Les français ont-ils plus d’anglicismes que les Québecois ?

549786_10151406784480073_535111168_nPar Yann Rousselot-Pailley (chroniqueur exclusif) – Associé-entrepreneur chez 2PS

Cela peut paraître un peu hors sujet pour une chronique dédiée à ceux qui veulent entreprendre au Canada. Pourtant, c'est un sujet de conversation très fréquent dans les relations d'affaires entre Québécois et Français. Et ceux qui me connaissent personnellement savent à quel point j'aime l'Histoire, et surtout la petite histoire… Voilà donc une chronique pour nourrir votre curiosité ou vos conversations avec vos employés, partenaires, clients ou fournisseurs du Canada : nous allons parler de la langue !

En effet, les Québécois reprochent souvent aux français les 'nombreux anglicismes' dont serait jalonné leur langage (stop, shopping etc…). Outre le fait que la seule raison pour laquelle ils ne remarquent pas ces anglicismes c'est que ne se sont pas les même, c'est oublier qu'une langue vivante évolue et s'améliore au contact des autres. L'anglais, comme le français, ne font pas exception à la règle. Ces deux langues se sont d'ailleurs fortement influencées l'une l'autre et pas seulement au Québec et en France. 

De nombreux mots et expressions sont passés de l'une à l'autre, et ce tout au long de l'histoire. Nous connaissons l'histoire fantastique de notre langue : le français. Mais par quels méandres est passée la langue anglaise avant même de franchir l'Atlantique ? 

Si vous n'aimez pas les anglicismes vous serez surpris de savoir à quel point l'anglais est plein de "francisismes". 

L'évolution d'une langue internationale

Lorsque Jules César foula le sol de la Bretagne insulaire pour la première fois, aucun des habitants ne parlaient l’anglais. Cette région était habitée par des Celtes ou “Bretons”.

En l’an 43 de notre ère, les légions romaines soumettent les Celtes qui se retirent au pays de Galles, en Écosse et en Irlande. Quelques mots de leur vocabulaire se retrouvent encore dans l’anglais moderne, principalement dans des noms géographiques comme London (Londres) et Kent (le nom d’un comté, qui dérive du mot celtique quanti).

Les Romains occupèrent cette région pendant environ 400 ans. Lors du déclin de l’Empire cependant, on rappela les légions pour défendre les derniers bastions impériaux contre les envahisseurs. Après le départ des Romains, des tribus germaniques, Angles, Saxons et Jutes, conquirent la Bretagne insulaire. Les Angles et les Saxons parlaient une langue presque identique, une forme d’allemand, l’un des membres de la branche teutonique de la famille des langues indo-européennes.

L’anglais tel qu’on le parlait à l’origine

Puisque les Angles avaient conquis le territoire le plus vaste, le pays (Angleterre) et la langue (anglais) prirent le nom de cette tribu. Les écrivains de l’époque appelaient l’idiome anglo-saxon anglisc ou englisc. Celui-ci devait devenir la base de l’anglais moderne, mais il est néanmoins totalement incompréhensible pour ceux qui ne l’ont pas étudié. Les premières lignes d’un célèbre poème intitulé Beowulf et écrit vers l’an 900, sont ainsi conçues :

“Hwaet, we gardena in geardagum theodcyninga thrym gefrunon.” (Voilà que nous avons entendu dire combien les rois des Danois, porteurs de lances, étaient puissants jadis.)

Qualifiée de vieil anglais, cette langue n’est même pas compréhensible pour une personne d’expression anglaise sur mille. La raison en est que près de 85 pour cent des mots du vocabulaire du vieil anglais sont tombés en désuétude. Ceux qui ont survécu sont des termes qui exprimaient des idées fondamentales, telles que mann (man, homme), wif (wife, femme ou épouse), hus (house, maison) et mette (meat, viande ou nourriture). La grammaire du vieil anglais était également très différente de celle de l’anglais moderne. Le vieil anglais était une langue flexionnelle, c’est-à-dire qui exprime les rapports grammaticaux par des flexions ou éléments que l’on ajoute aux substantifs, aux adjectifs, etc. De nos jours, la plupart de ces flexions ont disparu et c’est l’ordre des mots qui détermine leur fonction et le rapport entre eux.

