La solitude du créateur d’entreprise

La solitude du créateur d’entreprise

Par Sophie Januel (chroniqueur exclusif) – Facilitateur en "Gestion et organisation Back-office PME" pour entreprises agiles !

Il peut paraître difficile de vivre une solitude lors de du lancement d’une nouvelle activité si j’en crois que le billet de Christophe Kuhner. Pourtant cette solitude a deux facettes qu’il convient de bien appréhender.

L’avers communément identifié est la solitude de ne pouvoir partager ses idées, son enthousiasme à son entourage proche. C’est certainement l’erreur la plus fréquemment réalisée car l’entrepreneur averti retient surtout que dans un réseau social donc sa famille ses amis, il ne pourras convaincre par le simple exposé de son projet ou de ses actions car les liens les unissant sont trop forts. En effet, les personnes proches sont « polluées » par l’identité perçue avant le lancement du projet ou de l’entreprise. Elles se montreront plus volontiers sceptiques ou dubitatives quant au projet et son porteur.

La frustration sera d’autant plus forte que les tentatives seront vaines et engendreront une souffrance retenue, tant que les premiers résultats significatifs et positifs n’auront pas été établis.

L’entrepreneur doit plutôt apprendre à bien gérer sa communication auprès de ses proches et se montrer prudent quant à l’expression de ses doutes et de ses élans d’enthousiasme. Il n’est pas rare qu’à vouloir trop partager son élan passionnel voire son mode de vie obsessionnel, l’Entrepreneur sollicite beaucoup (trop) d’attention d’énergie et crée de l’épuisement autour de lui. Résultat : il recueille des propos peu amènes et rarement du soutien en raison du décalage des nombreux échanges à court terme et des résultats qui seront à moyen terme ou juste décalés dans le temps.

Le revers de cette solitude « subie » est d’offrir l’occasion de « blinder » son mental et de développer des techniques de connaissance de soi-même et de motivation : « ce qui ne te tue pas te rend fort »

Pas de méthode Coué ou de gourou exotique mais simplement respecter des règles d’hygiène de vie mentale pour ne pas sombrer dans l’égo-trip « seul au monde personne ne m’aime ».

Quelques principes fondamentaux :

S’imposer de ne pas fonctionner en mode « obsessionnel » ne faire que cela ! Le meilleur moyen de ne pas avoir de recul, de fausser sa relation aux autres et de saper ses relations familiales. Accepter de ne pas entrer dans un rôle de Diva en imposant ses règles à son entourage.

Pratiquer un sport physique pour vider sa tête et pousser un peu ses limites . Le « base-jump » est peut-être inadapté, trouver le sport qui vous permet pas de ronronner.

Régulièrement et plusieurs fois par semaine selon le tempérament faire une retraite c’est-à-dire oser pendant une à deux heures, être en situation de méditation dans un endroit calme (salle de yoga, parc calme) sans musique ni cellulaire, encore moins de portable. Puis, après cette pause à l’aide d’un carnet un crayon noter vos idées et les solutions que vous construisez au problèmes identifiés. Défoulez vous vos

Privilégiez les déplacements n’accaparant pas votre concentration : la marche plutôt que la voiture. C’est plus long mais vous avez toute la liberté de penser pendant votre trajet.

Sortez avec modération et si possible limiter les sorties professionnelles ou espacez-les. Se répéter trop fréquemment peu générer le syndrome « hamster dans sa roue »

Vous avez des associés ? Des collaborateurs ? Déléguer avec confiance.

Si vous êtes en peine pour répondre à ces quelques questions, il est temps de respirer !

· A quand remonte votre dernière sortie au cinéma/Théâtre/dîner d’amis ?

· Quelle l’adresse de l’école du petit dernier ?

· Vous souvenez-vous de son prénom ? de la date d’anniversaire de votre ami(e) ?

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4 Commentaires
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  1. C’est bien beau tout cela mais on sait que l’entrepreneur n’a pas assez de temps pour faire tout ce qu’il veut.
    Le sport passe à la trappe (je faisais une heure de gym par jour avant) et on mange qu’une à deux fois par jour.
    Il faut espérer néanmoins revenir à une situation « normale » aussi vite que l’on peut. Il est vrai qu’on ne peut tenir longtemps à ce rythme. Quand le corps ne suit plus, la tête non plus.
    Merci encore pour cet article

  2. Le tout est de savoir si l’on doit sacrifier sa vie perso et celle de sa famille sur l’autel de la performance et de l’ultra rentabilité à tout prix, est t’il plus important de rouler dans un coupé mercedes ou de passer des vacances en famille au camping.
    J’ai eu à une époque plusieurs entreprises avec une rentabilité forte, je me prenais entre 10 et 15.000 euros par mois, grands hotels, grands restos, spectacles, chalet au ski, grosse voiture, villa…, et puis un jour j’ai pété les plombs, suite à plusieurs controles fiscaux, j’en ai eu marre, j’ai tout arreté, tout revendu, après avoir payé les fournisseurs, les salariés, les impots, il ne me restait plus rien, ni maison, ni train de vie, sauf mon épouse et mes enfants ravis de me retrouver… c’était il y a 10 ans, je paye encore aujourd’hui quelques dettes, je vis en appartement, correctement… et je vais remonter une entreprise, mais en raisonnant à l’envers.
    De combien ais je besoin pour vivre correctement ? sans changer mon train de vie actuel, 2000, 3000 euros/mois ? et je batis mon prévisionnel en conséquence, pas de salariés, pas de crédit bancaire (j’ai tout acheté sur mon compte perso), pas de folies, juste arriver à mes objectifs de rémunération (y compris les charges), les objectifs atteints, je ne cherche pas à en faire plus…
    N’est ce pas cela la solution ?

  3. Très bien sauf que je ne parlais pas d’ultra-rentabilité ni de perfo ni même de bénefs…Je parlais de passion.
    La question est plutôt de savoir quelle part de vie de famille est-on prêt à sacrifier afin d’assouvir ses passions ?
    Cela me perdra sûrement mais, en caricaturant un peu, il m’est impossible de commencer la rédaction d’un Business-Plan par « Voyons, je veux gagner 2000 euros par mois, comment dois-je procéder ? ».
    Je sais que je vais à l’encontre de la motivation d’un grand nombre de créateurs d’entreprise (argent + « je déteste mon patron ») mais il relève d’une véritable philosophie de vie et est partagé par la plupart (je crois) des personnes du forum (www.sp-wiki.com/forum/entreprendre).
    Si l’argent avait été une motivation, mes compétences et diplomes me suffisaient pour avoir la belle voiture familiale, le crédit pour une maison etc. et je n’aurais sûrement jamais pris le risque de fusiller toutes mes économies dans une entreprise (toujours risquée).
    PS : avant de s’appeler Imaginascience, mon projet s’appellait « Science passion » …

  4. Même si le billet date de 2006, je rajouterai une expérience personnelle. J’ai créé ma 1er boite en 1989.
    Je confirme la sollitude vis à vis du réseau de la famille et des amis. Il n’y a aucune solution il me semble.
    En revanche mon blog dans un 1er temps et facebook dans un second temps sont devenu de formidable outils de coaching et de partage d’expérience. Il faut simplement y investir le temps nécessaire. Mais la récompense (pour moi) est plus qu’à la hauteurs de efforts fournis.
    PS : Message à Sophie, Le Linutop continu a bien se développer ;-))

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