a une deadline demain à laquelle on ne peut pas couper, on ne PEUT PAS dire : "Prenez votre temps, ce qui m'intéresse chez vous, c'est la capacité pure, c'est le vrai sens du rythme" ....
De plus, on ne peut dire ces choses là que si on en est réellement convaincu. Parce que si la réalité fait que la personne en face, malgré un management positif n'est pas à la hauteur, on ne peut pas raconter des sornettes non plus ...
Rédigé par : Gilles | 07 novembre 2007 à 08:59
assez d'accord avec Gilles.
Rédigé par : Samir | 07 novembre 2007 à 09:43
Chers Gilles et Samir : oui. C'est parfaitement vrai, le fond et la forme des propos relèvent du naturel et du direct. En prise avec la personnalité (inquiétudes fondamentales) des collaborateurs, en prise aussi avec le degré d'urgence et les contingences de la boîte (culture, pression économique, etc.). Il y a encore et surtout le tempérament du manager. Même si le motivateur est un caméléon, tantôt ferme, ouvert, chaleureux, rapide ou insistant, son degré de sincérité conditionne tout (s'il le sent mal ou qu'il a envie de déchirer tout le monde, mieux vaut qu'il s'isole un moment). Son degré de sincérité bien sûr, et son idiolecte : style oral. L'expérience montre qu'il vaut mieux qu'il le travaille en binôme, à partir de ce qu'il est vraiment.
Au plaisir,
Lionel
Rédigé par : Lionel | 07 novembre 2007 à 20:10
le fait est que le collaborateur pas assez convaincu, sincère(comme le dit gilles) ne sera pas apte a utiliser au mieux cette "technique". Cependant le fait de l'utiliser malgré cela, on est d'accord, modifie de beaucoup le rapport a l'autre, la relation établie.L'expérience apporte alors le plus qui fait toute la nuance.donnons du temps a l'évolution et plus si affinitée.
Rédigé par : marina | 22 mai 2008 à 17:17