Au cours du neuvième siècle, les Vikings, venus du Danemark, commencèrent à ravager les côtes anglaises. Comme ces pillards semblaient prendre plaisir à se battre et à détruire sauvagement les biens de leurs victimes, le mot berserker, terme viking pour guerrier, fut incorporé dans la langue anglaise sous la forme de berserk, vocable qui signifie “fou furieux”. Les Danois finirent par conquérir l’Angleterre. Ceux d’entre eux qui s’y établirent introduisirent de nombreux mots dans le vocabulaire anglais, entre autres, le terme egg (œuf) et la plupart des mots commençant par sk, tels que sky (ciel), skin (peau), skirt (jupe) et skill (habileté).

Chose plus importante encore, les pronoms, mots qui, en général, reste stable, subirent l’influence danoise. C’est ainsi que certains pronoms scandinaves finirent par remplacer les pronoms anglais. Par exemple, they (ils ou elles), theirs (le leur) et them, (les, eux, elles), sont tous d’origine scandinave.

Le français colonise la langue anglaise

Peu après se produisit un événement qui devait exercer la plus profonde des influences sur la langue anglaise. En 1066, Guillaume le Conquérant, duc de Normandie, envahit l’Angleterre. Il battit le roi saxon Harold près de Hastings (la célèbre tapisserie de Bayeux représente cette conquête de l’Angleterre par les Normands). Guillaume partagea les terres anglaises entre les nobles français qui l’avaient accompagné. Au début, ces nobles utilisaient le français normand, tandis que les vaincus continuèrent à parler l’anglo-saxon ou anglais. Cependant,à mesure que les Normands s’établissaient dans le pays et se mariaient avec les autochtones, les deux langues se mélangeaient. Ce mélange du français et du vieil anglais produisit une nouvelle forme d’anglais, appelée aujourd’hui le moyen anglais. Cependant le français restait la langue officielle de la classe dirigeante. 

En 1204 un événement historique créa une première rupture entre les deux langues : la Normandie est redevenue territoire français. Cette perte pour l'Angleterre a forcé les nobles Français, qui occupaient des postes officiels dans les deux pays, à choisir entre la Normandie et l'Angleterre. Ceux qui ont choisi l'Angleterre sont rapidement "devenus anglais" par souci de patriotisme pour leur pays d'adoption.

Malgré cette nouvelle "vague" anglaise, le règne du français en Angleterre a été prolongé par la venue d'Henri III sur le trône. En fait, Henri III était amoureux de la langue et de la culture française; il a ainsi continué d'"importer" des milliers de Français en Angleterre jusqu'à la fin de son règne en 1272. Ces nouveaux arrivants ont remplacé les Français qui avaient choisi l'Angleterre et décidé de "devenir Anglais" et qui occupaient des postes administratifs importants. 

Les Français-Anglais – appelons-les ainsi – se sont donc rebellés en rejetant encore plus radicalement la langue française. Vers la fin du XIIIe siècle, le français n'était presque plus utilisé par le peuple ni même par une bonne partie de la noblesse. 

L'épidémie de la Peste Noire de 1348 a sonné le glas du français en Angleterre. La peste avait particulièrement frappé les moines dans les monastères. Comme les moines étaient responsables de l'éducation en français, et que la majorité d'entre eux sont morts de la peste, l'Angleterre s'est vue forcée de mettre sur pied un nouveau système d'éducation en anglais. En 1362, le parlement a ordonné que l'anglais soit utilisé dans les cours de justice. Finalement, le XIVe siècle, fut marqué par la perte totale pour le français de son statut officiel et on acommencé à enseigner l'anglais dans les écoles.

Les registres des associations, des villes et du parlement ont bien continué d'être tenus en français pendant encore presque un siècle. Mais cette tradition conservatrice ne reflétait ni la langue du peuple ni celle des affaires, et elle s'est éteinte avec le temps pour finalement céder toute la place à l'anglais en Angleterre.

Il aura fallut 300 ans après la conquête de 1066 pour que le français soit finalement abandonné.

Une époque de grands changements

Le moyen anglais se caractérisait par des changements importants, plus profonds et plus étendus que tous ceux que l’on n'ait jamais vu avant ou après cette époque. La prononciation se modifia lentement sous l’influence des Normands, tandis que les flexions disparaissaient progressivement. Toutefois, les plus grands changements eurent lieu dans le vocabulaire.

