Par Samir (chroniqueur exclusif) - "Jeune, Rebeu & Millionnaire"
Dois-je
réviser ce chapitre ardu sur l’Histoire de l’Economie ou dois-je plutôt me
concentrer sur la Géographie du corps de cette voluptueuse étudiante italienne
rencontrée la veille ? Dois-je favoriser l’échéance d’un partiel qui
sanctionnera demain mes connaissances sur la dite Histoire, ou dois-je le
sacrifier à la jouissance immédiate d’une interrogation orale par une élève
devenue professeure et qui questionne en roulant ses « r » ?
Dois-je lire la Théogonie d’Hésiode avant Hot,
Flat and Crowded de Tom Friedman ?
Que faire
des 2000 € de prime que j’ai touchée cette année ? Me payer enfin ces cours d’anglais intensifs qui me permettront
de prétendre à ces postes trustés par les anglophones… ou dois-je les utiliser
pour 2 semaines de vacances bien méritées à Bangkok ?
Dois-je
aller à la salle de muscu’ pour faire fondre ce gras qui dissimule ma tablette
de Côte d’Or « renoi intense »… où dois-je d’abord regarder ce
dernier épisode de « Lost » où j’apprends que Saïd va tuer Ben Linus
adolescent (tu savais pas ??? Tu peux pas savoir comme je suis
désolé… je sais ce que tu ressens… on m’a dit
qui était Kaiser Söze juste avant de mater Usual Suspects).
Si je devais choisir entre apprendre l’Arabe
et l’Espagnol …entre aller en soirée raeggeton et au théâtre… entre
m’asseoir à la table de la nouvelle stagiaire à la cantine de l’entreprise, où
à côté de celle d’Ugly Betty (la Directrice du Marketing)… quel
choix ferai-je ?
Jean
Buridan, le philosophe du Moyen-âge est célèbre pour sa parabole de l’âne. L’âne
de Buridan c’est cette bête malheureuse à qui l’on fait subir le plus terrible
des supplices : la mettre à égale distance entre un seau d’avoine et un
seau d’eau alors qu’elle est autant torturée par la faim que la soif. Incapable
de se décider pour une option plutôt que pour l’autre, Bourriquet reste
immobile et meurt de faim et de soif. La parabole de l’âne est censée nous
expliquer la différence de libre arbitre entre l’homme et l’animal. L’homme
parce qu’il est doué d’intelligence et
de volonté prendra une décision et ira ou se gaver de grain, ou étancher sa
soif. C’est parce que l’homme est capable d’une telle décision qu’il est
supérieur à l’animal et blablabla et blablabla… je t’épargne le reste de la
démonstration. Le
raisonnement de Buridan ne nous dit rien du « bon choix » a.k.a quelle
est la priorité ? Dois-je boire d’abord et manger ensuite…. ou bien est-ce
l’inverse ? Choisir est une chose.
Prioriser en est une autre. Raison pour laquelle Botvinnik, le célèbre joueur
d’échecs, était allé plus loin que Jean
Buridan dans sa réflexion : « La différence entre l’homme et l’animal
est que l’homme est capable d’établir des priorités ».







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