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Créer une entreprise - 7: Les entrepreneurs font tous des erreurs. Les RP, les blogs et comment votre société devra s'y adapter

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Loic_le_meur_9Par Loïc Le Meur, entrepreneur et bloggeur français.

Les bons entrepreneurs ne sont pas ceux qui ne font pas d'erreurs, ce sont ceux qui apprennent et réagissent de la meilleure manière.
Je ne sais pas si je suis un bon entrepreneur, mais je sais que je fais beaucoup d'erreurs.

Je lis beaucoup de blogs qui parlent de mes erreurs et il est vrai qu'on peut en compter un nombre important en 8 ans de création d'entreprises. Les critiques sont souvent violentes.

Je commets des erreurs tous les jours et j'apprends beaucoup plus de mes erreurs que de mes succès. Beaucoup de personnes ne lancent jamais d'entreprises même s'ils en auraient les capacités parce qu'elles ont peur de ces erreurs. Ces personnes devraient juste les prendre comme partie intégrante de la vie quotidienne d'un entrepreneur.

Il en est de même je crois avec ceux qui critiquent les entrepreneurs qui échouent sur certaines décisions ou qui échouent tout court. Ils ne comprennent pas que c'est la définition même d'un entrepreneur que de se tromper en permanence, d'apprendre, et de recommencer.

Ceux qui ne prennent pas de risques font beaucoup moins d'erreurs.

UblogUne des dernières erreurs que j'ai commis a été de révéler l'information que ma société, Ublog a été rachetée par l'américain Six Apart d'abord dans la presse, avant d'en informer les utilisateurs d'Ublog.

J'ai lu pas mal de personnes qui se demandent "mais comment peut-il faire de telles erreurs de communication alors qu'il est diplômé d'HEC ?". Précisément, ce n'est pas le genre de communication que l'on apprend à l'école.

Comment obtient-on de la presse, des "RP" ?

C'est un domaine que j'ai appris avec l'expérience. A la sortie d'HEC, je ne savais pas ce qu'était une agence de RP et j'étais toujours jaloux de mes concurrents lorsqu'ils avaient de "beaux papiers", sans comprendre vraiment comment ils y parvenaient. Je me souviens parfaitement en 1996 avoir croisé Eric Tenin qui écrivait déjà pour de grands titres mensuels, et m'avait gentiment conseillé d'apprendre ce qu'était une agence de RP et d'en prendre une. Depuis le lancement d'Ublog sous forme de société, nous avons eu pas mal de presse en France à propos des blogs, de Ublog et de TypePad.

Je lis la encore pas mal de blogueurs et de concurrents se demander comment nous faisons pour avoir autant de presse, se plaindre sur le fait que certains articles ne parlent que de TypePad et de Ublog et pas de leurs solutions, certains ont même appelé ces articles des "publi-promotions".

Il n'y a pas de formule miracle et secrète pour avoir une bonne couverture presse. Le sujet doit être intéressant pour les journalistes, vous pouvez songer à préparer leur travail autant que possible en écrivant vous même des notes sur les sujets sur lesquels vous aimeriez qu'ils écrivent et enfin, vous devez réussir à les joindre.

Pour ce faire bien entendu de longues relations avec les journalistes aide beaucoup. C'est mon cas avec plusieurs journalistes depuis des années mais je n'en connaissais aucun lorsque j'ai démarré, en 1996. Une bonne agence de RP aide beaucoup aussi. L'agence écrira pour vous un bon communiqué de presse si vous ne savez pas le faire, le diffusera à une base de journalistes si vous n'en avez pas puis les appellera pour attirer leur attention si vous êtes paresseux ou tout simplement n'avez pas le temps de le faire.

Bien entendu, mes remarques ci-dessus ne peuvent pas être généralisées et les bons journalistes n'attendent pas les communiqués de presse ou les appels des agences, ils choisissent un sujet qui les intéressent, réalisent une recherche complète sur celui-ci, vérifient leurs sources et finalement éventuellement utilisent l'information d'agences de RP, mais pas toujours.

Comment pouvez-vous avoir encore plus de RP ?

Ce que j'ai appris lors de mes différentes expériences, c'est que lorsque vous avez quelque chose d'important à annoncer pour votre société, votre agence de presse vous suggérera toujours d'en donner l'exclusivité à certains titres influents, pour obtenir un meilleur article. Il s'agit simplement de donner l'information à certains journalistes avant de diffuser le communiqué officiel. Alors que je dirigeais mon agence web B2L, nous utilisions en permanence cette méthode lorsque nous annoncions des "compétitions" gagnées (en général toutes les grandes marques comme Chanel -dont le design du site est toujours conforme à la charte graphique que nous avions conçue en 1998 ou 1999- lancent toujours des compétitions avant de confier leur budget à une agence).

Lorsque j'ai annoncé le rachat de Ublog par Six Apart, mon agence et moi même avons appelé quelques journalistes, certains ont été immédiatement intéressés par la nouvelle, et certains nous ont demandé l'exclusivité. J'y ai beaucoup réfléchi car je commence à comprendre comment les RP évoluent avec les blogs et j'ai beaucoup hésité cette fois-ci, car j'ai pensé aux conséquences que cela pourrait avoir avec les blogueurs, mais j'avoue aussi que je n'aime pas particulièrement la méthode. En effet, lorsque vous donnez l'exclusivité à certains, les autres n'apprécient pas particulièrement. A ce titre, il est intéressant de noter que Jérôme Bouteiller avait entendu une rumeur sur le rachat deux semaines avant l'annonce et que j'avais été obligé de démentir l'information, ne pouvant pas la valider à l'époque sans causer des problèmes à Six Apart. Vu la vitesse à laquelle les informations se propagent, un blogueur français aurait facilement traduit l'info en anglais et l'annonce aurait probablement circulé aux USA. Jérôme Bouteiller sans ma confirmation a choisi de ne pas révéler l'info mais il aurait tout à fait pu le faire (merci, Jérôme et toutes mes excuses encore !).

