Entreprendre c’est créer de la valeur, plutôt que tirer sur la corde qui lâche

PatrickRey300px Par Patrick Rey (chroniqueur exclusif) - Consultant-Délégué ITG (Institut du Temps Géré), premier groupe de conseil en portage salarial.

A l'époque des vœux 2012, des gros titres qui annoncent les “trains (économiques) qui arrivent en retard” ou n'arrivent plus du tout, et en attendant les élections présidentielles, il est bon, je crois, de rappeler ici à quel point c'est l'entreprise qui crée de la valeur. Plutôt que de se morfondre, de se protéger et de profiter de tous les systèmes possibles pour ne pas se projeter, mieux vaut sans aucun doute se lancer, innover, entreprendre.

Quand je parle d'entreprendre, je ne veux pas dire juste s'inscrire au registre du commerce ou sur le site de l'auto-entrepreneur. Naturellement, il existe des auto-entrepreneurs qui ont choisi ce régime pour tester leur capacité à devenir entrepreneurs, décidés ensuite à créer une société pleine et entière, avec les mêmes caractéristiques que les autres entreprises. On a trop dénigré le régime de l'auto-entreprise — moi quelquefois aussi — pour décourager les envies d'entreprendre des personnes qui recherchent la simplicité de démarrage*. Il y a des personnes avec l'esprit d'entreprise, le goût du risque ou du dépassement de soi, qui ne sont pas (simplement) attirés par un effet d'aubaine, une corde sur laquelle tirer, comme celle qui nous amène à la crise de la dette dans la majorité des pays européens.

L'Union des Auto-Entrepreneurs est bien consciente du déficit d'image et de la réticence des clients, surtout lorsque les clients sont des entreprises. Elle propose d'instaurer une obligation d'assurance RCP, afin de protéger les clients et les auto-entrepreneurs. De même, le décret du 26 décembre 2011 oblige maintenant le bénéficiaire du régime “micro-social simplifié” à déclarer son chiffre d'affaires, à défaut de quoi il paiera 1,5 fois le montant du plafond mensuel de sécurité sociale. Il est intéressant d'écouter le témoignage d'un auto-entrepreneur et celui d'Aurélien Sallé, vice président de l’Union des Auto-Entrepreneurs, interviewés par Didier Barbet, animateur d'une radio web appelée “Widoobiz” où il tient la chronique “C'est l'AE” : régime de l'auto-entrepreneur, pas un poids pour l'économie.

L'auto-entrepreneur photographe commence par expliquer pourquoi il s'est lancé sous ce régime, pendant qu'il était salarié, pour répondre à des besoins de particuliers et apporter des revenus supplémentaires. Ensuite, “en partenariat avec des agences d'événementiels” (en bon français, ça veut dire en sous-traitance !), il a développé son activité, puis a été licencié par son employeur, se concentrant ainsi à plein régime à son auto-entreprise. Enfin, il dit pratiquer “des tarifs corrects sur le marché et en future augmentation sur l'année prochaine” : en clair, il reconnait que ses prix sont inférieurs, et s'étonne que le régime puisse être accusé de concurrence déloyale. L'ancien conseiller d'Hervé Novelli rappelle ensuite (à partir de 7 minutes de l'enregistrement) que l'AE est un régime et n'a surtout pas vocation à devenir un statut, car “les auto-entrepreneurs ne doivent pas devenir statutaires, comme d'autres corporations”. Il rappelle également qu'une partie du chiffre d'affaires des AE vient d'activités précédemment non déclarées, mais qu'une bonne partie constitue une activité nouvelle qui crée de la valeur.

Formons donc le vœu que 2012 soit une bonne année pour tous les porteurs de projets d'entreprise qui veulent réellement créer de la valeur !

(*) On rappellera toutefois que le portage salarial offre une solution encore plus simple et rapide de mise en place, avec en plus un administratif réduit à sa plus simple expression. Même si les activités qui peuvent être portées sont moins larges que celles de l'auto-entrepreneur ou même d'une coopérative d'activité et d'emploi voire d'autres formes de couveuses, le porteur de projet de création qui fait appel à une entreprise de portage salarial réputée aura la sécurité du statut de salarié, les prestations sociales en rapport avec ses cotisations (retraite, prévoyance, nouvelles cotisations chômage), l'assurance responsabilité civile professionnelle, le numéro de formateur dès le départ (qu'il aurait très tard ou peut-être jamais, selon les services dont il dépend) et la prise en compte de ses frais, y compris la récupération de tva.

Les EPS réputées proposent en plus d'autres services, compris dans les frais de gestion de l'activité du salarié porté, tels que la formation et l'accompagnement au développement de son activité, l'apport de missions, les mises en relation, la vie en réseau…

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