<p>Sans titre</p>
L’écart entre les hautes rémunérations dont bénéficient les dirigeants de certaines grandes entreprises et la généralité des salaires, notamment les plus faibles, suscite un sentiment d’incompréhension et de rejet même si l’opinion conteste de moins en moins l’économie de marché qui en est la cause première. Aucun raisonnement objectif, si convaincant et si argumenté soit-il, ne permettra d’y mettre fin, comme le montre la persistance des polémiques même dans les pays les plus attachés au libéralisme, comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne ou l’Allemagne. Seul, un comportement honnête et mesuré des acteurs économiques concernés permettra de l’atténuer, sans qu’ils puissent espérer, à défaut d’adhésion, autre chose qu’une forme de résignation.
Il est en effet inconcevable de remettre en cause la transparence des hautes rémunérations, imposée par la voie légale qui constitue désormais la servitude, mais aussi la grandeur de la position de président directeur général de société cotée. Cette exigence qui est spécifique à cette catégorie particulière d’agents économiques appelle en contrepartie beaucoup d’objectivité et de retenue de la part de ceux, analystes, journalistes ou hommes politiques, qui commentent ces données pour éviter la chasse à l’homme ou au bouc émissaire qui est devenue trop souvent la pratique en la matière.
La fixation des hautes rémunérations doit rester avant tout la responsabilité des conseils d’administration, seuls à même de recruter, de contrôler, d’évaluer et de démettre les présidents directeurs généraux de sociétés cotées. Ce pouvoir exclusif, qui trouve sa sanction dans un éventuel renvoi par l’assemblée générale des actionnaires, impose une obligation d’information et d’explication dont les conseils d’administration ne peuvent se décharger sur le président directeur général, en particulier s’il est le bénéficiaire des décisions prises.

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