En discutant avec des journalistes au moment du rachat, j'ai finalement décidé de donner un avantage de quelques heures au Journal du Net (article ), et aux Echos (article). Je m'excuse d'ailleurs au passage auprès des autres journalistes qui pourraient lire ces lignes mais leurs confrères ont été particulièrement insistants et je n'ai pas résisté. En fait le Journal du Net n'a pas réellement profité de l'avantage puisqu'alors que c'était à ma connaissance le premier article rédigé sur le sujet, la rédaction ne l'a mis en ligne que plus tard que certains de leurs concurrents pour des raisons que j'ignore.

Je dirais que tout ceci n'était pas une erreur du point de vue des RP, c'était une erreur vis à vis des blogueurs.

Les blogs changent complètement la donne

Bien entendu j'ai pensé à envoyer un email aux Ublogueurs ou de diffuser l'info sur la page d'accueil du site et nous en avons pas mal discuté avec mon équipe et franchement, nous avions décidé de le faire. Ensuite, nous avons réfléchi à la réaction possible des quelques clients d'Ublog qui avaient déjà manifesté leur mécontentement au moment de l'annonce du lancement de TypePad quelques mois auparavant. Bien que cette fois nous avions annoncé la nouvelle d'abord sur Ublog et sur mes blogs (sur mon blog ublog et sur mon nouveau blog TypePad), la nouvelle avait déjà déclenché beaucoup de discussions.

Le fait que l'annonce ait été faite d'abord par blogs n'a rien changé à ces discussions que nous avons lancé immédiatement pour tenter de résoudre le problème. Donc si l'on revient à la question elle même de l'annoncer d'abord à la presse, nous pensions que cela ne changerait rien aux réactions des Ublogueurs mécontents.

Nous pensions aussi que l'immense majorité des 22000 blogs créés sur Ublog (même si tous ne sont plus actifs) ne serait pas du tout intéressée par le rachat dans la mesure ou celui-ci ne changeait rien à l'offre produits et c'est bien normal, TypePad étant présent sur Ublog depuis des mois. A la lecture des réactions que nous avons lu récemment, cela s'est avéré vrai dans la plupart des cas. Le rachat ne change pas grand chose et n'intéresse pas les blogueurs sur Ublog à l'exception d'un tout petit nombre d'entre eux. C'était néanmoins une erreur dans la mesure ou cela a donné un argument supplémentaire aux ublogueurs en colère et à des personnes intéressées par l'histoire comme Stephanie (sa note [EN]) qui n'ont pas manqué de s'appuyer sur celle-ci pour dire à quel point nous communiquions mal.

Il s'agissait bien d'une erreur, les articles que nous avons eu dans la presse ne valaient pas tout cela.

Maintenant lorsque je pense aux personnes qui écrivent que j'aurais du apprendre à HEC comment ne pas faire ce genre d'erreurs, franchement je pense qu'elles ne voient pas à quelle vitesse la pratique des affaires en général et de la communication en particulier évoluent. Les Entrepreneurs apprennent plus par expérience que par ce qu'ils ont lu dans des livres ou appris dans des cours, d'ailleurs beaucoup d'Entrepreneurs sont autodidactes.

Cette fois, les règles habituelles changent complètement, j'ai pas mal écrit sur le thème des journalistes et des blogs. Mes sources sur ce sujet sont bien entendu en particulier Joi, Dan et son blog à la suite de son livre sur le sujet, et l'excellent PR Blog  que je ne peux que vous conseiller de lire (en particulier cette interview de Dan). La communication et les RP se trouvent profondément modifiées par cette nouvelle donne non seulement parce que les journalistes n'ont plus l'exclusivité de la rédaction et de la diffusion de l'information mais aussi parce que les journalistes veulent que les agences et les entreprises   leur parlent d'une manière différente. Le fait que les clients de tous les produits et services que les entreprises créent commencent à écrire en grand nombre leurs avis sur ceux-ci est encore plus important.

Comment avons-nous réagi vis à vis des Ublogueurs mécontents ?

Je ne vais pas revenir en détails sur notre réaction, ayant beaucoup lu et écrit sur le sujet, mais pour ceux qui souhaiteraient approfondir, voici mes notes: (Première discussion avec les Ublogueurs sur TypePad, Deuxième discussion et tentative de projet de proposition).

Ce qui nous arrive ne va pas tarder à vous arriver

Notre métier est de proposer à tous ce que nous considérons comme les meilleures solutions de blogging et de les héberger afin qu'ils puissent s'exprimer et créer une audience et une communauté autour d'eux (que ce soit de manière restreinte entre amis ou en famille, ou avec une audience plus large). Nous ne sommes donc pas surpris que nos clients utilisent nos outils pour manifester leur mécontentement lorsque c'est le cas, c'est tout à fait normal. Cela change juste complètement la manière avec laquelle une société interagit avec ses clients en général. Ce phénomène nous touche en premier parce que nous sommes les fournisseurs de ces outils.

