Traverser l’Atlantique

Chez 2PS, depuis toujours, des photos de voiliers de compétition ornent les murs de nos bureaux. Pour nous, la voile, est une parfaite métaphore de l'entreprise qui doit naviguer dans un contexte économique instable et changeant (la mer), maintenir le cap alors que l’on est poussé par des vents irréguliers et parfois contraires (les sources de revenus), avec un équipage ayant ses forces et faiblesses (l’équipe) et en vivant avec les capacités et les limites du bateau et de son équipement (l’entreprise). 

De la métaphore à la réalité

Cet été, je suis passé de la métaphore à la réalité en embarquant sur un vétéran de la Volvo Ocean Race – Whitbread, le 60 pieds Swedish Match – rebaptisé Ocean Phenix 4 et sponsorisé pour l’occasion par la Banque Nationale, Helly Hansen et le Groupe Esprit de Corps. Accompagné de 10 entrepreneurs et du skipper et coureur international Georges Leblanc, j'ai pu vérifier la véracité de la comparaison.
Pour faire face à ce défi sportif, je me suis préparé  pendant 14 mois avec 20 chefs d’entreprises et dirigeants d’organisations. Le but était de suivre la route de la Transat Québec – St-Malo pour 10 d’entre nous et de faire la transat en sens inverse pour les 10 autres. La plupart des participants avait peu ou pas d'expérience en navigation et aucun de nous n’en n’avaient en voile sportive transatlantique. Nous avons dû tout apprendre : la navigation, les manoeuvres, le gréement, la météorologie, la vie en communauté dans un espace restreint, même les coutures sur les cordages.
 
Au cours de cette longue préparation j'ai côtoyé des entrepreneurs motivants et passionnés. Des liens se sont créés avec chacun d’eux. Mais surtout j'ai fais quelques parallèles. Je vous les livre ci-après.

Un trajet houleux

Le voilier devait partir le 9 juillet, mais le bateau a été retenu pour des raisons administratives. C’était une première leçon importante pour les entrepreneurs marins : même la plus parfaite des préparations techniques ne peut mettre à l’abri de changements de politiques, de pressions gouvernementales, fiscales ou administratives soudaines. Si la plupart du temps les gouvernements essayent de stimuler l’entrepreneuriat, les “Game changers” que sont les entrepreneurs, se heurtent régulièrement à une législation absente ou mal adaptée. Dans cette situation, il faut savoir trouver des compromis mais ne pas se laisser impressionner par l’appareil fonctionnarial. 
 
Lorsque nous avons enfin largué les amarres, le fleuve St-Laurent et sa courte vague à eu raison des plus courageux. Le mal de mer a frappé 7 matelots sur 10 dont certains pendant près de 35 heures. Là encore, la leçon était évidente. L’équipe peut connaître toutes sortes de difficultés internes. Dans ces conditions particulières, les dirigeants et l’encadrement doivent pouvoir pallier. Les mesures de mitigations et de contingences ainsi que les plans de relèves ne sont pas seulement “souhaitables” ; ils sont obligatoires.
 
Arrivés sur les bancs de Terre-Neuve, une brume persistante durant 5 jours a entouré le bateau. La visibilité était nulle. Les instruments de bord prennent alors un rôle capital. En son temps, le sextant était un outil de pointe. Les voiliers de compétition d’aujourd’hui ne font pas exception et regorgent de technologie dernier cri. Plusieurs jours avant le départ, on avait travaillé à l’installation d’un radar à l’arrière du voilier. Cet équipement était essentiel pour “voir” venir les porte-conteneurs, véritables géants des mers, qui pourraient fracasser le voilier comme une coquille de noix s’ils croisaient la route d’Ocean Phenix. Établir une stratégie, tenir un cap, sont essentiels pour l’entreprise. Mais sans moyen de vérifier régulièrement les conditions et l’environnement, l’entreprise peut suivre une route qui finira par la couler. Pour beaucoup d’entrepreneurs, les seuls outils de prédiction sont la comptabilité et leur instinct. Pourtant, de nouveaux outils existent. Aujourd’hui comme autrefois, on ne navigue pas sans une technologie de pointe. Les PME ne devraient jamais faire de fausses économies en se bornant aux outils de base.
 
Quand le soleil s’est mis à briller enfin, la mer était plate et le vent faible. Il a fallu modifier la voilure et notamment sortir le Spinaker. Cette immense voile capte chaque brise et permet donc d’avancer même avec peu de vent. Mais attention à l’auloffée, ce changement brusque du cap du bateau dû au vent, qui peut déchirer la voile ou coucher le bateau. Pour capter plus de revenus en temps de ralentissements économiques, les entreprises optent pour la diversification. Cela leur permet de continuer d’exister même lorsque les revenus s’étiolent dans un secteur. Cependant, elles s’exposent à plus de risques légaux, réglementaires, concurrentiels etc. Il est donc important de se préparer avant de diversifier mais aussi d’établir des indicateurs de performances et de les suivre rigoureusement.
 
La houle s’est rapidement formée les jours suivants. Cette longue et haute vague est très impressionnante, mais elle est une excellente amie. Elle permet de faire des “surfs”. Il faut barrer le bateau de manière à prendre le plus possible de vent lorsqu’on est en haut de la crête de la vague et de suivre le mouvement comme le ferait un surfer hawaïen avec sa planche. Lors de la traversée, nous avons atteint des surfs de 24 noeuds, près de 50km/h. Cependant, la vague suivante se forme devant le bateau et le ralenti subitement. Il faut alors régler le Spinaker pour reprendre de la vitesse, monter la vague, atteindre la crête et répéter l’opération. Saisir les opportunités nécessite non seulement de bien se placer sur le marché mais aussi d’adapter l’entreprise pour profiter au mieux des tendances.
 
À l’approche de St-Malo, malgré la proximité des côtes, on ne pouvait pas “voir” que le trajet touchait à sa fin. Le champ de vision et la courbure de la terre limitent à 28 milles nautiques la capacité de discerner les objets par temps clair. Heureusement, le GPS permet de visualiser la position du voilier sur la carte, d’identifier les hauts-fonds, et surtout de planifier le croisement de la route des grands navires de transport particulièrement, nombreux sur la Manche. Ce “regard extérieur” que donnent les satellites aux marins, c’est exactement ce que 2PS offrent à ses clients. Nos consultants ne sont pas meilleurs que les entrepreneurs qu’ils conseillent, mais ils ne sont pas impliqués dans l’entreprise, ils ont un regard neuf, et en plus, ils voient ce qu’il se passe chez les autres. Le LAB de 2PS les dote d’outils de pointe et les alimente en informations économiques, politiques, technologiques et méthodologiques ce qui leur permet d’aider les dirigeants à mieux se situer sur la “map” et à prendre des décisions éclairées. 

Un bilan humain et sportif

Je parle régulièrement de l’approche humaine de 2PS. D'ailleurs, il arrive souvent que nous trouvions les solutions les plus efficaces pour nos clients en prenant une bière avec un technicien, ou en nous intéressant sincèrement à l’avis de la réceptionniste.
 
Cette traversée a parfaitement mis en évidence l’importance de la dimension humaine dans un défi qu'il soit sportif,humain ou professionel. Comme dans une entreprise, vivre ensemble dans cet espace restreint forge les caractères. Pendant que les équipiers apprennent à se connaître, à vivre le moment présent, à faire face aux contraintes et aux situations imprévisibles, il s’installe un climat de respect, d’entraide et d'humilité face à la nature. C’est un excellent apprentissage pour des individus habitués à diriger.
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