Des milliers de nouveaux mots vinrent s’ajouter au vieil anglais lorsque les Normands se mirent à parler cette langue en la semant de mots français. Parmi les nombreux termes anglais provenant de cette fusion des deux langues, citons entre autres : air, chair, dinner, government, judge, paper, prison et towel.

Parfois les mots anglais et français pour un même objet étaient conservés. Le paysan saxon habitait un "hus", tandis que le seigneur français vivait dans une maison. Les deux mots sont restés dans la langue sous la forme de house et de mansion, le premier désignant une simple habitation et le second la demeure d’un riche.
Parfois aussi les deux termes étaient conservés, mais ils revêtaient une signification légèrement différente. Les Saxons élevaient des sheep, des cows, des calves et des pigs. Les “synonymes” français — mouton, bœuf, veau et porc — en vinrent à désigner la chair de l’animal. C’est ainsi qu’en Angleterre on fait l’élevage de sheep, de cows, de calves et de pigs, mais on mange du mutton, du beef, du veal et du pork.

Évidemment, de nombreux mots anglais se perdirent complètement. Le terme anglais inwit, par exemple, fut remplacé par le vocable français conscience. Malgré ces changements profonds, l’anglais conservait ses propres termes pour bien des activités, telles que manger (eat), dormir (sleep) marcher (walk) et chanter (sing).

À l’époque de Geoffrey Chaucer (vers 1340-1400), appelé parfois le père de la littérature anglaise, cette langue “bâtarde” était devenue coulante et souple. Elle commençait à ressembler à l’anglais moderne. En effet, la période de l’anglais moderne commença vers 1450 et dure toujours. Bien des œuvres de Chaucer sont plus ou moins compréhensibles pour l’Anglais contemporain. Lorsqu’il dit qu’un homme est “a verray parfit gentil knyght”, n’importe quel Anglais comprendra qu’il voulait dire “a very perfect gentle knight” (un très parfait et gentil chevalier). Bien sûr, l’orthographe lui paraîtra bizarre.

Cependant, le vocabulaire et la grammaire de Chaucer sont encore très simples. La plupart de ses contemporains étaient d’avis que l’anglais était lourd et grossier, incapable d’exprimer des pensées et des sentiments subtils. Selon eux, celui qui avait quelque chose d’important à dire devait écrire en grec ou en latin, langues que les gens instruits comprenaient. On appelait l’anglais la “langue vulgaire”, et un écrivain anglais déclara : “Les poètes qui cherchent à tailler leurs œuvres dans un marbre durable, doivent employer le latin ou le grec ; nous écrivons sur le sable.”

La Renaissance, essor intellectuel provoqué par la découverte des trésors de la culture et de l’art gréco-latins, renforça cette attitude. Peu à peu cependant, avec l’invention de l’imprimerie et la possibilité pour l’homme de la rue de se procurer des livres, la demande d’ouvrages en langue vulgaire augmenta.

Deux tendances se manifestèrent. La première désirait conserver le grec et le latin, et la seconde voulait améliorer la “langue vulgaire” en lui incorporant des termes empruntés aux langues classiques. Aujourd’hui nous savons laquelle des deux tendances a gagné. L’anglais, la “langue vulgaire”, a remporté la victoire, mais il est sorti de la lutte avec un vocabulaire très enrichi.

Emprunts continuels à d’autres langues

Une grande partie du nouveau vocabulaire dont l’anglais s’est enrichi venait du latin, comme par exemple les mots capsule et disrespect. D’autres termes, comme chaos et climax, dérivaient du grec. Quelques-uns s’opposaient à ces emprunts, mais les vocables nouveaux ne cessaient de se multiplier.

Les érudits n’étaient pas seuls à enrichir le vocabulaire. Les seizième et dix-septième siècles étant l’époque des découvertes, des explorateurs ouvraient de nouveaux champs au commerce. Certains se rendaient dans les pays avec lesquels ils faisaient des échanges commerciaux et commençaient même à les coloniser. Les voyageurs anglais qui revenaient d’Italie parlaient une langue émaillée d’expressions italiennes, langue que leurs compatriotes trouvaient amusante et maniérée. Aujourd’hui toutefois des mots comme algebra, violin et volcano n’ont rien de maniéré, et pourtant ils sont aussi italiens que piano et pizza.