C'est la raison pour laquelle je trouve que c'est à la fois justifié et injustifié de dire que toutes les sociétés de blogging communiquent mal avec leurs clients [EN] (voir les commentaires: "Every blogging company whose services I have used has had an awful record for communicating with their customers"). Maintenant lorsque l'on en arrive au point de se demander si j'avais caché le problème à mon acquéreur Six Apart en me réfugiant derrière une barrière linguistique, ce qui est évidemment totalement faux et aurait été bien stupide de ma part, je suis heureux que Stephanie ait apporté des précisions à la fin de sa note en anglais (ces précisions n'ont malheureusement pas été apportées à sa note en français).

Nous apprenons tous à communiquer et à réagir dans ce nouveau monde. J'ai beaucoup appris et j'apprends tous les jours. Ne pensez certainement pas que ce phénomène va se limiter aux fournisseurs de blogs, vos clients aussi "vont bientôt avoir le sentiment que ce sont eux les propriétaires et les décisionnaires de votre entreprise [EN]". C'est ce qui se produit déjà avec le leader de la location de DVDs en ligne aux USA,  Netflix, avec la création du blog non officiel de Netflix, hacking Netflix que le département communication de l'entreprise ignore tellement pour l'instant, et pour combien de temps avec 30 000 clients de leur société qui le lisent et interagissent sur celui-ci ?. Je suis évidemment d'accord avec l'auteur principal de ce blog, "la plupart des sociétés ignorent tout des blogs pour l'instant".

Ce phénomène va toucher toutes les entreprises rapidement et elles vont devoir apprendre à le gérer.

Pour revenir à mon erreur, attendez vous donc à ce que j'en fasse encore beaucoup d'autres, comme Didier le dit, "nous voyons ici un effet secondaire de l'utilisation des blogs comme communication d'entreprise" et un petit nombre de personnes insatisfaites peut avoir un impact considérable sur l'ensemble des clients d'une entreprise [EN]. Certaines notes sont comparables à des missiles sans système de guidage dans la blogoshpère. D'un autre côté, la propagation de l'information fonctionne t-elle réellement autrement dans le monde "réel" ?"

J'adore ce nouveau monde, même s'il est parfois très difficile d'apprendre à en être un citoyen actif et ce n'est clairement pas la dernière fois que j'aurais à le faire. Cette nouvelle donne fera simplement complètement partie de notre quotidien. Toutes les sociétés devront écouter leurs clients et toutes les personnes intéressées par leurs produits et leur entreprise comme elles ne l'ont jamais fait et devront leur parler d'une manière complètement nouvelle, justement pas à coup de communiqués de presse, de rapports annuels, de plaquettes institutionnelles, bref elles vont devoir oublier "histoire officielle'" qui est morte comme outil principal de communication.

J'espère réellement que le problème avec mes clients insatisfaits sera résolu rapidement, il me semble que c'est en bonne voie, mais je n'ai malheureusement aucun doute sur notre capacité à combler 100% de nos utilisateurs alors qu'il y en a des milliers.

Créer une entreprise : lever des fonds

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Loic_le_meur_11Par Loïc Le Meur, entrepreneur et bloggeur français.

VC alias "Venture Capitalist" en anglais ou Capital Risqueur en Français. Ce que j'aime bien avec les blogs, c'est que plusieurs mondes se rencontrent, se lisent, et discutent.

Que ceux qui connaissent tout cela me pardonne mais la note de 20/20 ci-dessus m'a interpellé et j'ai voulu faire un commentaire un peu éducatif.

Alors donc voila si vous créez une entreprise, vous pouvez la financer vous même au début, comme je l'avais fait avec ma première (mon prêt étudiant), et ensuite avoir suffisamment de clients pour auto financer son développement (en gros, avoir assez d'argent tous les mois pour payer vos dépenses pour faire vraiment très simple).

L'avantage: vous n'avez besoin de personne, vous êtes indépendant et vous conservez la propriété de votre entreprise.
L'inconvénient: cela prend du temps et vous vous sentez souvent seul.

C'est là qu'intervient l'ouverture de capital. Pour faire simple aussi, vous dites à quelqu'un: si tu partages les risques que je prends en mettant de l'argent dans mon entreprise, si cela marche, je partage aussi.

Avant les fameux "VC" viennent ceux que l'on appelle les anges des affaires (décidément en français cela sonne mal tout cela), les "business angels". Ce sont en général des entrepreneurs confirmés qui ont vendu leurs sociétés, qui sont encore en activité ou le font à temps plein, et qui font confiance à de jeunes entrepreneurs et leur apportent leurs conseils et leurs soutien, et... leurs économies.

Il y en a très peu en France et c'est catastrophique car ils jouent un rôle clé pour le démarrage d'une entreprise, car les clients ne sont pas toujours la au début, ou un développement technologique implique un investissement initial qu'ils sont les seuls à apporter. En effet, oubliez tout de suite l'idée de faire appel à une banque classique pour le lancement d'une entreprise, c'est beaucoup trop risqué, ce n'est pas leur métier.

En général, les investissements vont de quelques dizaines de milliers d'euros à parfois quelques millions d'euros, mais c'est beaucoup plus rare.

C'est là qu'interviennent les capitaux risqueurs. Contrairement en général à un business angel, ce ne sont pas leurs propres fonds, mais ceux confiés par d'autres investisseurs. Pour faire simple à nouveau, ils touchent une commission sur les profits générés par les fonds qui leurs sont confiés. Les investissements sont beaucoup plus importants, en général plusieurs millions ou dizaines de millions d'euros. N'essayez pas de lever des fonds auprès d'eux au début, à priori il faut que l'entreprise ait déjà une certaine taille et montré un début de succès.

