Endosser le costume du chef d’entreprise

Endosser le costume du chef d’entreprise

Weill_valrie Par Valérie Weill (chroniqueur exclusif) – Consultante et accompagnatrice en création/développement d’entreprise

Créer son entreprise, c’est pour la plupart des créateurs accéder à un nouveau statut, passer de l’autre côté de la barrière pour devenir chef d’entreprise. Que l’on crée pour créer son emploi et être entrepreneur de soi ou bien que l’on crée dans l’optique de développer une structure avec des salariés, cette transition entre le statut de salarié, puis de créateur et enfin de dirigeant – ne se fait pas sans quelques difficultés. Par exemple, j’ai constaté dans mes très nombreux accompagnements qu’il y avait bien une prédisposition familiale à créer, mais que celle-ci n’allait pas forcément de pair avec une assurance en béton armé. Devenir chef d’entreprise est un long processus. Doit-on parler de neuf mois comme pour la conception d’un enfant ? Il est probable que ce soit une donnée de temps plausible. On ne change pas ses habitudes, ni le regard des autres et le regard sur soi-même aussi vite qu’on le voudrait. 

Devenir chef d’entreprise, c’est à mon sens un parcours, un chemin initiatique à  réaliser pour se découvrir, tester sa résistance et sa persévérance dans les moments pénibles, trouver ses limites, apprendre à s’affirmer. C’est pourquoi il est si important d’être accompagné pour créer, puis développer son entreprise. Etre accompagné sur le plan humain, sur les plan des émotions, de la gestion du stress, de la confiance en soi. Car on peut être un très bon commercial, un très bon financier, un très bon gestionnaire et un très bon manager et avoir cependant du mal à se glisser dans la peau du chef d’entreprise. On peut aussi avoir un business plan en or massif, étudié à la virgule près, et se mettre à douter au moment de remplir son formulaire d’immatriculation ou son premier contrat client.

Il semble que la difficulté réside surtout dans le poids du costume à porter…

Je parle ici bien sûr du poids de la responsabilité financière, personnelle, humaine et morale que cela représente. A des moments où l’on s’y attend le moins peuvent ressurgir des petites voix issues de notre grand comité là-haut, qui disent « t’es sûr ? », « es-tu vraiment à la hauteur ? »,  « est-ce bien raisonnable ? »… Bref, il y a tout un processus de prise de confiance en soi à ne pas négliger et à cultiver pour devenir un chef d’entreprise. J’accompagne depuis plusieurs années des créateurs d’entreprise et je suis vigilante aussi à leur donner le temps, l’espace nécessaire, voire parfois pour certains la permission… afin qu’ils déploient petit à petit leurs ailes.

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11 Commentaires
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    JC de Maisonneuve 21 juin 2007 à 9h56

    Tout cela est très bien vu. La confiance en soi est primordiale, et parfois l’entourage direct (notamment les ascendants) rame à contre-courant, renforçant la part naturel de doute dans le sens négatif.
    De plus, passer de la peau du salarié, qui doit en permanence jongler entre ses idées propres et le compromis avec sa hiérarchie, à celle du chef d’entreprise qui DOIT imposer ses concepts est très difficile. Il faut passer du désir de plaire à la nécessité de garder le cap.
    Il y a tant de conseillers autour de la jeune entreprise que parfois la tentation de virer de bord est grande en fonction du dernier avis entendu. Petit à petit se forge la conscience que rien n’est parfait, mais que l’important est d’assumer le rôle du capitaine, totalement. C’est la seule façon d’être pleinement responsable de ses échecs mais aussi de ses succès.

  2. Très bon papier !
    Mais doit-on accepter les affres de la création d’entreprise avec résignation ? Pourquoi créer une entreprise devrait-il être forcément un chemin de croix ?
    C’est bien là toute l’origine du problème…

  3. J’ai entendu l’avis suivant dans la bouche d’ un salarié de CCI: les simplifications administratives et la mise en place d’un acompagnement « cocoon » ne serait pas une bonne chose. Les difficultés de création assureraient une première selection naturelle qui aurait eu lieu de toute façon plus tard et tout compte fait il vaudrait mieux que certains entrepreneurs potentiels se découragent d’eux mêmes plutôt que de les voir échouer par manque de capacités avec les conséquences que cela peut comporter.
    Pas très politiquement correct en ce moment mais n’y a t-il pas à réfléchir ?

  4. je suis ravi pour ce site !merci à vous tous;j’aimerais souvent des cas de projet de création d’entreprise détaillé, chiffres (prevision des differentes decaissements au debut et fond de roulement pour une periode de 6 mois par exemple….; comment certains ont pu créer leur entreprise; les types d’entreprises; comment ils ont pu surmonter les obstacles…) merci

  5. Je trouve que le thème de la création d’entreprise est très actuel. Lorsque l’on voit le nombre d’entrepreneurs qui osent franchir la barrière, il y a de quoi se poser des questions et pourquoi pas selancer finalement.
    Alors faut-il franchir le pas sur un coup de tête ou une formation et un accompagnement s’avère une étape indispensable pour reprendre ou créer son entreprise?
    Merci pour votre réponse.

  6. c’est tout a fait exact qu’il y a un costume a enfiler. Moi personnellement qui ne suis pas complétement rentré dedans je trouve ça assez jouissif. Oui, on est seul, on doute, on rame beaucoup mais au moins on dirige sa barque et ça, faut le dire, c’est génial. D’ailleurs je fais une étude de marché (qualitative) auprès des patrons de PME et je constate que la première chose qui les motive c’est pas l’appât du gain, c’est l’indépendance.

  7. Tout a fait d’accord avec tout ce qui a été dit…je suis tombée sur ce site par « besoin » de partager cette aventure qu’est la création d’entreprise…la transition salarié-chef d’entreprise est pour ma part difficile sur le plan relationnel. Je suis issue d’un milieu scientifique et associatif…la vision que bcp de gens ont des entreprises est plutôt celle de personnes intéressés, guidés uniquement par l’argent et le pouvoir..me retrouver confrontée à ces a priori me travaille encore…mais fichtre qu’est ce que j’apprends !!

  8. Article tout à fait pertinent. Faire évoluer sa vision des choses, son comportement et ses habitudes afin d’entrer pleinement dans le costume du chef d’entreprise requière du travail mais également un temps variable d’une personnalité à une autre !

  9. Je désir être auto-entrepreneur ou encore créateur d’entreprise dans le domaine d l’Esthétique actuellement titulaire d’un CAP et d’une formation en onglerie je voudrai savoir les points les + important à retenir pour bien monter 1 projet.

  10. que pouvez vous me conseiller?

  11. Bonjour
    Assumer devenir un-e chef-e d’entreprise est une étape cruciale quand on crée pour la première fois son entreprise.
    Cette étape est d’autant plus forte si l’on vécu longtemps en salarié où le confort (bien que relatif) était présent (salaire versé tous les mois, …).
    Après un FreeLance est-il réellement un chef d’entreprise ?
    C’est selon moi un forme déguisée de salariat, où l’on a moins d’avantages mais on retrouve une certaine routine comme un salarié.
    (il existe d’ailleurs de plus en plus d’entreprises qui vont aider les consultants dans leur démarche commerciale).
    La transformation pour arriver au dirigeant, à la dirigeante, est une étape très importante et cruciale dans la réussite de son entreprise.
    Au plaisir
    Evan, auteur de https://reussir-son-entreprise-informatique.fr

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