Le coup de pied au cul…un mal nécessaire pour les entrepreneurs et chefs d’entreprise ?

Vincent Rivalle Par Vincent Rivalle (chroniqueur exclusif) – KDZ’ID (Accompagnement au développement de TPE et PME) – TRAD ONLINE (Associé – Société de traduction)

Pourquoi devient-on
entrepreneur ? Pourquoi souhaite-t-on créer une entreprise ? Les
réponses sont multiples. Pourtant, un leitmotiv revient souvent (après celui
très tarte à la crème à mon avis
« pour créer de l’emploi ») : pour être indépendant, voire, ne pas/plus avoir de hiérarchie et prendre des
décisions seul.

Avec le recul, on s’aperçoit
pourtant que l’indépendance est alors toute relative…la concurrence, les normes
et réglementations, les clients, les collaborateurs…jouent tous à leur niveau
leur rôle de « limitateurs de liberté ».

Pourtant, l’indépendance est vraiment
ressentie lorsqu’elle s’achemine tranquillement vers la solitude. Je parle ici
de la solitude dans la prise de décision. Non pas l’isolement sur un marché ou
la distance avec les clients, partenaires, etc. Mais bien, la solitude dans la
prise de décision.

Il y a le moment de la prise de
décision…Moment où les questions suivantes peuvent arriver : fais-je
bien ? Ai-je bien tout analysé et compris du contexte ? N’aurais-je
pas oublié un paramètre ? Etc.

Mais il y a aussi l’amont de la prise de décision…le
moment où l’on se dit « Sur ce
sujet, il faut que je prenne ma décision avant le … ».

Et si on remonte encore un peu le
temps… le moment où l’on décide « quel
sujet doit être traité en priorité… ».

Et c’est cette étape précise dont
je souhaite parler ici…L’entrepreneur, le créateur d’entreprise a fait le choix
d’indépendance. Mais qui peut, en toute honnêteté, dire que pour certaines
décisions, il n’a pas besoin d’un coup de pied dans le c… ? (je fais en
fait un peu allusion avec cette expression au billet de Guilhem
Bertholet
…). Qui n’a pas tendance à trouver tous les scénarios possibles,
tactiques et dispositifs mentaux, stratégies d’évitement pour remettre aux
calendes grecques certaines décisions ou actions.

Il peut s’agir d’actions
laborieuses, non gratifiantes, consommatrices de temps initialement et donc peu
rentables sur le court terme…Bref, d’actions « chiantes ».

Il peut s’agir d’actions ou
décisions douloureuses, avec une certaine forme de mise en danger, pour
lesquels le « courage » peut arriver à manquer.

Il peut aussi s’agir de décisions
contenant un si fort taux d’incertitude que tout est bon pour les repousser.

Et oui l’indépendance a aussi cette
limite….la pression qui pousse à faire
ce que nous ne voulons pas vraiment faire.

Et si les débuts en fanfare du créateur, après avoir été entouré,
conseillé, aidé dans la phase de « conception »… l’incitaient encore
plus à revendiquer son indépendance chèrement acquise…pour, après quelques
années, se mettre en fait à la recherche d’un regard extérieur qui lui manque
enfin ?

Regard pouvant être apporté par
des pairs, par l’appartenance à un réseau de chefs d’entreprises (comme le CJD par ex), à
une commission X ou Y portée par une CCI, par des consultants, etc.

Où le regard des amis. Mais il
s’avère pourtant avec l’expérience que ce regard, tout en étant utile parfois, s’avère
souvent soit trop biaisé, soit trop éloigné de la réalité du dirigeant.

Le rôle de l’associé s’il existe
peut aussi être mentionné. Mais ce regard est loin d’être extérieur…

Ce regard extérieur donc, attentif,
peut apporter une expérience complémentaire, une analyse pertinente, un angle
de vue différent, etc.…mais il peut aussi et surtout jouer le rôle de fouet…Non
par la violence mais par l’instance…Appuyer là où ça fait mal…Une fois, deux
fois, trois fois…Jusqu’au moment où le créateur/dirigeant craque et dise
« STOPPP, ok je vais le faire.
Promis
 ».

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