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Reprendre une PME du bâtiment : les chiffres de gestion à exiger avant de signer

Reprendre une PME du bâtiment : les chiffres de gestion à exiger avant de signer

Ce n’est pas tous les jours que l’on a l’occasion de reprendre une PME dans le bâtiment, et contre toute attente, cela ne consiste pas seulement à vérifier son chiffre d’affaires ou son résultat net. En effet, avant de signer, vous devez suivre plusieurs indicateurs sur l’entreprise, et être en capacité de les analyser…

Le chiffre d’affaires et son évolution sur plusieurs exercices

Si le premier indicateur à examiner reste le chiffre d’affaires, sa valeur apparaît surtout dans son évolution car avec simplement trois à cinq exercices, il est possible de repérer :

  • Une croissance régulière
  • Une stagnation
  • Une baisse progressive marquée

A ce titre, avec des solutions métiers B2o, il est justement possible de centraliser les données commerciales, les chantiers, la facturation ainsi que les indicateurs de gestion à mettre en relation avec le chiffre d’affaires.

La marge brute et l’EBE normalisé

Le chiffre d’affaires ne permet pas, à lui seul, d’apprécier la performance économique d’une PME du bâtiment. Ainsi, un repreneur doit toujours examiner la marge brute et l’EBE (Excédent Brut d’Exploitation), c’est à dire le niveau de richesse généré par l’activité avant certains éléments comptables et financiers.

Toutefois, l’EBE doit être retraité, afin d’obtenir une vision représentative de l’entreprise après la transmission. La rémunération du dirigeant, les loyers atypiques, les avantages particuliers ou certaines charges exceptionnelles peuvent donc modifier sensiblement le résultat présenté dans les comptes. D’ailleurs, l’analyse doit toujours bien distinguer l’EBE comptable de l’EBE normalisé, cette dernière donnée étant utile pour établir des méthodes de valorisation qui se basent sur la rentabilité.

Le besoin en fonds de roulement et la trésorerie

Dans le bâtiment, la rentabilité comptable ne garantit pas une trésorerie confortable, notamment avec le BFR (Besoin en Fonds de Roulement) qui correspond aux ressources financières mobilisées par le cycle d’exploitation, en raison des décalages entre les dépenses engagées et les règlements des clients.

Cela veut dire qu’un repreneur doit toujours examiner son évolution sur plusieurs exercices, mais aussi identifier ses principales composantes comme les encours clients, les stocks et les dettes des fournisseurs. Dans un autre registre, la trésorerie nette doit être finement analysée, parallèlement aux dettes financières. Avec cette lecture, cela vous permettra de déterminer les ressources réellement disponibles après l’acquisition, et d’anticiper les besoins liés aux premiers mois d’exploitation.

Les marges et les résultats des chantiers en cours

Une PME du bâtiment se doit d’être analysée chantier par chantier, avec des informations qu’on retrouve dans un ERP dédié au BTP comme la liste des opérations en cours, leur avancement, les montants déjà facturés et la marge prévisionnelle restante.

Par exemple, dans certains cas, il arrive qu’une situation particulièrement sensible apparaisse quand un chantier a été facturé davantage que son niveau d’avancement réel. Dans ce cas, l’écart peut alors annoncer des coûts qui resteront à supporter, sans les recettes correspondantes. Les données de gestion doivent donc permettre de comparer le prévu, l’exécuté et le réalisé. Une lecture qui apporte une vision plus concrète de la rentabilité des affaires que le seul compte de résultat annuel, et qui permet aussi de repérer les chantiers dont la marge s’est dégradée par la suite.

Le carnet de commandes et sa concentration

Dans l’analyse du carnet de commandes avant une reprise, il convient de distinguer :

  • Les marchés signés
  • Les devis acceptés
  • Les opportunités commerciales encore incertaines.

Pour chaque commande significative, le repreneur doit donc connaître le montant, le calendrier prévu et les conditions contractuelles qui ont été définies au préalable. En complément, la concentration mérite aussi une analyse fine, car une PME qui dépend de quelques donneurs d’ordre présente un risque plus grand qu’une entreprise qui dispose d’une clientèle plus diversifiée.

Les investissements et l’état du parc matériel

Le résultat d’une entreprise peut sembler favorable au premier abord quand certains investissements ont été différés, raison pour laquelle il est nécessaire d’obtenir via un logiciel de gestion l’inventaire du matériel, des véhicules et des équipements, accompagné de leur âge, de leur mode de détention et de leur état.

D’ailleurs, précisons que la valeur nette comptable ne correspond pas forcément à la valeur économique réelle d’un équipement, car une machine totalement amortie peut conserver une valeur sur le marché, tandis qu’un équipement récent peut parfois demander des dépenses d’entretien ou de renouvellement. En réalisant un budget d’investissement prévisionnel, il est donc possible d’intégrer les besoins des prochaines années à un plan de financement.

La qualité des comptes et des données de gestion

Enfin, la lisibilité des comptes reste un véritable indicateur à part entière. Pour ne rien manquer, le repreneur doit obtenir :

  • Les liasses fiscales des trois dernières années
  • Les bilans et comptes de résultat détaillés
  • Un arrêté de situation comptable

Là encore, il convient de bien observer les données comme les soldes non justifiés, les écarts entre les données comptables et les données opérationnelles, ou encore l’absence de suivi précis des marges. Si besoin, n’hésitez pas aussi à exiger des informations documentées si vous constatez des variations significatives. Une étape qui peut parfois révéler le niveau de structuration de la gestion interne, mais qui peut également être chronophage…