S’enthousiasmer

Kevin StraszburgerPar Kevin Straszburger (chroniqueur exclusif)Ben & Fakto

Un ami est venu me rendre visite à Paris il n'y a pas très longtemps. Il étudie aux Etats-Unis, à San Francisco précisément. Forcément beaucoup de nos discussions ont tourné autour de Ben & Fakto, et plus généralement autour de l'entrepreneuriat. Selon lui, la clé (ou du moins l'une des nombreuses clés) du dynamisme américain dans la création d'entreprise réside dans leur enthousiasme.

Enthousiasme insatiable pour la nouveauté, le jamais-vu. Personnellement je partage "à priori" son point de vue. Je me considère moi-même comme un enthousiaste mais j'ai voulu pousser un peu et en comprendre les ressorts.

Je ne me lancerai pas ici dans une étude profonde de ce comportement, il me faudrait un livre entier, mais j'aimerais juste inviter à la réflexion. Pourquoi et comment s'enthousiasmer ? Je suis certain que tous les entrepreneurs (ou non d'ailleurs) qui me lisent ici se reconnaîtront dans ce portrait : on entend beaucoup d'idées, de "pitch" comme on dit, et là deux solutions s'offrent à nous, d'un côté le positif, à plusieurs niveaux, du "wow c'est génial" au "pourquoi pas, à voir" et de l'autre côté le négatif, du "mouai je n'y crois pas" au "mais pff t'as rien compris".

En fait, si j'extrapole un peu, au-delà même des idées qu'on nous présente, nous sommes tous concernés par ce choix quand on nous présente un nouveau service, un nouveau réseau, un nouveau site, un nouveau produit etc… L'ultime question d'ailleurs demeure : vais-je l'utiliser ou non ? vais-je acheter ou pas ?

Là, selon Fred donc (oui l'ami des Etats-Unis s'appelle Fred), les américains se posent beaucoup moins de questions que nous (bien entendu ils ne parlent essentiellement que de 2 types d'américains, ceux qu'il connaît le mieux, les californiens et les new-yorkais). A comprendre, ils commencent dans tous les cas par un "yes that's great" et ils testent.

C'est d'ailleurs pour ça que sur un site d'auto-partage US on trouvera de belles voitures décapotables alors que nos amis de chez Buzzcar ont d'abord dû nous convaincre que "pas de panique, c'est sans risque". C'est aussi pour ça qu'on trouvera plus facilement de quoi louer de beaux vélos chez Spinlister mais quid de ce qui existe ici (d'ailleurs, c'est une question, si vous connaissez, je suis preneur).

Alors attention, loin de moi l'idée de tomber dans le travers "oui là-bas c'est bien, ici c'est nul". Non je ne le pense pas, et puis c'est bien parce que je pense que nous pouvons faire de magnifiques et incroyables choses en France que j'ai monté avec mes amis Ben & Fakto à Paris. Mais je constate, à tous les niveaux, chez nous aussi quand nous brainstormons et tentons de trouver de nouvelles idées, des limites. Et, dans le fond, des limites qui arrivent très vite. Je nous sens incapable, du moins moins capable, de nous enthousiasmer.

Wikipédia, dans la définition dite moderne du mot nous écrit cela : "dans le langage ordinaire, l'enthousiasme…signifie une dévotion complète à un idéal, une cause, des études ou une quête, qui se traduit par de la joie et de l'excitation. Parfois, et avec un sens péjoratif, il implique un esprit partisan, aveugle aux difficultés et sourd aux arguments adverses." Nous y voilà.

Alors je me demande : allez, un peu de naïveté dans ce monde de brut, après tout, "joie et excitation", pas de problème, je signe où ? Aujourd'hui le monde regarde Facebook et toutes les success story comparables, en grande partie américaines de surcroît. Mais soyons clairs, rien de ça n'est possible sous l'enthousiasme incompressible et non-négociable des équipes derrière, des investisseurs, des premiers utilisateurs et du reste de la chaîne qui suit.

Pour ma part, je le médite pas mal en ce moment. Si vous voulez partager vos idées avec moi, suis preneur (et j'aime le café), donc n'hésitez pas 🙂

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