Le syndrome de l’ingénieur généraliste

PatrickRey300px Par Patrick Rey (chroniqueur exclusif) - Consultant-formateur, Délégué Régional ITG (Institut du Temps Géré), premier groupe de conseil en portage salarial.

En période de crise, il est tentant pour les cadres de chercher à créer son activité de conseil. Les mieux préparés ou les plus téméraires créent tout de suite leur société, les autres cherchent des solutions d'accompagnement, comme les couveuses ou le portage salarial. Dans les deux cas, une des conditions de réussite sera l'expertise et la volonté de dépasser les obstacles.

Il ne suffit pas en effet d'un diplôme ou d'un savoir-faire mais il faut qu'il soit suffisamment original ou spécifique pour pouvoir cibler les clients à qui il s'adresse. Et c'est là que réside ce syndrome de l'ingénieur généraliste. Certes, il a été formé pour développer cette culture scientifique et technique, cette aptitude à la résolution de problèmes faisant intervenir plusieurs savoir-faire, cette capacité de synthèse et d’intégration de différents systèmes et cette compétence pour mener à bien des projets complexes. Que font trop de jeunes et moins jeunes ingénieurs qui se disent généralistes ? Ils se cramponnent sur des savoirs ou des aptitudes, pas sur une ou deux spécialités à même de répondre à la demande pointue d'un employeur ou d'un client. 

Avec une formation type INSA, l'ingénieur “généraliste” se spécialise, par exemple, en thermique et énergétique, et peut intervenir dans des sociétés de services énergétiques ou auprès d'installateurs CVC (Chauffage, Ventilation, Climatisation). Car, dans son domaine d’activité, un donneur d'ordre a besoin d’un ingénieur connaissant bien son environnement ou à sa production. S'il se présente comme consultant, il doit donc faire ressortir son expertise, car l'entreprise qui fait appel à ses services veut un prestataire percutant et connaissant très bien le domaine du client. Il a besoin de lui dans le cadre d'un projet limité dans le temps ou parce qu'il ne peut pas recruter ce type de spécialiste.

C'est ce syndrome que je retrouve chez les apprentis consultants qui se disent généralistes des RH, car ils peuvent intervenir dans tous les environnements… pourvu qu'on leur fasse confiance ! Et là est bien le problème : le client fera d'abord confiance à une personne qu'il connait, qu'il a déjà rencontré ou qui lui a été recommandée par un proche. Ce syndrome du généraliste, en mal de missions, se retrouve dans bien d'autres domaines, comme les coachs qui pleuvent tous les jours. Ils assurent qu'ils s'adressent à toute personne qui a forcément besoin d'accompagnement, aussi bien le particulier pour son projet de vie que le cadre pour son projet d'évolution professionnelle, ou encore le demandeur d'emploi pour sa reconversion. Qui trop embrasse mal étreint !

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