Par Sébastien Peltey (contributeur exclusif) - Co-fondateur de codeur.com
Le secteur des services informatiques connaît une concurrence de plus en plus forte des pays dits émergeants tels que l’Inde, la Chine, la Roumanie, les pays du Maghreb, Madagascar ou encore d’autres pays africains. Ces « prestataires offshore » offrent notamment des services en développement avec une disponibilité et des prix défiants, c’est le cas de le dire, toute concurrence ! C’est une des manifestations de la mondialisation dans le domaine des services et non, comme constaté jusqu'ici, dans l’industrie.
Cette concurrence est compétitive sur plusieurs niveaux. Le plus apparent est celui du coût du travail. En effet les tarifs pratiqués sont souvent de loin inférieurs à la moyenne d’un prestataire français. De plus, ces prestataires n’ont pas les mêmes habitudes ni le même rythme de travail que des sociétés françaises. Avec une disponibilité accrue et la possibilité de constituer rapidement de grandes équipes, ces externalisations « offshore » apportent une grande souplesse dans la gestion de projet. Enfin, même si le recours à l’offshore concerne souvent des taches répétitives et standardisées, il ne faut pas sous-estimer ni les compétences de plus en plus pointues dont font preuves ces pays ni leurs capacités à innover !
Un rapport Syntec informatique (Chambre Professionnelle des SSII et des Editeurs de Logiciels) datant de janvier 2006 estime que la part de l’offshore sur le marché des prestations de services informatiques pourrait passer de 2 à 5% entre 2006 et 2009. Toujours selon le même rapport, il y aurait entre 3 000 et 5 000 emplois « offshore » en France pour l’année 2005 et un taux de croissance pour les années à venir de 30 à 40 % ! Bien que ce soient des données difficilement quantifiables et vérifiables, elles indiquent cependant une nette tendance au développement de l’offshore dans notre pays et, plus généralement, dans les pays européens pour les années à venir.
Mais ce risque concurrentiel n’est pas forcément aussi dangereux qu’il ne peut le paraître. Pourquoi ? Rien ne remplacera une bonne communication et la proximité entre un client et un prestataire. Rares sont les prestataires capables d’assurer une maîtrise, une assistance et des conseils pointus qui soient aussi profitable qu’un prestataire situé sur le territoire national. Ce sont des critères importants où une entreprise ou un freelance français conserve un avantage certain. Il faut citer également les barrières linguistiques et culturelles, le risque d’une certaine instabilité politique et économique et également les risques en matière de propriétés intellectuelles. Ce sont autant de freins à cette concurrence pour les entreprises française.
De plus, cette rivalité et ce phénomène peuvent devenir une opportunité dans le développement d’une entreprise. En effet, même si cela semble marginale, il apparaît que de plus en plus d’entreprises françaises ont recourt à des équipes offshores. Il s’agit pour elles d’avoir non seulement des équipes mais aussi des compétences rapidement mobilisables et donc de pouvoir accroître leurs capacités de production. Sous-traiter plutôt que d’embaucher et de former un salarié est, bien souvent, un moyen non négligeable pour une entreprise d’optimiser ses bénéfices. Dans cette logique, l’offshore apparaît plus comme un levier de développement de maximisation du profit que comme une menace sérieuse pour le secteur des services français.
A noter enfin, sur ce sujet, l’utilisation de plus en plus courante de plates-formes de télétravail où sont confrontés, pour un même projet, des sociétés et des freelances français et étrangers. Il s’agit là d’une possibilité, pour les porteurs de projets, d’obtenir et de mettre en concurrence un grand nombre de prestataires, français ou non et ainsi de faire jouer la concurrence pour obtenir la meilleure offre. Dans cette optique, une telle concurrence semblant dangereuse peut devenir, là encore, une force et un moyen supplémentaire d'accroître sa rentabilité !


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