Financez votre entreprise via internet et le crowdsourcing

Watine_jeanluc Par Jean-Luc Watine (chroniqueur exclusif) – Spécialiste dans l'optimisation du statut du dirigeant

Les  Internautes ont la faculté de se transformer en banquiers sur internet par le financement communautaire ou crowdsourcing, littéralement le financement par la foule. La référence en la matière a été MyMajor Company. Ce modèle où l’internaute finance un artiste et reçoit en échange un exemplaire de l’oeuvre produite par l’artiste se développe maintenant dans le domaine financier. 

Des sites sont, en effet, apparus avec comme business model de délivrer des crédits : les sites Prêt d’union, Spear ou Friendsclear, par exemple. Les internautes ont aussi vocation à devenir  des business angels  et actionnaires de start-ups avec les sites comme Wiseed ou Anaxago.

Anaxago  finance des start-ups qui  manquent de fonds propres pour grandir. Ce site oriente l’épargne collectée auprès des internautes vers ceux qui en ont besoin, à savoir les jeunes entreprises innovantes. Pour une entreprise cherchant un million d’Euros, l’investissement pour 99 investisseurs maximum sur internet sera de 10.100 Euros. Trois start-ups ont déjà été sélectionnées dans les cosmétiques, les transports et l’électricité.

Les investisseurs acquièrent des parts minoritaires dans le capital de la start-up via une holding ad hoc et apportent en plus leurs compétences et expertises : ils sont donc aussi acteurs de l’aventure entrepreneuriale. La loi impose un maximum de 99 actionnaires au capital, ce nombre sera augmenté à 150 le 1°juillet prochain.

Wiseed propose des levées de fonds plus modestes, limitées à 100.000 Euros par opération.

Délivrer des crédits est encore complexe en France car les plateformes  doivent s’adosser à une banque afin d’obtenir l’agrément de l’ACP (Autorité de Contrôle Prudentiel).

Prêt d’Union se développe dans le crédit à la consommation, FriendsClear s’appuie sur le Crédit Agricole et apporte des prêts communautaires entre entrepreneurs.

Spear s’est allié au CMP (Crédit Municipal de Paris) qui assume les pertes éventuelles. Ce site est spécialisé sur le financement de projets écologiques, culturels et sociaux, sous forme de coopérative.

En France, l’argent reste encore un problème, le financement de projets est soumis à un encadrement législatif strict : seules les banques sont autorisées à collecter de l’épargne et à accorder des prêts. Par contre, aux Etats-Unis, ce nouveau mode de financement numérique connaît des réussites fulgurantes : Kickstarter a permis à Eric Migicovsky, l’inventeur d’une montre connectée aux smartphones, de lever 10 millions de dollars auprès de 85.000 internautes. Et, ceci, avant même qu’il n’ait lancé sa production !

Avec le Jobs Act, les entreprises de crowdsourcing sont en mesure de lever jusqu’à 50 millions de dollars en action auprès de 1.000 actionnaires : 10 fois plus qu’en France. Espérons que le cadre législatif sera élargi comme il l’est aux Etats-Unis  car cela apportera une stimulation salutaire à la création d’entreprise et aussi d’emplois.

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