Mompreneurs : les championnes de « l’esprit du garage »

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Par Valérie Weill (chroniqueur exclusif)– Consultante et accompagnatrice en création/développement d’entreprise

Depuis quelques temps, on s’intéresse de plus en plus en France au phénomène des Mompreneurs, c’est-à-dire des mamans entrepreneuses. Qu’est-ce qui pousse donc des mamans, la plupart du temps salariées, à plaquer leur boulot parfois très confortable pour créer leur propre business tout en conciliant en même temps leur vie personnelle et leurs enfants à éduquer ? Et bien, il y a plein de raisons, en voici quelques unes :

– le syndrôme du placard au premier ou au deuxième enfant, car l’entreprise pense alors que la maman ne peut plus suffisamment se rendre disponible, qu’elle sera moins mobile, moins impliquée, plus tiraillée entre son rôle de mère et de salariée,… Or, le lancement officiel à l’Assemblée Nationale de l’Observatoire de la parentalité en entreprise, www.observatoire-parentalite.com , ne date jamais que du 20 Novembre 2008 et ne compte encore que 70 entreprises signataires de la Charte de la parentalité : c’est dire si nous en sommes sur ce plan qu’aux balbutiements…

– l’envie de se réaliser personnellement et de donner un sens à sa vie, la volonté de créer utile  – et ce sans sacrifier sa vie personnelle au détriment du professionnel,

– l’envie de relever un challenge et de se montrer ainsi qu’à son entourage  – ses capacités à entreprendre, à prendre des risques, à suivre un projet et à le concrétiser,

– l’envie de pouvoir organiser son temps et de le gérer mieux qu’avant. Par exemple lorsque l’on était salariée et que l’on priait pour que le suppo de Doliprane donné le matin avant de partir à la crèche suffise jusqu’à 18 heures – et que la crèche n’appelle pas en pleine journée pour vous demander de venir récupérer votre enfant malade… Car trop rares encore sont les crèches qui appellent les papas dans ce cas de figure bizarrement…

– l’envie de pouvoir créer son propre emploi et de créer ou développer son indépendance financière – même si bien sûr celle-ci n’est pas immédiate au démarrage, cela reste tout de même l’objectif de la grande majorité des créatrices d’entreprise,

– l’envie de suivre une passion mise de côté depuis longue date, un hobby ou bien une dextérité pour créer des objets, pour dessiner, créer, etc, que l’on a étouffée pendant de longues années derrière des études et un job “bien comme il faut”…

– l’envie de mettre à profit l’énergie créatrice très forte ressentie par de nombreuses mamans, qui se sentent pousser des ailes au moment de leur grossesse et de la naissance de leurs enfants et qui en même temps prennent du recul sur ce qu’elles veulent vraiment de leur vie pro et perso,

– …

Bref, des raisons de passer le cap de la création d’entreprise lorsqu’on est maman – salariée ou non – il y en a beaucoup ! 

Ainsi plusieurs articles de presse et même des reportages télés ont été consacrés dernièrement à ce sujet, qui attise assez la curiosité des médias. Ceux-ci semblent d’ailleurs partagés entre pour certains le désir de montrer des femmes chefs d’entreprise aux success stories rutilantes – mais qui qui ne sont pas très représentatives de la majorité des Mompreneurs –  et pour d’autres le désir de montrer des mamans entrepreneuses “typiques” qui jonglent de manière plus prosaïque et plus réaliste entre gestion de leur entreprise à la maison, enfants et vie personnelle…

Personnellement, j’accorde plus de crédit aux mamans entrepreneuses “typiques” – dont je fais partie et que je connais très bien pour les accompagner au quotidien dans leurs projets de création d’entreprise, car je trouve particulièrement intéressant de souligner leur  capacité à se débrouiller et à être les championnes de “l’esprit du garage” pour démarrer leur petite entreprise.

Qu’est-ce que j’entends par championnes de ”l’esprit du garage” ? Et bien, c’est un mélange de différentes choses, comme par exemple :

– la capacité à démarrer son entreprise de chez soi, c’est-à-dire souvent coincée entre un petit bureau dans le salon et le berceau du bébé à proximité de main :)) ;

– le fait d’envisager dans un premier temps sa création d’entreprise comme la création de son propre emploi – c’est déjà pas mal par les temps qui courent – et de n’envisager d’avoir des salariés qu’à plus ou moins long terme,

– la capacité à démarrer son entreprise avec les moyens du bord, tant sur le plan financier que sur le plan des moyens opérationnels,

– la capacité à gérer en même temps au quotidien les enfants et la vie professionnelle – faute de trouver une place en crèches, car pas de fiches de payes à présenter … ou bien le fait de recourir à Maman pour garder son petit bout, car tout le monde n’a pas forcément les moyens de se payer une nounou…,
– la capacité à garder ce “feu créateur” des débuts, y compris après la fin de la troisième année quand on regarde avec résignation son appel de cotisation Ursaff …

– la  capacité à garder son self control et son sourire – notamment comme Nadia Djekboubi du site www.instemporel.com quand son enfant arrache la prise de téléphone au moment où elle négocie ferme avec un fournisseur :)) …

– la capacité à s’entraider entre femmes entrepreneures et à se rendre des services, sans être dans une optique de concurrence quand bien même chacune défende son commerce sur le net, comme par exemple avec l’initiative du Marché de Noël des Mampreneurs,…

– … et il y aurait encore tant à dire …

En tout cas, si vous vous reconnaissez dans ce portrait et cet état d’esprit de Mompreneurs, vous pouvez rejoindre le sympathique réseau des Mampreneurs, fédéré par Céline Fénié, gérante de www.mamanshopping.com et chroniqueuse ici et retrouver toute l’actualité des Mompreneurs sur son blog : http://www.mompreneurs.over-blog.com.
Et vous, vous en êtes où avec « l’esprit du garage » ?

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