Savoir dire merci

Par Bertrand Duperrin (chroniqueur exclusif) – Consultant en Management

En général nous nous efforçons d'éclairer la lanterne d'entrepreneurs  ou de managers sur la manière d'appréhender les challenges qui vont  émailler leur parcours. Je dis appréhender plutôt que résoudre car en  fait de relations managériales, chaque cas étant spécifique, autant  il est possible de donner des clés permettant de comprendre une  situation autant il est illusoire de proposer une recette magique  pour la gérer.

Ceci étant dit, je voulais pour cet article m'intéresser non plus au  manager mais au collaborateur. Car les rapports humains dans  l'entreprise sont, quoiqu'on en pense, bijectifs. Et si pour avancer  il faut que certains soient de bons managers, il n'en reste pas moins  qu'il faut que d'autres soient de bons managés. Ou en d'autres  termes, il est impossible d'avancer à deux lorsqu'un seul tire la  charrette. Et je suis content que Laurent Tilski ait publié cet  article – Chef sachez me féliciter : J’ai besoin de reconnaissance ! – il y a quelques jours car il me sert de pendant  idéal.

On attend beaucoup du manager ce qui semble logique vu son rôle. Il  s'agit simplement de comprendre qu'un manager n'est bon que si on lui  en donne les moyens. Rien ne sert de travailler le sens de l'écoute  du manager s'il n'a rien à entendre. Combien de fois entend on "A  quoi bon être disponible, on ne nous parle pas".

De fait si le managé est en demande d'une évolution de son manager,  il doit aussi soutenir cet effort. Cela peut paraitre contre nature,  mais dire "merci pour le soutien", "j'ai apprécié cette manière de  gérer tel projet qui nous a fait travailler plus efficacement  qu'avant" conforte le manager et l'encourage dans son évolution.  Comment peut on en effet définir un mode de fonctionnement sans  retour de ceux auquel il s'applique ?

A l'heure où la tendance est à une vraie réflexion sur la  collaboration en entreprise, et une fois intégré par expérience le  fait qu'on ne peut tout demander aux collaborateurs sans donner  l'exemple, il ne faut donc pas non plus perdre de vue que si  l'exemple vient d'en haut il doit être suivi de retours en termes de  réciprocité. L'évolution du fonctionnement des entreprises vers  davantage de collaboration ne se fera donc que si l'effort vient de  part et d'autres (ce qui en la matière relève de la lapalissade). Si  savoir manager est un art, savoir être managé et participer à une  relation gagnant / gagnant l'est donc tout autan.

J'ajouterai enfin une chose. Dire ce qui va bien donne la crédibilité  nécessaire pour faire remarquer parfois que des choses peuvent être  améliorées. Et cela n'est pas valable que de haut en bas.

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