Création d’entreprise : permis de construire son futur ?

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Par Valérie Weill (chroniqueur exclusif) – Consultante et accompagnatrice en création/développement d’entreprise

En allant au Salon des Entrepreneurs, j’ai assisté à la conférence d’ouverture du salon. Les derniers chiffres de la création d’entreprise y ont été présentés. Il y a eu 321 000 entreprises créées en 2007, soit + 13% par rapport à 2006. La création d’entreprise a le vent en poupe et c’est tant mieux. Mais ce qui me frappe dans ces chiffres, c’est que 87% de des nouvelles entreprises se créent sans salarié, c’est-à-dire qu’elles ne créent qu’un seul emploi, celui du créateur. 

Je parlerai donc ici surtout de tous ceux qui créent leur entreprise parce qu’ils/elles ont prioritairement besoin de créer leur emploi. Le futur statut d’auto-entrepreneur, auquel travaille Hervé Novelli, semble aller dans ce sens, d’autant que dans les pays anglo-saxons, le statut d’auto-entrepreneur » (ceux que les Anglo-saxons appellent les « self-employment »), représente 76% des entreprises créées, alors qu’en France, être « simple » entrepreneur de soi n’est pas encore très valorisé. Quoique les conseillers ANPE envoient maintenant de plus en plus souvent les chômeurs en prestation d’accompagnement à la création d’entreprise, dès que les personnes ont un profil atypique ou qu’elles aient plus de 50 ans…

Car lorsqu’on entreprend, on est bien en train de construire son futur et de se donner les moyens de sortir du chômage et/ou de la précarité, voire de s’élever socialement. C’est pourquoi je trouve dommage que l’on n’accorde pas encore autant d’importance et d’ « aura » aux petits entrepreneurs, aux solos, à tous ceux qui déploient leur énergie au quotidien pour s’en sortir et retrouver un niveau de vie correct. Bien sûr, créer son emploi ne doit pas être la seule motivation d’une personne pour créer son entreprise : il faut impérativement avoir les compétences et la « carrure » d’un entrepreneur, une réelle motivation à se lancer, maîtriser parfaitement un produit/service, s’assurer qu’il y a bien en face un marché et des clients solvables, avoir un financement minimum, etc. Mais pourtant, ce que je constate de plus en plus au quotidien, c’est que des hommes et des femmes de 40 ans s’entendent dire qu’ils sont déjà trop vieux et pas assez malléables pour être recrutés, que des quinquas perdent leur emploi pour les mêmes raisons et parce qu’ils coûtent trop chers. Et de plus en plus de ces personnes décident alors – après mûre réflexion pour la plupart d’entre eux – de créer leur entreprise parce que c’est une réelle alternative pour continuer à évoluer professionnellement et ne pas rester sur la touche. Je suis très sensible à leur courage et leur détermination – et parce que je suis très idéaliste, je rêve d’une société qui reconnaisse davantage le mérite de ces « petits » entrepreneurs…

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