Pour terminer le panorama, vous avez ensuite des sociétés dont c'est le métier d'aider les entrepreneurs à lever des fonds, comme le fait Pascal Mercier (dont je vous conseille la lecture du blog si vous voulez apprendre, Pascal explique beaucoup de termes techniques).

Si tout va bien, tout ce beau monde touchera un peu (beaucoup ?) d'argent à la sortie. Ah tiens oui la sortie, notion importante c'est quoi la sortie ? Et bien c'est simple, les investisseurs investissent pour qu'un jour ils gagnent plus et il n'y a pas beaucoup de manières d'y arriver, il y en a trois:
-les dividendes, distribution de capitaux sur les profits générés par l'entreprise
-la cession de l'entreprise
-la cotation en bourse

Mais on perd presque à tout les coups. Tout cela vous paraît idyllique ou facile. Et bien détrompez vous, neuf entreprise qui se crée sur dix disparaît dans les cinq ans après sa création et le statistiques sont assez similaires naturellement pour les investisseurs, qui ont toute chance -et le savent- de perdre leur mise. Mais il suffit d'une entreprise qui explose pour que toutes les autres pertes soient largement oubliées, sauf si les fonds ou les business angels choisissent les mauvaises entreprises, et cela arrive régulièrement...

En conclusion, ne surtout pas croire que c'est facile, pas plus que de créer une entreprise et de la réussir.

En savoir plus:
Levée de fonds: Pascal Mercier
Business-angels / fonds d'amorçage: Rodrigo Sepulveda
Les deux précédents, mais aux Etats-Unis: Jeff Clavier
Capitaux risqueurs: Marc Goldberg, Regis Saleur (qui ne parle pas de son business sur son blog)

Et puis tous les entrepreneurs, qui sont dans la colonne de gauche de ce blog, et ceux que j'ai oubliés. Grâce aux blogs, tout ce petit monde est désormais à un clic.

Qui ais-je oublié ?

Créer une entreprise: 6 - le réseau

Loic_le_meur_8Par Loïc Le Meur, entrepreneur et bloggeur français. 

Créer une entreprise : le réseau est fondamental.

Le "networking" est très important. Je ne connais pas de patron d'entreprise qui n'investisse pas beaucoup de temps dans son réseau. Comment en créer un ? On ne le crée pas, on s'aperçoit que l'on en a un.

Il y a néanmoins différentes manières d'accélérer la constitution de son réseau professionnel, et en particulier le fait de participer aux salons, conférences, réseaux professionnels et autres associations, même si les contacts qui s'y nouent sont en général moins proches que ses clients, fournisseurs, collaborateurs et anciens collaborateurs.

Le "carnet d'adresses" est toujours protégé comme le "Graal" en France, un carnet que certains mettent des années à créer et entretenir et qu'ils protègent. Je pense qu'il s'agit la de "business à l'ancienne". Peu à peu avec les logiciels sociaux comme Linked In et les blogs, le monde des affaires va s'apercevoir qu'il y a plus de valeur à partager son réseau qu'à le protéger. Si nous nous connaissons et nous nous "lions", le mien est transparent dans Linked In.

S’il n’existe pas d'association professionnelle dans votre secteur, le mieux reste encore à la créer.

C’est un peu ce que nous avons fait en 1996 quand avec Isabelle Bordry (Yahoo), Patrick Robin (Imaginet), Guillaume Buffet (Singapour), Catherine Barba (Optimum Media), Jean-Pierre Levieux (Microsoft), Godefroy Jordan (Alpaga) et beaucoup d’autres (qui ne m’en voudront pas de ne pas les citer….) nous avons créé le groupe Français du « Internet Advertising Bureau ». Nous étions à l’époque pour certains concurrents, clients, fournisseurs mais nous avions tous des intérêts convergents à développer le marché de la publicité sur Internet en France et cela a plutôt bien fonctionné. C'était aussi (et toujours je crois) un lieu privilégié pour échanger de nouvelles idées sur ce marché naissant et nous en sortions tous avec une meilleure connaissance de celui-ci.

C’était une manière de se faire connaître, de faire connaître nos entreprises, et de trouver de nouveaux clients.

Tiens d'ailleurs cela me fait penser qu'il faut que nous lancions l'association des professionnels du marché des weblogs en Europe, qui se joint à moi pour le faire ?

Si vous êtes un ancien d’une Ecole de commerce ou autre, c’est aussi une bonne manière de "networker". Je n’ai jamais, pour ma part utilisé l’annuaire des anciens en appelant "dans le dur" un nom y figurant. Je ne pense pas que cela fonctionne vraiment. Il s'agit plus éventuellement d'une sympathie naturelle qui se crée quand vous découvrez que votre interlocuteur est ancien de la même école que vous. Par contre, participer aux évènements de l'association des anciens (y compris n'ayant rien à voir avec le business comme les manifestations sportives par exemple) est toujours très utile.

J’ai vu récemment Pierre Reboul qui a commencé son propre réseau en créant l’EBG ( Electronic Business Group). Pierre a fait un travail remarquable en rassemblant les managers de grandes sociétés clefs dans le domaine e-business avec une association qui compte aujourd’hui 350 membres et des rencontres hebdomadaires. Voici un réseau, sorti de nulle part, qui est aujourd'hui très actif car d'une part le contenu est très intéressant pour ses membres mais ils éprouvent aussi beaucoup de plaisir à se rencontrer et échanger leurs expériences.

