Seul ou mal accompagné ?

Par Nicolas Thébault (chroniqueur exclusif) – Expert des réseaux professionnels

Cette discussion est sans fin et s’applique au monde politique et personnel, comme au monde des affaires, vaut il mieux être seul ou mal accompagné ?

Tout dépend de notre système de valeurs et du seuil de tolérance que nous nous sommes fixé, nous n’avons pas tous les mêmes codes éthiques  à partager.

Exemples de discussion et situations vécues dans le conseil RH

L’un de mes confrères s’étonne que je ne travaille pas avec  2 de ses meilleurs clients.

– Ils ont pignon sur rue dans un domaine connexe au tiens argumente-il, tu pourrais comme moi collaborer   

– Sans doute, mais j’ai constaté de leur part une attitude contraire à ma vision du réseau et à mon éthique

– En ce qui me concerne je laisse toujours une deuxième chance au produit, laisse place au doute  

– C’est bien en effet d’aller au-delà d’une première impression,  le flair est important aussi pour moi

– Grâce à eux je réalise 50% de mon chiffre d’affaire alors peut importe ce qu’ils sont par ailleurs

– Là je ne te suis pas, le monde est vaste et ton image est toujours associée à celle de tes partenaires

N’avez-vous jamais préféré rester seul ou réduire votre cercle de relations, plutôt que de vous fourvoyer avec des interlocuteurs qui agissent à l’encontre de vos idées ?

De mon point de vue vous faites bien, mais il est vrai aussi qu’il vaut mieux éviter de se braquer trop vite par excès de sensibilité et vérifier le bien fondé de vos constats.

En ce qui me concerne, la confiance  que j’accorde aux professionnel du conseil RH se porte sur le fait qu’ils  incarnent ou non  des valeurs d’ouverture, d’humanisme et d’authenticité.

Quelques exemples et contre exemples qui me font choisir mes partenaires :

– Dans le domaine du recrutement, au-delà des nombreux cabinets existants, j’ai vu des consultants centrés sur la facturation et leur intérêt à court terme plutôt que sur les enjeux  humains.  Les derniers sont de loin les moins nombreux, il suffit pour s’en convaincre d’interroger les candidats qui ont affaire à cette profession. L’un de mes amis cadre supérieur dans un établissement bancaire confessait son impression qu’un sur 50 recruteur rencontrés dans une phase de recherche d’emploi, lui avait donné l’impression de s’intéresser vraiment à lui.

– Chez les outplaceurs, l’enjeu est différent. L’intérêt financier à court terme n’est pas de facturer à tout prix une embauche, puisque le contrat est  souvent payé d’avance. Les professionnels que je ne reconnais pas comme des confrères tentent en revanche, de vous recaser le plus vite possible pour faire tourner leur stock. Les meilleurs au contraire vous incitent à rechercher la meilleure voie pour vous, surtout si votre souhaite est de changer d’orientation, en vous accompagnant le temps nécessaire.

– Les spécialistes des réseaux donnent parfois l’impression de faire du business sur ce thème sans l’incarner vraiment. Ils peuvent avoir du succès dans leurs affaires, je préfère de loin celui qui pratique ce qu’il recommande, quitte a avoir un peu moins d’audience. Celui qui s’intéresse authentiquement aux autres plutôt que de rechercher exclusivement les contacts à priori utiles. Celui qui partage facilement ces contacts plutôt que de les garder jalousement pour son cercle d’initiés. Celui enfin qui vous répond tout simplement sur contact qualifié, ils sont 10%.

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