Les navires britanniques allaient jusqu’en Amérique du Sud, colonisée principalement par les Espagnols et les Portugais ; là ils combattirent les Espagnols dans la mer des Antilles. Les marins rapportèrent donc des termes espagnols et portugais comme alligator, apricot, cannibal, canoe, hammock et hurricane.

Des marchands, à bord de petits voiliers battus par les vents , contournaient le cap de Bonne Espérance et avançaient péniblement vers l’Inde et la Chine. Ils revenaient chargés de soieries et d’épices et parlaient de junks, de coolies, de china et de tea.

Des pionniers traversaient dans des chariots bâchés les vastes plaines américaines et utilisaient dans les lettres qu’ils envoyaient à leurs parents en Angleterre, des mots comme hominy (bouillie de farine de maïs), chipmunk (tamias) et raccoon (raton-laveur), empruntés au vocabulaire des "Indiens" d'Amérique. Le terme Sequoia était à l’origine le nom d’un chef Cherokee.

L’esprit d’exploration et d’aventure ouvrit donc des horizons pleins de promesses. Les expériences et les produits nouveaux ajoutaient d’autres mots à la langue. Il suffit de feuilleter pendant quelques minutes un dictionnaire étymologique pour constater que l’anglais a emprunté des termes au russe, à l’hébreu, à l’arabe, au hongrois, à l’hindoustani, au bengali, aux idiomes de Java, d’Australie, de Tahïti et de bien d’autres pays encore.

En se référant encore au dictionnaire étymologique, on peut apprendre d’où dérivent des mots comme jaguar, rickshaw (pousse-pousse) et mongoose (mangouste). Même des termes qui paraissent être tout ce qu’il y a de plus anglais comme measles (rougeole) et golf, se révèlent être d’origine néerlandaise, tandis que candy vient du mot arabe qandi.

Cet enrichissement du vocabulaire s’est poursuivi jusqu’aux dix-neuvième et vingtième siècles. Certains termes comme zipper (fermeture à glissière au Québec ou fermeture éclair en France) sont des noms de marque déposée entrés dans la langue. Les domaines de la médecine, de l’électricité et de la physique ont donné naissance à d’innombrables néologismes. En effet, pour Shakespeare, des termes comme penicillin, endocrine, dynamo, quantum ou radium, seraient incompréhensibles, de même que carburetor, hubcap, (enjoliveur en France ou cap de roue au Québec) et sparking-plug (bougie d’allumage).

Parfois on forme un nouveau mot en juxtaposant deux anciens, comme dans le terme steam-roller (rouleau compresseur). D’autres néologismes comme limousine dérivent de noms propres. L’anglais a si bien assimilé tous ces mots que pour les personnes d’expression anglaise ils n’ont plus rien d’étranger. Cependant, leur origine étrangère se reflète dans l’orthographe. À la différence de l’espagnol et de l’italien notamment, en anglais des mots contenant des syllabes qui se prononcent de la même manière, s’écrivent souvent de façon différente, comme shoe, blue, crew, too, et through. Ce sont souvent les emprunts aux autres langues qui expliquent l’illogisme de l’orthographe anglaise. On a fait de nombreux efforts en vue de la réformer, mais il n’y a guère de chances, semble-t-il, que ceux-ci aboutissent un jour.

C’est ainsi que le curieux méli-mélo du quinzième siècle, qualifié avec mépris de “langue vulgaire”, a évolué de manière à devenir une importante langue internationale dotée de l’un des vocabulaires les plus riches du monde. 

Le français est-il vraiment moins riche que l'anglais ?

Cet énorme vocabulaire n'est bien évidemment pas utilisé, ni même connu par tous les anglophones. Alors peut-on vraiment dire que l'Anglais est plus riche ? 

Certes, le Français est parlé par moins de locuteurs à travers le monde (220 Millions dont 115 millions de natifs) que son cousin l'anglais (1 milliard dont 330 millions de natif). Le nombre de mot d'une langue est difficile à compter mais même avec les plus généreuse estimations le français ne propose "que" 250 000 de mots à ses utilisateurs alors que l'anglais en compterait plus de 750 000, certains parlant même d'un million de mots. C'est logique, puisque plus de personnes "inventent" régulièrement de nouveaux mots.