Après la vente de mes deux premières sociétés j’ai participé à des "clubs" ou "think tanks" en dehors de mon cadre professionnel e-business comme le Club des Jeunes dirigeants de Loic Tribot La Spierre, le Cercle des Vigilants autour de Marc Ullman, La revue des deux mondes de Marc De la Charrière (Fimalac). Je prends toujours beaucoup de plaisir à les rejoindre quand je trouve le temps.

J'ai aussi eu la chance d’être sélectionné dans le cadre des GLT du World Economic Forum (qui organise en particulier sa rencontre annuelle à Davos). Un réseau fantastique, bien entendu, mais où j'éprouve toujours une sensation étrange, puisque n'importe qui est la bas beaucoup plus important que vous... Il s'agit de contribuer le plus possible à cette organisation, ce que j'essaie de faire de mon mieux (tiens d'ailleurs, voici le blog des GLTs dont nous avons récemment supprimé le mot de passe !).

Les blogs sont enfin un moyen merveilleux d’échanger 24h sur 24 et de manière internationale. Par exemple, j'ai récemment organisé une semaine en Allemagne lors de laquelle j'ai rencontré une bonne cinquantaine de blogueurs qui sont devenus mes amis et dont je suis régulièrement les nouvelles par leurs blogs. Je ne parle pas Allemand, et je n'avais aucun réseau la-bas jusque-la. Aujourd'hui bien sûr cela m'est très utile dans le cadre du lancement de mon entreprise en Allemagne.

Quel est votre avis sur le poids du réseau relationnel dans les affaires ?

Créer une entreprise: 5 - faut-il lever des fonds ou pas ?

Loic_le_meur_5Par Loïc Le Meur, entrepreneur et bloggeur français.
 

Faut-il lever des fonds ou pas ?

C’est une question que je me pose à chaque fois.

Si vous démarrez votre entreprise et "exécutez" correctement, à un moment donné la question du financement se pose, pour les meilleures entreprises ce sont les investisseurs eux-mêmes qui vous contactent.

Voici les « pour » et les « contres », de mon point de vue :

Lever des fonds permet d’aller plus vite, de recruter plus rapidement, de lancer des campagnes de publicité si elles sont necessaires, de se développer plus rapidement à l’étranger, etc. Lever des fonds permet d’acquérir plus rapidement la position de leader et de prendre de l’avance sur ses concurrents. Les investisseurs présents au conseil de l’entreprise peuvent être des conseillers précieux, donnent des idées, critiquent de manière constructive, génèrent des partenariats.

J’ai rencontré récemment un entrepreneur bien connu, Denis Payre, fondateur en son temps de Business Objects et aujourd’hui à la tête de Kiala à Bruxelles. Business Objects a été l’une des rares start-up française qui a connu un développement très rapide, listée au Nasdaq, avec une croissance internationale et des milliers de clients dans le monde. Denis reconnaît volontiers qu’il n’aurait jamais obtenu un tel résultat sans faire appel au capital risque.

Lancée il y a moins de 3 ans Kiala, s’occupe aujourd’hui des derniers kilomètres (« the last mile ») pour les livraisons des commandes à distance ( livraison dans des points relais pour les particuliers). Kiala a gangé en 2003 sa position de leader sur ce marché avec 6M€ de CA une prévision de 30 pour 2004, 25 000 colis livrés par jour et 5000 points relais Kiala dans toute l’Europe. Kiala compte 50 personnes, 12 nationalités différentes à Bruxelles et de nombreux clients prestigieux de la Vente A Distance (VAD): Quelle, PPR, Otto, etc.

Denis a levé 20M€ pour Kiala dans un contexte d’investissement plutôt morose ces deux dernières années, certes en y investissant aussi beaucoup lui-même. Denis pense que malgré la dilution capitalistique qu’impliquent ces levées de fonds, il n’aurait jamais pu faire de sa société ce qu’elle est aujourd’hui sans ces fonds.

Évoquons maintenant les points négatifs:

A l’heure actuelle les investissement sont souvent liés à des clauses de rachat d’actions, d’anti-dilution qui peuvent avoir des conséquences très importantes pour les fondateurs en cas de succès mitigé. Concrètement, il y a un prix de revente théorique de la société, si ce prix de revente n’est pas atteint ( plus un pourcentage en général chaque année (TRI) par rapport à l’investissement initial) le fondateur peut se retrouver avec un pourcentage très faible du capital.

Parfois la pression des investisseurs est difficile à gérer pour un entrepreneur. Au-delà des objectifs économiques liés à l’activité de la société, il doit atteindre des objectifs financiers rapides, il doit gérer la relation entre les différents membres de son conseil (Denis a par exemple 7 investisseurs différents) dont les vues peuvent diverger et c’est un exercice qui peut être très consommateur en temps.

Faire entrer des investisseurs au capital a aussi un coût, en particulier en frais d’avocats. Autant de fonds qui disparaissent de votre levée de fonds.

Un grand nombre d’entrepreneurs réussissent parfaitement en auto-finançant leur développement. C’est en général beaucoup plus long mais nombreuses sont les entreprises qui ont levé beaucoup de fonds et qui ont disparu 

 Je crois qu’il y a des exemples des deux côtés de réussite, avec ou sans fonds (Kelkoo n’aurait par exemple probablement pas réussi aussi vite et une telle transaction avec Yahoo sans avoir levé de fonds).

