Brainstorming Vs Blamestorming

Par Alain Fernandez (contributeur)– Consultant indépendant

Déçus du brainstorming ? Adoptez donc le blamestorming

Le brainstorming, vous l’avez sûrement déjà pratiqué.

En tout cas vous vous souvenez de ce consultant formateur enthousiaste qui animait l’atelier lors du stage en intra. Le "workshop" comme il disait. Vous en étiez sorti remonté à bloc : Avec ce nouvel outil catalyseur de la créativité en groupe, Ah ! Vous allez voir ce que vous allez voir, les problèmes ont intérêt à bien se tenir, les solutions vont pleuvoir…

Au début ça marchait pas si mal, rappelez-vous. Bon il est vrai que vous aviez commencé par des cas d’école particulièrement simples. La cause du problème n’était pas bien difficile à mettre en évidence. En tout cas ça marchait.Puis, vous avez voulu l’utiliser pour de bon et c’est là que ça a commencé à dériver.

Les réunions ne se déroulaient plus vraiment comme au cours des ”ateliers” bien sympas du consultant formateur.

C’était la vraie vie. 

Entre le lèche-botte qui essayait de sortir une idée susceptible de plaire au chef présent dans la salle, le comique de service toujours à l’affût du bon mot pour faire marrer copains et copines et celui qui, totalement à côté de la plaque, insistait lourdement dans son absurdité, pas facile de progresser. Et s’il n’y avait qu’eux !

Au cours de ces réunions de saines émulations collectives vous avez aussi rencontré :

– l’aigri qui n’a rien compris au principe: “Et bien d’accord, il y en a toujours un pour me piquer mes idées”

– le défaitiste :  Merde les gars on a assez perdu de temps comme ça, ça mène à rien votre truc, allez on arrête les conneries et on fait comme d’habitude”

– le timide qui n’ose pas prendre la parole: "…"

– et puis bien sûr tous ceux qui s’en foutent : “Et vous, vous  ne dîtes rien ? Vous ne participez pas  ? Si, si on participe, mais pour le moment on observe”

Le rideau est tombé. Fin de l’émulation collective. La spontanéité était une fois de plus mise au rancart. Alors déçu du brainstorming ? Essayez donc le blamestorming.

Vous allez redécouvrir les joies de participer à un groupe dynamique. Les idées vont fuser, je vous le garantis. L’accord sera total et le consensus particulièrement actif. Tous prêts à construire ensemble. Une équipe de battants. Et ce n’est pas un slogan de politicien en mal d’électeurs. C'est la réalité. Véridique !

Bref, je vous parle là d’un groupe en pleine phase de cohésion.

Comment faire ?

Eh bien prenons un projet pratiquement foiré. Vous avez sûrement déjà vécu la situation, mais il vaut mieux en avoir un sous le coude. Bien frais. La dernière réunion à peine bouclée. Battre le fer lorsqu’il est encore chaud comme disent les amateurs de proverbes et autres phrases définitives.

Mais attention ! Un vrai projet raté, foiré de chez foiré. Les délais, les budgets sont explosés et finalement le livrable, si livrable il y a, est bien loin de ce que pouvait attendre le client.

Alors qui est le responsable ?

Sûrement pas vous. Comme toujours vous avez fait sérieusement votre boulot. Voire plus. D’ailleurs vous ne comptez plus vos heures. C’est dire. Et tout cela pour rien ? On va une fois de plus attribuer la faute à pas de chance ? Sûrement pas ! Il y en a marre de se défoncer pour des prunes !

Et c’est là qu’intervient le blamestorming.  Il s’agit de se réunir en groupe et de blâmer le fautif. Il y en obligatoirement un. Il y a toujours un responsable à l’origine de tout échec. Vous le connaissez. Tout le monde le connaît. Alors, défendons ensemble notre travail et blâmons-le ! C’est lui le coupable !

La technique fonctionne depuis la nuit des temps, c’est dire son efficacité.

Et puis “Sans liberté de blâmer il n’est point d’éloge flatteur” écrivait Beaumarchais.

Cela n’a rien à voir ? Mais si. mais si….

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