Un seul mot d’ordre : faire rêver

Kevin StraszburgerPar Kevin Straszburger (chroniqueur exclusif)

Une chose m'obsède depuis un petit moment : comment influencer les autres ? Comment être écouté ? Comment se faire respecter ? Et en fait, j'ai l'impression de comprendre aujourd'hui quel est l'ingrédient magique, la potion, la formule, et cela ne tiendrait qu'en deux mots : faire rêver.

Que l'on soit un père en recherche d'autorité vis-à-vis de son enfant, un candidat à l'élection présidentiel, un capitaine d'équipe sportive, un entrepreneur, un lobbyiste, plus globalement une personne qui veut faire changer quelques comportements, on ne doit avoir en tête qu'une seule et unique chose : inspirer.
L'inspiration, cet élément moteur pour nous tous.
 
Prenons la cigarette. En soit, ça n'a rien de bon (je parle de goût), on sait que c'est dangereux (et beaucoup de gens se font un plaisir de nous le rappeler), ça coûte cher (et de plus en plus) et pourtant, la France compte plus de 15 millions de fumeurs, un tiers des 12 – 75 ans ! Je vais me faire l'avocat du diable (une fois n'est pas coutume) et dire que je comprends.
 
Oui, parce que ce qui me parle, c'est Iggy Pop et Tom Waits en train de s'en fumer une, parce que j'aime Serge Gainsbourg, ce fumeur de gitanes, parce qu'Uma Thurman est sexy dans Pulp Fiction et que sa cigarette y est pour beaucoup.
 
Alors oui, "Sex, drugs & Rock'n'roll" est beaucoup plus attirant que "fais attention à ta santé" et ça, il faut l'admettre. Je connais des parents qui ont tenté toute leur vie de se faire respecter par leurs enfants, à coup de fessés, de claques, de punitions, et ils n'y sont jamais arrivés, le problème avec cette stratégie est que l'enfant grandit, très vite il n'a plus mal, plus peur et c'est perdu.
A l'inverse j'en connais aussi qui disent les chose une fois, et toute la famille les écoute, pourquoi ? Le charisme diront certains, en effet, mais derrière, toujours l'inspiration, l'admiration, le rêve.
En ce moment je me pose beaucoup la question à propos de l'écologie. Plus concrètement sur ma façon de manger, ma consommation, mon rythme de vie etc. Et je m'interroge, nous tous occidentaux savons qu'à ce rythme, la Terre va droit dans le mur mais peu importe, ce discours de peur ne nous fera jamais changer quoi que ce soit.
 
A l'inverse, je n'ai jamais vu autant de vélos dans Paris depuis que ça paraît cool, que c'est "branché", je veux des lunettes en bois parce que Stella McCartney m'a fait rêver.
J'en arrive à la conclusion que seul le rêve engendre des changements, et plus le changement est grand plus le rêve doit être inspirant. On peut trouver cela dommage mais non, moi je trouve ça beau en quelque sorte, le tout est de le savoir. Dit autrement, ce que je pointe ici, c'est que l'imagination, l'émotion sont des sentiments plus forts en l'homme que la raison. Et j'y souscris.
Avec Ben & Fakto, nous proposons par exemple des jeans bio pour femmes. Il est de notre devoir de comprendre que la stratégie n'est pas d'expliquer que la culture biologique est moins consommatrice en eau etc etc etc… mais juste qu'avec ce jean, vous êtes plus sexy, que de voir vos fesses ailleurs que dans un Levi's, ça fait du bien, vous cultivez votre différence, ça vous rend plus attirante.
 
Le plus dur reste à faire bien entendu mais comprendre que l'Homme marche à coups de rêves est déjà un premier pas. Maintenant je m'y attèle. En ce qui me concerne la question est la suivante : comment vous détourner de The Kooples et Pete Doherty pour vous proposer une mode plus alléchante et plus authentique.
Si vous avez quelques pistes, je suis preneur 😉
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