La minute patrimoniale : Support en euros d’assureur

Yves_gambart_de_lignieres
Par Yves Gambart de Lignières (chroniqueur exclusif) – Conseil Financier et Conseil en Gestion de Patrimoine Indépendant

A l’heure où les fonds monétaires
rapportent à peine 1% et où beaucoup d’émetteurs font appel au marché pour
lever des capitaux à des taux bruts qui peuvent paraître séduisants (par
exemple, Edf avec 4,5% sur 5 ans, Crédit Agricole avec 6% sur 12 ans…), il nous
semble intéressant de faire le point sur un support qui offre une liquidité,
une sécurité, une fiscalité et un rendement encore fort attrayant (autour
de 4% net) : le support en euros ou actif général d’assurance-vie.

Support en euros : de quoi s’agit-il ?

Les fonds en euros sont
majoritairement investis en obligations (70 à 90%).

Ceci s’explique par le fait que
les assureurs ont le devoir de garantir
au souscripteur les sommes placées sur ce support
.

Si le souscripteur récupère sa
mise de manière anticipée, il ne s’expose donc pas à un risque de perte en
capital… contrairement à ce qu’il peut subir avec une obligation détenue en
direct qui baissera si les taux du marché progressent.

Le solde est investi en actions
cotées, private equity, immobilier, produits dérivés…

Les supports en euros offrent,
également, un effet de cliquet
garantissant que les plus-values générées dans le passé sont acquises.

Support en euros : comment son rendement est déterminé ?

La réglementation impose à
l’assureur de reverser, l’année en cours ou avant la fin de la huitième année,
au moins 90% de ses bénéfices techniques et 85% des bénéfices financiers.

Si ces bénéfices sont, en partie,
provisionnés, on parlera de provision
pour participation aux bénéfices
. Plus cette provision est élevée, plus
l’assureur sera en mesure de reverser, dans le futur, un supplément de bénéfices
sur son support en euros au-delà du taux technique ou taux minimum garanti,
définis règlementairement. C’est ainsi que certains assureurs ont plus de
quatre années de participation en réserve tandis que d’autres n’en ont
plus !

Le souci est que les assureurs
peuvent affecter, comme ils l’entendent et sur les contrats qu’il souhaite,
cette participation aux bénéfices…

Il ne faut donc pas être leurré
par les taux boostés pour l’année en cours dont l’objet est exclusivement
commercial.

C’est pour cela qu’on constate,
trop souvent, des particuliers disposant d’une multitude de contrats souscrits,
au fil du temps et au gré des campagnes commerciales… c’est une
absurdité : si un contrat est satisfaisant, le souscripteur procédera à
des versements complémentaires sur cet unique contrat et non à l’ouverture de
nouveaux contrats.

Pour déterminer le taux de
rendement sont, également, pris en compte la réserve de capitalisation
constituée par les plus ou moins-values générées lors de la cession
d’obligations et certaines provisions dont celle pour dépréciation à caractère
durable destinées à couvrir les risques sur certains placements (actions et
immobilier).

Support en euros : choix du contrat et de l’assureur

Les supports en euros ne sont
accessibles qu’auprès des assureurs via leurs contrats d’assurance-vie ou leurs
contrats de capitalisation.

La solidité de l’assureur est le premier critère dans le choix d’un
contrat.

Car, même si le nombre de
faillites est très faible (le seul antécédent en France fut Europavie en 1997
qui engendra la création d’un fonds de garantie), la conjoncture actuelle
incite à la prudence (faillites récentes de l’américain Aig et du japonais
Yamoto Life).

La palette de supports au sein du contrat est également primordiale
car nul ne sait quel sera le meilleur placement à l’avenir. Mieux vaut donc
opter pour un contrat multi-supports et multi-gérants que pour un contrat
monosupport ou réduit à quelques fonds gérés par le même établissement.

Ensuite, on s’attardera, bien
entendu, sur les performances passées (nettes de frais de gestion) du support en euros même si, comme
expliqué précédemment, elles ne préjugent pas des résultats futurs… on étudiera
sa composition (maturité, duration, signature des obligations, exposition
actions…), son encours (et donc l’impact des flux : collecte et rachats), les
modalités contractuelles de distribution des bénéfices, les participations
accordées dans le passé, celles provisionnées…

Enfin, et c’est peut être le plus
important, il ne suffit pas de choisir un bon contrat, il faudra, également, en
assurer le suivi et la gestion de manière à respecter les objectifs du souscripteur
(rédaction de la clause bénéficiaire, allocation de départ, arbitrages…).

A noter, certains supports en euros sont accessibles, sous certaines
conditions, aux entreprises pour y loger leur trésorerie…  qui dit mieux ?

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