Je finance pour l’instant complètement moi même Ublog, malgré son modèle encore loin de l’équilibre économique et réfléchis à cette problématique.

Voilà mes « pour » et mes « contre » en avez vous d’autres à suggérer ? Qu’en pensez vous ?

Créer une entreprise: 4 - les concurrents

Loic_le_meur_4Par Loïc Le Meur, entrepreneur et bloggeur français.
 

Créer une entreprise : contacts et respect mutuel avec les concurrents.

Il est clef de parler avec ses concurrents. Je connais beaucoup de personnes qui manient facilement la critique à l’encontre de leurs concurrents. Pour ma part j’ai toujours essayé d’entretenir le dialogue voire de construire des partenariats.

J’ai créé RapidSite France en 1997. Nous avons été les premiers à lancer en France l’hébergement mutualisé. À la même époque France Telecom et d’autres société ne proposaient que des services d’hébergement à 800€ par mois.

Nous avons lancé un service à 25€, la croissance fut au rendez-vous (20% par mois) avec 600 partenaires dans toute la France et plus de 15000 clients en l’espace de 18 mois. Comme pour B2L j’ai lancé cette entreprise avec seulement 10 000 euros de capital de départ et j’ai pu l’autofinancer complètement.

En 1999, nous avons lancé une campagne de publicité avec la photo d’un château de sable, pour mettre en valeur la qualité de nos services…. Et voilà que France Telecom sort après nous, pour son nouveau service d’hébergement partagé, une publicité … avec un château ! Bien entendu j’ai eu très peur avec les budgets de publicité de France Telecom, largement supérieurs aux notres.

Ce qui m’a surpris, c’est que malgré leurs moyens et l’agence de communication qui avait travaillé pour eux, ils aient repris exactement le même concept que nous et un visuel très proche.

Nous avions alors deux options: la voie juridique, lettres d’avocat , critique violente ou le dialogue et l’humour. Nous avons choisi la deuxième solution et de manière très sympathique, je les ai appelé pour leur dire que quand même, avec leur budget, ils auraient pu choisir autre chose que la même idée qu’une petite PME de quelques salariés…

Ce fût clairement la meilleure des réactions possible : ils se sont tout de suite excusés, m’ont garanti qu’ils changeraient de publicité rapidement et m’ont invité à déjeuner pour faire connaissance. Mais ce fût en fait l’occasion du début d’une autre histoire, puisque quelques mois plus tard France Telecom rachetait RapidSite un mois après ce déjeuner et l’intégrait à Wanadoo en 2000.

Pensez-vous que la réaction inverse de ma part aurait conduit au même résultat ?

Créer une entreprise: 3 - travailler sur le long terme plutôt qu’à court terme

Loic_le_meur_3Par Loïc Le Meur, entrepreneur et bloggeur français.

Créer une entreprise : travailler sur le long terme plutôt qu’à court terme.

Votre vie en entreprise, c’est comme vivre dans un village, tout se sait.

À chaque contact professionnel avec quelqu’un, vous laissez une impression, une trace. J’ai commencé à Paris, alors avec très peu de réseau professionnel comme tout débutant, j’ai vite réalisé que les informations circulent à vitesse très rapidement notamment concernant la qualité des services de votre entreprise : un tout petit monde.

Nous avons donné du meilleur de nous même pour notre premier client pour honorer la confiance qu’il nous accordait. Tout frais sorti d’HEC, j’aurais pu me dire que ce n’était pas pour moi d’aller sur le terrain et que j’allais recruter quelqu’un pour y aller à ma place. Au contraire, j’ai veillé moi même à la satisfaction d’Automobiles Peugeot et ses concessionnaires. Je ne me payais bien entendu pas et j’allais moi même former les concessionnaires Peugeot à l’Internet, je me souviens d’ailleurs être aller chercher des modems pour eux à la Fnac puis les installer sur le PC des différents concessionnaires Peugeot avant de les former. Je voulais être sûr que l’installation et la satisfaction de mes premiers interlocuteurs était parfaite. Mais j’ai très vite réalisé que la qualité du service et les résultats obtenus construisaient immédiatement l’image de ma société.

C’est aussi valable bien entendu quand on fait des erreurs. Il faut non seulement tout de suite les reconnaître mais aussi les corriger le plus vite possible, et éventuellement proposer un dédommagement, pour que le sentiment de ses clients reste positif.

Par travailler à long terme j’entends : posez vous la question de savoir si votre client ou votre contact vous rappellera pour d’autres projets, voudra encore collaborer avec vous. Cela paraît simple, mais aujourd’hui il s’agit de cette entreprise, demain d’une autre peut être, votre client lui aussi change dans sa vie professionnelle, penser à long terme permet simplement de construire l’avenir.

Automobiles Peugeot a continué à me faire confiance sur différentes entreprises et j’ai toujours gardé d’excellents rapports avec mes interlocuteurs. Ces mêmes interlocuteurs sont aujourd’hui soit toujours chez Automobiles Peugeot, soit dans d’autres entreprises, et garder d’excellentes relations vous donne l’opportunité –mutuelle- de faire d’autres choses. 
 La confiance de quelqu’un est difficile à gagner et surtout à garder, alors que la perte de confiance est quasiment insurmontable.

A l’heure actuelle avec les blogs tout va très vite, la transparence est de plus en plus importante. Bientôt les clients vont blogger à propos de la qualité de vos services, vos employés à propos de vos méthodes de travail et de gérer votre équipe (dans la mesure de la légalité bien entendu), et l’on saura de plus en plus sur votre réputation et celle de votre entreprise.

