Comment tirer parti de vos tics de langage

Pascal_haumont_consultant_formateurPar Pascal Haumont (chroniqueur exclusif) - Consultant en communication spécialisé sur la prise de parole en public

Il vous est peut-être déjà arrivé de compter les tics de langage d’un professeur en cours. Moi c’était avec la prof d’histoire en 1ère. Je ne me rappelle plus son tic de langage, mais je ne me rappelle plus ses cours non plus… Trop occupé à compter les tics. Eh oui, quand on repère le tic de langage, on n’entend plus que ça et on ne focalise plus sur le contenu : on est distrait.

Le plus courant c’est « euh ». Mais il y en a plein d’autres : « je dirais », « bon », « voilà », « alors », « quoi »… Il y a ceux qui sont dans l’air du temps : « C’était juste génial, j’ai juste trop kiffé ». C’est juste…

C’est quand vous vous enregistrez que vous en prenez pleinement conscience. C’est en écoutant votre performance, et en constatant que vous avez dit 14 fois « donc voilà » en trois minutes que vous aurez envie de corriger ce vilain défaut.

Les anglophones appellent ça des « filler words », littéralement des « mots de remplissage ». Et c’est justement ça qui nous met la puce à l’oreille ! Ces mots n’ont qu’une seule fonction : remplir les blancs qui nous font peur en tant qu’orateur.

Ils nous font peur parce qu’un silence d’une demi-seconde nous semble en durer huit quand on est face à un public. Et on a le temps d’imaginer qu’ils s’ennuient et qu’ils voudraient que ça aille plus vite. On a le temps aussi de se dire qu’il faut boucher les trous si on veut en finir avec cette intervention. Et on veut, parce qu’on a le trac.

Il faut absolument changer de point de vue et accueillir ces silences avec bienveillance. Voici les 3 choses qu’un silence peut faire :

  • Aider le public à digérer une notion complexe qui mérite qu’on y passe un petit temps de réflexion
  • Créer une transition pour préparer ce que vous allez dire ensuite
  • Créer une forme de suspens qui relancera à coup sûr l’attention de votre auditoire

Ces silences peuvent très bien durer deux ou trois secondes. Des vraies secondes. Il vous faut donc vous convaincre que votre message sera plus impactant si vous créez des silences et remplacez vos tics de langage par ces silences.

Tirer parti de vos tics de langage, c’est les remplacer par des silences.

Ce texte est extrait des « 6 choses qu’on ne vous dit jamais sur la prise de parole en public », à télécharger gratuitement sur le site de Pascal Haumont.

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