La performance n’est plus ce qu’elle fût

Stéphane Dangel Par Stéphane Dangel (contributeur exclusif)Consultant et formateur en storytelling

Les temps changent, les notions aussi et c'est ce qui est arrivé à la performance. Et comme cela ne date pas d'hier, on peut bien employer le passé simple « fût ». Une nouvelle histoire donc, pour cette notion qui, pendant longtemps, jouissait pourtant d'une assez grande stabilité.

La performance est le plus souvent associée à un adjectif : « exceptionnel ».

Et c'est en réalité le sens de cet adjectif qui a fondamentalement changé.

Qu'est-ce que « l'exceptionnel » ?

Autrefois (jadis, avant… peu importe le mot, il fera toujours un peu « ancêtre »), pour être exceptionnel, il fallait avoir fait ou faire quelque chose d'exceptionnel. Le « faire » et l' « être » étaient intimement liés. Exemple : pour passer à la télé, lorsque l'on n'avait pas un grand nom (ceux-là sont hors concours), c'était indispensable. Et c'était rare. Une performance.

Aujourd'hui, passer à la télé n'est pas devenu banal, mais courant, très courant. La télé-réalité a facilité les choses. Et cela a également changé la donne, le sens du mot performance et de l'adjectif exceptionnel. L'exigence est moindre, le curseur placé plus bas. Pas besoin d'en dire plus : restons sobre. Ce n'est pas un regret que de le dire (enfin si, quand même un peu), et ce n'est pas rétrograde car il n'est pas question de revenir en arrière. Impossible, même. Il faut dealer avec ça.

Une évolution globale

C'est quand même un peu un abus que de mettre tout cela sur le dos de la télé-réalité. Elle n'est pas une cause mais un symptôme d'une évolution plus globale. On a, globalement, baissé le niveau d'exigence : je me souviens d'un épisode de la vie bien réelle, au cours duquel un groupe de jeunes DJ s'affrontait pour tenter de convaincre un patron de discothèque d'embaucher le meilleur d'entre eux. Le patron en question était abasourdi de voir ces concurrents se féliciter les uns les autres avec l'enthousiasme qui salue normalement les exploits… alors que les prestations présentées étaient des plus basiques. Et visiblement, le domaine artistique dans lequel ils évoluent et qui est peut-être coutumier de ce type d'attitude, n'était pas, en tout cas pour le patron de la boîte, une explication valable.

En publicité, en ce moment sur vos écrans, passe un spot pour une voiture, peu importent la marque et le modèle. Ce qui est intéressant, en revanche, c'est l'axe de communication choisi : « pour les héros d'aujourd'hui ». Et le spot de zoomer sur des scènes de la vie quotidienne, certes animées (mais qui a dit que la vie quotidienne est forcément morne et insipide ?), mais de là à être héroïques. Même au second degré, voire troisième…

Comment l'entreprise peut-elle s'adapter ?

La performance est l'un des objectifs majeurs développés par les entreprises. C'est aussi l'un de ceux qui, pour être débattu depuis des lustres, n'en reste pas moins l'un des plus difficiles à cerner, mesurer…

Ces difficultés ne soulèvent pas seulement des questions de méthodologies, d'outils managériaux : elles ont des racines plus profondes, extérieures au monde de l'entreprise.

Que faire alors ? Trouver des moyens de faire avec cette nouvelle donne, ce nouveau sens de la performance.

Comment ? Pas de recette miracle, mais une première phase d'analyse du contexte, des particularités de l'entreprise sous une forme narrative (audit basé sur le storytelling), peut déjà fournir des éléments utiles pour aller ensuite plus loin.

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