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Innovation : les obstacles

Breesepierre Par Pierre Breese - Physicien et Juriste

Les faux obstacles

Pour justifier le manque de création d'entreprises, certains arguments sont avancés.

Le délai pour créer une entreprise

Il s'agit d'un faux problème. Tout d'abord, il est possible, en France, de créer une société en 24 heures, entre le dépôt des fonds auprès de la banque et l'obtention de K-BIS provisoire et la libération des fonds déposés. Par ailleurs, prétendre qu'un délai de quelques jours pour créer une entreprise constitue un obstacle est pour le moins inquiétant, car cela laisse supposer soit une totale impréparation du projet, soit une vision utopique de la vie d'une entreprise · La frilosité des investisseurs. Les investisseurs recherchent tout naturellement une rentabilité venant compenser les risques inhérents à une création d'entreprise. Si le créateur refuse cette logique de rentabilité, qui le concerne d'ailleurs en premier lieu, il est probable que son projet manque de maturité.

Le coût de la protection

Déposer un brevet en France coûte environ 3500 euro, incluant les taxes officielles et les honoraires du conseil en propriété industrielle. Une protection dans les principaux pays industrialisés représente un budget de l'ordre de 15.000 euro par an réparti sur 5 ans. L'engagement de tels montants ne se justifie bien sûr que si le chiffre d'affaire attendu est significatif. Pour donner un ordre de grandeur, on peut considérer qu'un produit réalisant un chiffre d'affaires de 100 par an nécessite un effort de R&D de l'ordre de 10, et un budget de propriété industrielle de 1. Réduire les coûts de la propriété industrielle présenterait le risque de prolifération de brevets de faible valeur, qui rendrait encore plus difficile le démarrage de projets industriels.

Les vrais obstacles


Pour un chercheur d'un organisme de recherche publique, la création d'entreprise constitue incontestable un saut vers un nouvel univers, régi par des règles et des usages radicalement différents de ceux qu'il connaissait. Le projet de loi sur l'innovation et la recherche propose d'instaurer un "sas de décompression" sous la forme d'incubateur, et d'organiser un retour dans la recherche en cas d'échec, grâce à une formule de détachement. La proposition est louable. Elle risque toutefois de créer une déresponsabilisation, par le maintien d'un cordon ombilical inconfortable.

La mutation vers un esprit d'entrepreneur est délicate, et le régime de semi-tutelle n'est peut-être pas le plus satisfaisant. Le créateur d'entreprise issu de la recherche publique va par ailleurs devoir affronter de nombreuses contraintes réglementaires. Le projet de loi sur la recherche et l'innovation en supprime un certain nombre d'origine institutionnel. C'est une excellente décision. Par contre, les contraintes résultant de la réduction du temps de travail risquent d'être totalement inadaptées par rapport au niveau d'implication d'un créateur d'entreprise et de ses collaborateurs. La prolifération des droits de propriété industrielle constitue un obstacle indéniable. L'étude approfondie des droits antérieurs est indispensable pour éviter qu'un obstacle juridique ne déstabilise l'entreprise dans sa phase de démarrage où elle est particulièrement vulnérable. 3.3.

Les risques


L'incitation à la création d'entreprises innovante présent également des risques. Elle peut se traduire par des effets pervers tels que la surenchères des valorisations financières, du fait de la compétition entre les organismes financiers. Une sur-valorisation n'est pas souhaitable, car elle devra se traduite à moyen terme par une rentabilité qu'il sera difficile d'atteindre. Les conséquences seront alors doublement préoccupante. Pour l'entreprise, qui sera confronté à des investisseurs tirant les conséquences de l'impossibilité d'atteindre les objectifs qui avaient justifiés le niveau de valorisation. Pour les innovateurs futurs, qui seront confrontés à un repli des investisseurs. M. WAUTROZ de la SPEF désigne la situation actuelle par 'l'effet Ketchup" : lorsqu'on utilise une bouteille de Ketchup, on tape sur le fond, rien ne vient. Puis, brusquement, une nappe excessive de sauce vient inonder le plat. La bouteille est alors vide. Des mécanismes régulateurs devront éviter une telle situation. Un autre risque est que la période d'abondance et d'incitation ne se traduise par le soutien de projets non viables, dans le seul but de montrer l'efficacité des dispositifs mis en place. La qualité des projets et la compétences de créateurs est essentiels pour dépasser un effet d'annonce. La formation complémentaire des scientifiques dans des domaines tels que la finance, le management et le marketing sera un enjeu majeure pour éviter les échecs.

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