L’innovation, l’étincelle à partager dans le moteur des PME

Ouvr_nathalie_3 Par Jean-Marc et Nathalie Ouvré (chroniqueur exclusif)Brocanteo – Boutique de brocante et de décoration

Innover : vaste sujet sur lequel tout a dû déjà être écrit, mais pourquoi évoquer l'innovation comme "l'étincelle" du moteur des entreprises ? Un moteur a besoin d'étincelles, l'innovation peut en être une parmi d'autres, peut-être plus amusante ou étonnante à mettre en pratique, plus facile à partager, notamment à l'inventer ou la mettre en place à plusieurs.

La meilleure des innovations est celle qui est perçue comme une avancée et dans laquelle tout le monde en retire un gain, presque invisible mais remarquable. Pourtant dès que l'on pose concrètement la nécessité d'innover ou que l'on parle d'innovation, on sent que la réaction est que l'innovation doit être l'affaire de spécialistes qui savent innover (R&D, centre de recherches, la nécessité d'avoir des budgets), et non vous et les autres. On voit tout de suite LA grande innovation, l'invention, le brevet, la spécialisation ou le design – là on sent bien l'innovation comme quelque chose de  palpable. Dans ce cas, l'effort d'innovation touchera des domaines précis et oui c'est dans la plupart des cas l'affaire – à un moment – de spécialistes. Et pourtant…

Pourtant dans une entreprise (ou n'importe quelle organisation de n'importe quelle taille) tout le monde est capable de trouver des innovations ou en tout cas de trouver ce qui nécessiterait une innovation, le terrain, la plainte, l'envie. Car nos spécialistes ne peuvent pas sentir tous les rouages et mécanismes qu'ils ne vivent pas eux mêmes. Oui il est possible d'innover dans tous les domaines, ensemble. Cela a-t-il un prix ? Forcément, pas obligatoirement élevé, dépendant des forces que l'on a ou à investir ou encore des choix et processus à mettre en place pour arriver au but. Faut-il avoir un but bien défini ? Pas forcément mais c'est mieux pour rendre des compte et "coller" aux attentes.

Oui il faut viser le quotidien, viser l'astuce, le petit grain qui améliorera le quotidien, celui des employés comme celui des clients. Pas la peine de demander ce qu'il faut faire au client, ils vous diront juste ce qu'ils aiment ou n'aiment pas dans l'existant que vous leur proposez déjà. On peut aller plus loin mais le plus simple est parfois de déjà regarder et écouter ce dont ils se plaignent. En effet cette matière est déjà propice à beaucoup d'innovations (petites touches ou profondes). L'innovation n'est pas toujours à trouver dans l'entreprise mais dans son environnement.

Faut-il canaliser l'innovation dans une entreprise ? OUI mais juste pour  l'officialiser et donner confiance, pas trop l'organiser, la démontrer et en parler, très vite l'adopter, ne pas laisser le doute s'installer. Ne pas favoriser ceux dont c'est le métier par rapport à ceux qui par des petites touches peuvent améliorer un processus quotidien par exemple.

Sans formalisation aucune j'écoute ce que Nathalie évoque au quotidien comme freins dans l'activité ou ce qui pourrait être amélioré, on évoque aussi ce qui est fait dans un commerce traditionnel ou ce que l'on voit sur internet, à la télé, dans les magazines, ce qu'on lit dans les mails que l'on reçoit, ce que nous dise nos amis. J'observe aussi ce que Nathalie ne fait pas ou n'a pas le temps de faire. Avec ces 3 types d'éléments, on peut développer des innovations pour avoir un service plus utilisable, faire bénéficier les clients d'amélioration, improviser un nouveau produit, comme un peintre qui tremperait son pinceau consciemment dans une autre couleur, pour voir…
Des fois sortir des sentiers battus c'est qu'il faut savoir ne pas demander l'autorisation, faire et tester, (se) lancer, observer. Ce qui répond à la définition du rôle du chef dans le processus d'innovation : il doit autoriser. L'autorisation peut tuer l'innovation, l'élan, l'envie, en dénaturant l'étincelle de départ.

A quel moment une entreprise doit-elle innover ? Dès qu'elle a un peu de temps ! Bon, il ne faut pas innover pour innover, on ne peut pas se réveiller un lundi matin, en se disant que l'on innove tous les jours, à telle heure, à telle occasion. Cependant, dans une phase de défense ou une phase d'attaque, il faut probablement aller puiser dans d'autres idées battues et rabattues et oser innover, cela sera toujours une occasion de mobiliser autour d'un cause et d'un environnement. Services et produits, production et commerce, on peut innover dans à peu près tous les domaines, déjà en évoquant les petits soucis ou ce que l'on aime bien chez les autres.

Quels sont les outils dans cette proche d'étincelle partagée ? Pas forcément une boite à idée, mais une boite à "trucs" à faire mieux c'est déjà pas mal, cette boite doit par contre ne pas être fermée et "tenue" – un simple tableau avec des post-it ou un tableau blanc c'est beaucoup mieux dans une petite structure. Les vrais outils sont : Oreilles, yeux, parole, écrits communicants sont les principaux. Oreilles et yeux pour observer, s'observer et analyser, parole et écrits pour retranscrire et explorer. Aller vite à évoquer des solutions parce que sur le domaine de la petite entreprise du quotidien, on est vite dans le concret, dans la recette efficace. Enfin, ne pas avoir d'orgueil, une solution qui paraissait bonne au concepteur était peut-être pas adaptée à un usage et l'innovation c'est aussi remettre en question ce que l'on pensait adapté et qui ne l'est pas. La boite ouverte on y trouvera le terrain pour innover, il faudra rester ouvert et transparent. Enfin il faut toujours que le processus soit comme le principe, amusant, intéressant, transparent, confiant et raisonné à la fois.

Alors, à vous (nous) de jouer, déclenchez les étincelles !

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