Retour de Chine : la France est présente mais peut mieux faire !

Jean-Luc WatinePar Jean-Luc Watine (chroniqueur exclusif) - Spécialiste dans l'optimisation du statut du dirigeant

La France a reconnu la Chine, la première en 1964, sous le Général De Gaulle, très respecté ici, et bénéficie donc d’une place spéciale dans le cœur des Chinois, le romantisme de Paris en plus !

L’arrivée à Shanghaï s’effectue sous des auspices favorables pour un Français : l’ex-concession française le rassure avec son avenue Huailai, ex-Joffre, bordée de platanes. C’est une vitrine commerciale  où sont présentes les marques françaises : Dior, Louis Vuitton, Chanel, Hermès, Guerlain, Cartier, l’Oréal. Accor, Danone et Carrefour (236 hypermarchés) sont aussi présents.

Sun Yat-sen habitait rue Molière, dans une maison en meulière, on peut y trouver un abonnement en français, datant de 1919, signé avec la compagnie générale d’électricité. Chou En-lai a aussi habité  une maison similaire dans l’ancienne rue Massenet. Plus loin, se trouve l’ancien Cercle sportif français où on jouait au tennis et à la pétanque. Mao Tsé-toung y a séjourné en 1959.

Dans les rues, quelques automobiles Peugeot se perdent dans la foule des voitures allemandes : Mercédès, BMW, Audi et Porsche. Une publicité pour les modèles DS-Citroën par Sophie Marceau est aperçue à l’aéroport. Inès de la Fressange vante les mérites d’une entreprise de confection.

Le métro de Hong Kong a été réalisé par Alsthom. La présence française y est forte par le nombre de ressortissants : 17.000 français y vivent. Les produits de luxe, l’hôtellerie et la restauration sont omniprésents : 60 millions de touristes chinois du continent viennent faire leurs emplettes.

La Chine change son modèle économique : moins investir et consommer, moins attirer du capital et en exporter plus : des entreprises sont à vendre en Europe et sortir les capitaux de Chine est une façon de faire baisser le Yuan sans réaction négative des USA.

La stratégie chinoise se développe en 3 temps :

1/ Sélection des start-ups et ETI prometteuses en Europe et en France.

2/ Prise de participation au capital sans susciter de réactions protectionnistes.

3/ Création d’une filiale commune en Chine pour profiter du marché avec les meilleures introductions et accroître la taille de l’investissement côté européen comme chinois.

La Chine cherche des alliés et la France est bien placée. Nous devons préparer et renforcer nos entreprises : baisser la fiscalité et les charges sociales, leur faciliter la vie économique et juridique pour les soutenir et les valoriser.

Il s’agit de mettre l’accent sur nos positions fortes : agroalimentaire, design, numérique, énergie propre face à la pollution en Chine, recyclage, transports et aéronautique, hôtellerie et restauration dont la Chine a grand besoin. Des task-forces franco-chinoises devront défricher ensemble en termes de recherche et d’innovation pour créer un véritable partenariat économique et financier.

Shenzhen est, par exemple, la ville spécialisée dans le high tech : Med, Imaze et Nevo sont des start-ups françaises qui l’ont rejointe : elles sont gagnantes sur le plan productif et les Chinois profiteront du design tricolore, très réputé. De même, l’écosystème Euratechnologies à Lille invite ses 150 entreprises participantes à se lancer sur le continent asiatique. Réveillons-nous avec la Chine ! 

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