Davantage de missions que d’emplois : un gisement pour de futures entreprises

 Photo Patrick Rey by JLChaumet 600pixPar Patrick Rey (chroniqueur exclusif) - Consultant-Délégué ITG (Institut du Temps Géré), premier groupe de conseil en portage salarial.

Nous vivons une fin de cycle que beaucoup continuent d'appeler une crise économique. Par tempérament ou par la force des choses, plusieurs générations occidentales de nos (ex-)pays riches (pas seulement Y) se lancent ou rêvent de se lancer dans un projet de création. Créer son propre emploi à tout le moins, ou créer sa petite entreprise solo, voire créer une société qui produira d'autres emplois et de la richesse, telles sont les envies et les histoires racontées sur ce blog. Le travail par mission pourrait être le point commun de pas mal de ces initiatives, car le gisement se développe au fur et à mesure que l'emploi classique dégringole. 

Jacques Attali disait que “créer son propre emploi sera l’avenir. Chacun ne sera plus bientôt qu’employeur de lui même, consultant ou employé provisoire d’une entreprise. C’est déjà largement le cas dans les pays du sud, qui sont, là encore, en avance sur nous.”. Au delà d'une vision peut-être un peu élitiste d'individus employés d'eux-mêmes, menant plusieurs activités ou jobs en même temps, il est clair que ce mode de prise en charge de son avenir a le vent en poupe.

Peut-on dire que la réussite est au bout du chemin ? Non, bien sûr ! Mais l'important est d'avoir essayé, et si on s'est “planté”, au moins d'avoir appris quelque chose et de repartir plus fort et plus averti. C'est un peu le sens des dispositifs pour faciliter la création : le régime d'auto-entrepreneur, le contrat d'appui au projet d'entreprise, la reconnaissance légale du portage salarial, etc. Tout est bon pour favoriser des formes plus agiles d'activités pouvant déboucher sur une entreprise qui ait des chances de durer. Et j'ai plusieurs fois témoigné que les entreprises de portage salarial socialement responsables pouvaient agir comme des “couveuses commerciales” pour accompagner les personnes vers une plus grande autonomie professionnelle (1).

Pour autant, les français vivent des sentiments contradictoires : d'un côté, la haine des riches célébrités qui quittent la France, celle des grands patrons qui délocalisent aussi leurs revenus pour échapper aux impôts, et de l'autre, la vague énorme depuis bientôt 4 ans, des inscriptions au régime d’auto-entrepreneur, dans l'espoir de créer sa petite entreprise. Plus frappant peut-être, la contradiction entre la forte envie d’entreprendre et les faibles moyens qu’on se donne pour y arriver. Les sites et blogs regorgent de questions/réponses sur le choix du statut, alors que les questions de base, avant toutes les autres, sont de savoir précisément quelle est son offre, qui voudra l'acheter, comment construire son approche marketing ciblée et dé-banalisée. 

Rechercher des missions, répondre à des offres de missions, autant d'occasions de mettre le pied à l'étrier. La France est en train de devenir un pays du sud, au moins en Europe. Autant prendre l'initiative de son propre avenir, de son auto-assurance emploi/activité avec cette entreprise de soi qu'Attali appelait de ses vœux ou voyait venir… après la fin du monde évidemment ! La fin d'un monde, en réalité !

(1) Les couveuses d'entreprise et les coopératives d'activité et d'emploi, quant à elles, accompagnent surtout au départ le futur créateur, dans tout le spectre de son métier de chef d'entreprise, avec des activités très variées, aussi bien dans le BtoC que dans le BtoB.

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