De plus, à l'époque des colonies, les gens développaient fréquement un vocabulaire spécifique (comme le Brésil avec le Portugal ou encore les pays d'Amérique Latine avec l'Espagne). Et leurs descendants continuent de le faire depuis, ce qui augmente encore le nombre de mots utilisés.

Le dictionnaire n'est qu'un fragment de la langue immortalisé sur papier. Le dictionnaire de la langue anglaise ne comporte pas plus de mots que celui de langue française. Mais disons que lorsque vous voyez un dictionnaire anglais, il est encore plus éloigné du corpus de mots disponibles pour les anglophones, que le français. Tous ces mots, sont-ils une vraiment menace ?

L'anglais menace t-il vraiment le français ?

Bien des mots sont régionaux (peinturer par exemple) et la vie de tous les jours ne nous améne pas à prononcer régulièrement des mots comme cataphalqueux, cuistre, ou rutacée. Pourtant, un Francophone, tout comme un Anglophone, ne peut pas connaître tous les mots de sa langue. Dans toutes les langues, environs 3000 mots suffisent pour le language de tous les jours. Certains sont très propre à la langue, d'autres sont empruntés à des langues qui sont ou ont été influentes dans la région. Toute la question consiste à savoir quels mots seront choisis localement par les les locuteurs. 

Une menace, c'est quelque chose qui nuit, qui fait perdre, qui ôte et prive quelqu'un au bénéfice d'un autre. Alors l'anglais et sa progression actuelle menacent-il le français ? En fait toutes les langues subissent une certaine pression de l'anglais actuellement. Le français subit-il cette pression plus que les autres langue ?

On pourrait le croire vu du Québec. Mais c'est oublier que les francophones, via les quebecois aussi, enrichissent notre langue avec les divers fiter (to fit), matcher (to match), canceller (to cancel), céduler (to schedule), brassières (bra) et j'en passe et des meilleurs. D'ailleurs, les québécois forment plus souvent les angliscismes à partir des verbes alors que les Français le font plus souvent à partir des noms communs.

D'ailleurs, il peut être difficile de définir ce qu'est vraiment un angliscisme. Les langues sont si dynamiques depuis la banalisation des échanges internationaux que certains mots deviennent des boomerangs étymologiques.

Par exemple, Flirter, vient de l'anglais to flirt ; mais cette expression vient elle-même du français "compter fleurette". Autre exemple, barbecue vient du français Barbe à Cul. Lorsqu'on embrochait un animal pour le faire cuire – les méchouis du moyen age en quelques sortes – on le faisait de la barbe au cul !

Le mot budget, vient certes de l'anglais. Mais dans sa graphie originale bouwdgett on reconnait mieux son ancêtre français, le mot bougette, qui était une petite sacoche que l'on accrochait à sa ceinture pour y mettre son argent, petite sacoche qui suspendue de la sorte bougeait tout le temps. De même, le tunnel que nous ont donné les anglais était à l'origine une tonnelle en français.

Les emprunts sont parfois encore plus tortueux. Lorsque les Francais nomment tennis, la chaussure de sport, c'est en référence à ce sport que nous ont offert les anglais, et pour lequel des souliers adaptés ont été introduit sur le marché français. Mais c'est oublier que ce jeu a été emprunté et modifié par les anglais aux français qui étaient coutumier du jeu de paume. Lorsque l'on servait, il était de bon ton d'avertir son adversaire en lui lançant un "Tenez" dont le z était autrefois prononcé. 

On pourrait considérer, que le français fut une grande menace pour le viel anglais. Il a d'une certaine manière triomphé. Mais le français de l'époque n'a pas remplacé l'anglais. Il l'a enrichit pour donner naissance à une langue grammaticalement plus simple, et pourtant plus riche au niveau du vocabulaire. Qui a perdu, qui a été lésé ? Personne !

Il est difficile de prédire ce qu'il adviendra du français et de l'anglais contemporain. Mais dans le pire des cas, même si le français disparaissait au profit de l'anglais, une grande quantité de mot français survivraient dans l'anglais. Cet événnement est fort heureusement très improbable grâce au effort conscient de tous les francophone de préserver leur culture…Mais il y a fort à parier que dans 300 ans les guerres linguistiques d'aujourd'hui sembleront bien incongrues.

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