Marie Chemorin : Ethnologue + reporter = cuisinier écrivain

Januel_sophie
Par Sophie Januel (chroniqueur exclusif) – Facilitateur en "Gestion et organisation Back-office PME" pour entreprises agiles !

Découvrir la richesse de la diversité des parcours, des
talents qui se révèlent sont les friandises de tout recruteur, connecteur
sortant de sentiers balisés, flânant au gré des traces de liens faibles et
entrouvrant la porte de nano-réseaux : des rencontres improbables mais
riches d’entrepreneur. Je vous présente Marie
Chemorin
: attention talent !

Marie, j’ai participé à un atelier cuisine organisé par
Wally Montay, qui fut pour moi l’occasion de vous rencontrer et de découvrir
vos parcours atypique.

1) Qui êtes-vous  et que faîtes-vous ?

Marie Chemorin est le nom de mon
entreprise et le mien ! Mon parcours est vécu comme singulier car avant de
passer mon cap de cuisine en 2000, j’ai été reporter pendant 10 ans et encore
avant j’ai passé un doctorat d’ethnologie bien loin de la cuisine. La cuisine
est une passion pour moi au même titre que l’écriture d’ailleurs, un moyen
d’expression. Je ne l’ai pas choisie, elle s’est imposée à moi comme une
évidence, à mon corps défendant. Je suis cuisinière privée ce qui signifie que
je fais des repas à domicile chez des particuliers ou pour des entreprises et
viens d’ouvrir un atelier le KItchen Flat où je transmets mon savoir–faire. Je
suis aussi écrivain culinaire.
De plus, je conseille des marques culinaires.

2) Quelle
furent les réactions de votre entourage proche à l’annonce de cette
aventure
?

Dubitatives
et peu encourageantes. Genre «  tu n’es pas faite pour ça. »
« Tu es écrivain et tellement mauvaise gestionnaire, tu n’y arriveras
pas. » Je crois en fait que troquer l’aura de l’intellectuelle pour un
tablier de cuisinière paraissait impensable.

3) Quelles valeurs vous animent ?

La
transmission, la générosité Un mot aussi me tient à cœur la rigueur. C’est un
métier magnifique dans lequel, crois qu’enfin je peux réunir toutes les
facettes de mon personnage et être enfin vraie. La convergence de mes
compétences et valeurs est totale : je m ‘épanouis complètement.

Plus de
faux-semblants. Sereine et libérée, j’ai dépassé ma peur de ne plus pouvoir
écrire. Mon écriture est plus dense, plus fluide et sincère.

4) Vous
préférez à agir en
:

Je suis en mode souple : en collaboratif avec une
assistante à temps partagé, et en mode partenariat sur les extras ou les
grandes opérations. Pour l’étape de création, j’aime la faire seule ou partager
avec les partenaires du moment dans mes réseaux.ainsi, j’apprécie tout
particulièrement la caviste Nadine Decailly, la fleuriste Garance, l’éditrice
Elise Millicevich.

En service lors des repas ou buffet,c’est un immense
plaisir de travailler en équipe bien que les coups de feu soient difficiles à
gérer. Il faut être bien épaulée. La personne idoine n’est pas toujours facile
à trouver.

5)  Si c’était à refaire, que changeriez-vous ?

J’aurais aimé changer de voie un peu plus tôt. Pour
le reste, ce sont plutôt des changements psychologiques. Devenir chef
d’entreprise quand on est une pure intellectuelle demande du temps et une
intense remise en question. J’ai fait ce que je pouvais. Je pense que j’aurais
du rencontrer beaucoup d’autres chefs d’entreprise confrontés aux mêmes
problèmes que moi, cela m’aurait aidée. Consciente de ce besoin, je tente dès
que possible ce type d’échanges, indispensable pour avancer.

6) Selon vous, que signifie « réussir» ?

Réussir, c’est avant tout être
épanouie dans ce qu’on fait. Accepter que réussir c’est ne jamais cesser de
lutter autant dans sa vie privée que professionnelle. L’argent : je ne
rêve pas d’être côtée en bourse, mais vivre bien sans souci majeur serait pour
moi une vraie victoire sur moi-même.

7) Avez-vous rencontré des difficultés particulières
lors de vos démarches
 ?

Aucun problème de banque mais des
rencontres malheureuses avec des organisations d’aides à la création
d’entreprises, des gens incompétents qui m’ont fait faire des erreurs comme
trop d’emprunts.

8) Quel message souhaiteriez vous communiquer aux
aspirants entrepreneurs
?

On est plus ou moins fait pour devenir
chef d’entreprise.Cela demande une certaine force, une grande détermination et
beaucoup d’audace. Personne n’aurait parié un sous sur moi et pourtant….Alors,
ne vous découragez jamais mais ne vous faites pas dévorer non plus. Si vraiment
votre projet vous tient à cœur, battez- vous malgré les échecs.


La
question à laquelle tu aimerais répondre :

Avez-vous des
garde-fous ? Lesquels ?

Longtemps j’ai marché sur une corde raide sans garde-fous,
fonctionnant au jour le jour. Depuis quelques temps, j’ai compris qu’il fallait
s’inventer des sas de sécurité où pouvoir respirer et se débrouiller pour avoir
une trésorerie qui permette au moins de voir à long terme. Et ça marche, la
curiosité aide beaucoup à chercher des solutions pour se rassurer quand on est
indépendante et que la conjoncture est difficile. J’ai imaginé des situations
de repli au cas où ….être cuisinière est d’ailleurs le garde-fou par
excellence, on peut se recycler n’importe où, c’est plus stable que l’écriture.

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