Itinéraire d’une jeune fille pas gâtée…

Teillet_antoine Par Antoine Teillet (chroniqueur exclusif) – Journaliste spécialisé grandes écoles

Puisqu’envie d’entreprendre, c’est aussi envie d’avancer et de progresser, de se lancer de nouveaux challenges, même si parfois –souvent– votre entourage vous le déconseille, laissez-moi vous narrer l’histoire de cette étudiante que j’ai interviewée pour un magazine spécialisé dans les grandes écoles de commerce.

Parce que si son cas est sans doute courant, je n’ai pu m’empêcher d’admirer le courage qu’il lui a fallu pour arriver aujourd’hui en fin d’études de grande école de commerce alors que rien, mais rien, ne l’y prédisposait.

Soit donc une jeune fille issue d’un milieu modeste, parents ouvriers, qui désirait intégrer une école de commerce malgré un Bac STT. Je dis bien malgré, parce qu’à l’heure où tant de ces institutions disent vouloir accentuer la diversité de leurs effectifs, les Bac technologiques ne représentent pourtant qu’une infime partie des leurs effectifs face aux filières scientifiques. Premier écueil.

Une fois le Bac en poche, malgré un discours dominant qui la poussait à choisir une filière courte, cette courageuse personne intégrait une prépa technologique. Mais vint se poser une cruelle question. Comment financer ces études, et surtout sa vie quotidienne quand votre entourage familial vous fait comprendre qu’il ne pourra pas vous soutenir… ? Réponses : par les petits boulots… « Tout au long de mon parcours, on m’a fait les gros yeux. Qui disait grande école disait école de riche. En prépa, j’ai enchaîné les jobs étudiants, fast-foods, caissière, de quoi payer ma nourriture, un logement… Une fois à l’école de commerce, j’ai dû faire face à des études coûtant au minimum 7 000 euros par an… Mes parents se portant garants pour 3 000 euros, j’ai dû trouver le reste. » La jeune fille a tout mené de front. Des cours et des jobs en parallèle, avant de décrocher un contrat d’apprentissage en début de 2e année… Aujourd’hui en milieu de troisième année, elle profite à fond d’une formule école/entreprise qui lui permet de voir ses études prises en charge par la société qui l’accueille. Elle gagne par ailleurs environ 1300 euros par mois. La voilà sortie d’affaire.

Alors cette histoire d’exclusion des classes populaires –voire moyennes– des hauts cursus d’études est sans doute banale. Elle n’en méritait pas moins, je trouve, d’être racontée.

Au fait, savez-vous le coût moyen d’une année d’études en grande école de commerce ? Environ 8 000 euros… Exorbitant me direz-vous, et vous aurez raison… Sachez cependant que proposer de telles études à leurs élèves revient encore plus cher à ces établissements, entre 11 et 13 000 euros par an… Bon c’est toujours moins cher qu’Harvard où l’année d’études peut largement dépasser les 50 000$ par an…

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