Il vous faudra apporter des réponses, particulièrement aux critiques, autant faire en sorte autant que possible à ce que vos clients soient les plus heureux du monde.

Créer une entreprise: 2 - l'équipe

Loic_le_meur_2Par Loïc Le Meur, entrepreneur et bloggeur français.

Créer une entreprise: trouver les meilleurs collaborateurs et leur faire confiance .

Même si cela paraît évident, il est fondamental de bien s’entourer quand on lance un projet.

Quand j’ai lancé B2L, deux de mes amis, Antoine Bello et François Lamotte ( fondateurs d’Ubiqus) m’ont hébergé dans leurs locaux. Un petit bureau face à l’ascenseur. Pour une Web agency il était immédiatement nécessaire pour moi de recruter un ingénieur, je n’avais qu’un profil gestion et commercial.

Mais l’exercice fût difficile : recruter un ingénieur, avec un bon diplôme quand vous êtes le seul employé de votre propre société, sans bureau ou presque, et que vous avez tout au plus 3 mois de cash devant vous… J’ai finalement convaincu un ingénieur de rejoindre l’aventure, mais en fait c’est plutôt moi qui ce jour-là ai passé un entretien d’embauche. En effet, Vincent se posait plus de question sur moi que je ne m’en posais à son égard, il sortait d’une école d’ingénieurs, ne voyait qu’un tout petit bureau pour toute représentation de mon entreprise, ne savait pas si je pourrai encore le payer dans trois mois. J’ai été très transparent avec lui, aussi bien sur les risques que les opportunités, et il a accepté de relever le défi.

La personne qui m’a certainement le plus impressionné fut Jean-Jacques Borie (il n’a pas encore de blog, mais cela ne tardera pas j’espère….). Il m’a un jour envoyé un CV, au tout début de B2L, un CV vide (sans vouloir l’offenser), peu d’expérience, sans diplôme. Mais ce CV traduisait indéniablement une chose : la passion, l’envie d’apprendre et de bien faire. J’ai donc reçu Jean-Jacques et j’ai décidé de lui donner sa chance. Ses nuits, il les passait à apprendre en lisant des livres de développement Internet, ses journées à programmer pour nos clients avec une rapidité et une capacité d’exécution incroyables. J’ai fait confiance à Jean-Jacques et sa passion. Il est vite devenu le meilleur développeur de l'équipe et a évolué avec nous. Aujourd’hui il a cru utile de palier à son manque de diplômes en suivant des cours… du soir et a rejoint un grand groupe français à un poste très intéressant après m’avoir suivi dans différentes aventures de création.

Il faut aussi que votre équipe ait une vision claire des objectifs, à court et moyen terme, de la société. Il faut communiquer votre propre passion. Manager une équipe n’a rien à voir avec donner des ordres, il s’agit de partager une vision, une envie de réussir.

La confiance est primordiale. Je ne suis jamais passé derrière quelqu’un pour vérifier son travail, je n’ai jamais controlé les contrôle des heures d’arrivée et de départ du bureau ni même les heures passées sur un projet. La seule chose qui compte, c’est le résultat (en préservant évidemment un minimum de temps en équipe pour sa cohésion, bien entendu. Ceci est particulièrement important quand les équipes ne travaillent pas physiquement au même endroit.

L'Everest n'est peut-être pas si haut...

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Par Pierre-Olivier Carles

Il y a quelques jours, j'avais une discussion avec un ami, portant sur un projet de création d'entreprise. Il est diplômé d'une Ecole d'Ingénieur et enseigne les maths dans un lycée ainsi qu'auprès d'étudiants en MathSpe. Il est en pleine force de l'âge, intelligent et sûr de son produit.

En synthèse, son discours était le suivant : "J'ai inventé un jeu du type Casse-Tête assez génial et pas cher à produire. J'aimerai bien me lancer mais je ne sais pas comment faire... De toute façon, c'est trop difficile donc il me faut un associé expérimenté."

En ayant réfléchi deux minutes (je sais, ce n'est pas beaucoup...) à sa situation, j'ai eu l'impression que la création d'entreprise était, dans l'esprit d'une majorité de personnes, une sorte "d'Everest qu'il faudrait gravir en Tongs par la Face Nord". Et bien, je ne suis pas d'accord...

Il est évident qu'un projet visant à créer un laboratoire pharmaceutique ou à lancer en grande série un nouveau modèle de voiture risque de rencontrer un certain nombre de barrières à l'entrée... mais la création d'entreprise, ce n'est, fort heureusement, pas que cela.

La très grande majorité des entreprises, sont des micro-entreprises. Les motivations de ces entrepreneurs sont multiples : se libérer d'une hiérarchie pesante, choisir un lieu de vie où les offres d'emploi sont rares, créer son emploi après quelques mois de chômage, aménager son temps de travail à sa convenance, etc... Plus rarement, ces "micro-entrepreneurs" sautent le pas pour l'argent et/ou la liberté - somme toute très relative...

Quelle que soit leur motivation, la majeure partie de ces entreprises n'emploiera jamais que leur fondateur. Cela signifie que, pour eux, la gestion s'en trouve très simplifiée, le niveau de revenu est directement corrélé au niveau d'activité et le niveau de risque finalement assez réduit. De plus, les entrepreneurs individuels peuvent être entourés, conseillés, supportés, coachés... par des Centres de Gestion, les organismes territoriaux, les Experts-Comptables, les réseaux d'aide à la création, le cercle familial ou amical...

