Lettres entrepreneuriales : comment peut-on rester Entrepreneur ?

Watine_jeanluc Par Jean-Luc Watine (chroniqueur exclusif) – Spécialiste dans l'optimisation du statut du dirigeant

La France
est le pays qui a été à l’origine du mot « entrepreneur », compris et
utilisé partout dans le monde mais qui, aussi, paradoxalement, aime le moins
ses entrepreneurs : fiscalité alourdie sur les hauts salaires, alignement
fiscal du capital et du travail dont les effets vont décourager  l'esprit d'initiative des entrepreneurs,
l’envie d’entreprendre et la création d'entreprise. Certains, même, sont
condamnés à s’exiler en Belgique, Angleterre, Suisse, Monaco, Moscou et
pourquoi pas, en Mordavie ou en Perse ?

Les Anges d’Affaires, ou Business Angels, (les gaulois sont friands de mots anglais mais
critiquent souvent la culture britannique), sont au nombre de 10.000 en France
contre 50.000 au Royaume Uni : ils sont en voie de diminution notable à la
suite de ces toutes nouvelles lois fiscales. L’utilité de ces BA ou AA réside
dans l'apport financier qu’ils fournissent aux start-ups lors de leur démarrage
alors que la preuve du concept n'est pas encore faite et que les fonds restent
difficiles à obtenir, notamment auprès des banques, souvent très frileuses à ce
stade de lancement.

Les
start-ups dépendent donc étroitement de l’état de  santé des business angels qui sont
malheureusement menacés par l'imposition accrue des plus-values lors de la
sortie du capital des start-ups qu'ils ont tenues à bout de bras à leurs débuts
: tout l'écosystème financier et innovant est menacé.

Les Business
Angels de nationalité gauloise qui resteront en France sans s'exiler vont
devoir  une nouvelle fois faire preuve de
résilience : s'adapter pour survivre…

Des
initiatives encourageantes sont tout de même à noter dans ce pays
contradictoire, ce qui leur permettra peut-être de surnager dans la tempête
fiscale : Angel Source et le PEA-PME.

Angel Source
sera un fonds national de co-investissement avec des Business Angels  pour une dotation en capital de 20 millions
d'Euros. Une levée de fonds est prévue entre le Fonds National d'Amorçage (FNA)
et une vingtaine de Business Angels, entrepreneurs et cadres dirigeants.

Angel Source
financera des sociétés en phase d'amorçage dont les activités se situeront dans
les technologies de l'information, l'économie numérique, la santé, ou les
technologies vertes, dites cleanntechs (cette 
peuplade étrange importe souvent des mots étrangers…).

Le PEA-PME
sera un livret nouveau d'épargne grand public fléché vers les PME et assorti
d'avantages fiscaux spécifiques. Ce produit financier  pourra gérer chaque année 2,5 milliards
d'Euros de liquidités nouvelles pour les PME en incluant tous les titres
mobiliers, supports de l'épargne longue, émis par les PME : actions,
obligations convertibles ou non.

La création
d'un Fonds d'Investissement et de Soutien aux Entreprises (FISE) serait aussi à
l'étude, après de nombreuses commissions dont raffolent leurs fonctionnaires
zélés sur un modèle analogue aux fonds de capital-risque ou de
capital-développement pour près de 5 milliards d'Euros en direction des PME.

Les idées
fourmillent dans ce pays un peu fantasque afin de restaurer, malgré toutes les
bévues de ses habitants, l'esprit d'entreprise et le lancement des start-ups :
croisons les doigts pour eux afin que tout cela se réalise avec bonheur et sans
contre-mesures malheureuses !

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