Entreprendre en Espagne

Antoine KERFANT Par Antoine Kerfant (contributeur exclusif) – Entrepreneur – Créateur de Consultoría Financiera Kerfant

Si créer sa propre entreprise n'est pas une chose aisée, le faire à l'étranger et dans l'un des pays les plus touchés par la crise (20% de chômage), pourrait être perçu comme téméraire. Cependant le seul moyen de revenir à la croissance est que les entreprises investissent et que de nouveaux projets voient le jour, donc entreprendre est presque une mission humanitaire.
 
Comme je l'avais commenté dans un article précédent, le rêve des étudiants espagnols et d'être fonctionnaire, ce qui n'est pas étonnant lorsque la croissance des administrations locales (communauté autonomes et communes) a permis d'embaucher à tour de bras de nouveaux salariés publics. Le revers de la médaille, c'est que les administrations se superposent au lieu de se compléter, et provoquent bien des maux de tête aux entrepreneurs et aux citoyens en général.
 
Dans mon cas, j'ai opté pour une solution simple. Il existe en Espagne le statut de travailleur autonome, qui pourrait être rapproché du statut d'auto-entrepreneur français. Avec ce statut, il est obligatoire de payer chaque mois la cotisation à la Sécurité Sociale (minimum de 270€ mensuels), et il faut présenter des déclarations de revenus et de TVA tous les trimestres. L'avantage est que les démarches sont simples, qu'il n'y a pas de coût au démarrage et que le seul coût fixe est la prestation de Sécurité Sociale. L'inconvénient principal est la responsabilité illimitée. Plus de 3 millions d'espagnols sont autonomes, pour un peu plus de 13 millions de salariés.
 
Les démarches terminées, ne reste plus qu'à trouver les clients ! Dans le contexte actuel, les services de consultant que je vends (par exemple la réduction de coûts) sont a priori très utiles aux entreprises, d'autant que les services se facturent selon les résultats obtenus. Convaincre les clients potentiels, c'est une autre affaire. Lorsqu'on a passé plus de dix ans dans des grandes multinationales, c'est une expérience raffraichissante de s'attaquer au travail commercial de terrain: appels téléphoniques, visites, réunions, mailings, nouveaux appels. Il faut apprendre à se créer un argumentaire commercial, bien comprendre les forces et les faiblesses du projet, renforcer les points faibles, vanter les points forts… et être patient!
 
La patience et la persévérance sont à mon sens les deux qualités qu'il faut parvenir à maintenir pour obtenir des résultats. J'ai dû attendre décembre pour pouvoir facturer mes premiers services, mais petit à petit les choses se mettent en place et le moral est bon.
Tout en consolidant les premières avancées, de nouveaux projets s'annoncent, et j'espère pouvoir en parler plus en détail dans de prochains articles.
 
Et si des lecteurs d'Envie d'Entreprendre ont dans l'idée de lancer un projet en Espagne, qu'ils n'hésitent pas à me contacter au travers du blog, je serais ravi de partager mon expérience.
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