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Manuel pour cyber-commerçant autodidacte et débrouillard

Cassarpatrice1_3Par Patrice Cassard

Comme promis voici un petit résumé de mon "aventure" de créateur d'entreprise avec lafraise.com, un site de vente de T-shirt en ligne pas encore très connu, mais qui a au moins le mérite de faire vivre son créateur. Le but de ce petit mémo, est surtout de motiver d'autres personnes qui comme moi auraient le souhait de gagner leur indépendance, afin de travailler pour leur propre intérêt. Tout est possible, tout est réalisable, en voici un exemple.

J'imagine qu'il y en a des centaines d'autres tout aussi valables, donc ne vous arrêtez pas spécialement sur le concept choisi ici (par pitié). Essayez de transposez votre propre projet, posez vous les bonnes questions, (mais, surtout pas trop longtemps), et allez-y ...

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Créer une entreprise: 1 - l’idée n’a pas de valeur

Loic_le_meur_1Par Loïc Le Meur, entrepreneur et bloggeur français

Je pense réellement que l’idée n’a pas la valeur que l’on veut bien lui accorder quand on décide de créer une entreprise.

Beaucoup d’entre nous attendent d’avoir l’idée du siècle avant de se lancer et je crois que c’est une erreur. D’ailleurs je montre souvent dans ma présentation des dizaines d’idées de création qui ne demandent qu’à être lancées, pour illustrer le fait qu’une idée n’a aucune valeur tant qu’elle n’est pas réellement "exécutée".

Certains cachent leurs idées de création, les protègent comme s’il s’agissait de l’idée du siècle, de peur que l’on leur « vole ».

Au contraire, il est à mon avis très important quand on va se lancer de partager ses idées avec son entourage. Les avis extérieurs sont très constructifs, vous permettent de mettre en avant des points auxquels vous n'auriez pas pensé. Il faut aller au-delà des critiques pour en tirer quelque chose de constructif.

Lorsque j’ai une idée de création d’entreprise, la meilleure technique je pense est de la partager avec ses amis et son réseau. Si elle est mauvaise, il y a beaucoup de chance pour que vous le sachiez rapidement. Ma vision des choses est que la création d’une entreprise permet de « combler » l’espace vide. Il ne faut pas la bonne idée mais bien identifier un besoin dans un domaine donné. Combien de fois, vous faites vous la réflexion : « franchement on doit pouvoir faire mieux » ou « tiens voilà une idée à lancer » dans les services ou produits que vous croisez tous les jours, en tant que client ou qu’utilisateur. Combien de fois regrettez- vous qu’une entreprise ne soit pas à même de vous fournir tel ou tel service, tel ou tel produit. C’est ce que j’entends par « combler l’espace vide ». Évaluez la demande pour cet « espace vide » et vous tenez votre idée. Si votre idée répond à cette demande, il y a une bonne probabilité pour que vous trouviez aussi vos premiers clients, si importants.

Quand j’ai commencé ma première société B2L en 1996, une agence web, il n’y en avait que quelques unes en France. Je me suis lancé avec un prêt étudiant de 10 000 euros et un client, Automobiles Peugeot. Dans le cadre des mes études, j’avais fait une mission pour eux, le sujet était « comment améliorer la communication externe de trois concessionnaires Peugeot parisiens. En 1996, c’était évidemment assez tôt, mais je leur ai recommandé de lancer le premier sites de prospection sur Internet pour la vente de véhicules d’occasion. A l’issue de l’étude, Paul Sevin, alors Responsable des ventes France chez Automobiles Peugeot, m’a donné ma chance : « j’aime cette idée, il faut lancer ce site. J’ai donc crée B2L avec un premier client prestigieux, sans avoir aucune idée du développement que nous allions avoir par la suite, j’étais juste persuadé que cette idée apporterait de la valeur pour Automobiles Peugeot.

Et, dans ce projet l’exécution fût clef. Il fallait impérativement que j’honore la confiance que cette personne m’accordait. Nous sommes allés au delà de toutes les attentes en lançant Occasionsdulion.com, premier site automobile « marchand » (de prospection évidemment, nous n’allions pas vendre des automobiles avec un règlement par carte bancaire !) en France. Sur la base de cette référence, et de la satisfaction de Peugeot nous avons gagné des dizaines d’appels d’offre face à des concurrents de plus en plus nombreux et décroché des comptes prestigieux: Chanel, 20th Century Fox, Unilever, Mars…B2L doublait de taille tous les ans (équipe et revenus) et était profitable sans aucun financement extérieur puisqu’au début l’ensemble des profits étaient bien entendu réinvestits dans la croissance de l’entreprise.

L’idée était peu importante, je créais un besoin en faisant découvrir l’Internet à de nombreuses grandes entreprises et je pariais que la demande allait suivre. Les premières références étaient très importantes puisque c’est grâce à ces clients satisfaits que nous avons pu en gagner d’autres.

À l’heure actuelle j’ai en tête une bonne dizaine d’idées de création d’entreprise, mais je me consacre pleinement et entièrement qu’à un seul projet, le lancement de Ublog et des produits de Six Apart en Europe. Il est presque impossible et il est dangereux de vouloir lancer plusieurs idées à la fois, il faut concentrer toutes ses forces sur une seule idée et réaliser la meilleure exécution possible, rendre ses clients heureux autant que possible avec les moyens de l'entreprise.

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