Twitter, au-delà de l’introduction en Bourse

Vincent colotPar Vincent Colot (chroniqueur exclusif) - Analyste financier

En raison de sa très médiatique
introduction en Bourse, le réseau social américain Twitter fait le
« buzz » actuellement.

Quel est le cours correct aujourd’hui pour
l’action Twitter ? Difficile à dire, tant il est vrai que de nombreuses
questions restent posées quant à la nature et à l’évolution du « business
model » de cette entreprise.

Intéressons-nous plutôt à l’usage que peut
faire de cet outil un professionnel de la finance.

Personnellement, je suis un utilisateur
occasionnel de ce réseau. Et il m’arrive de penser que je pourrais y recourir
encore plus régulièrement. Ce faisant, je partage l’avis des autres professionnels
du milieu puisque, d’après une étude indépendante récemment menée en France
(139 personnes interrogées), 59% d’entre eux utilisent Twitter, dont 78% de
façon quotidienne. A contrario, seuls 26% estiment Facebook utile
professionnellement.

Il y a donc une spécificité Twitter.
Laquelle ?

Pour les financiers qui sont habitués aux
écrans Reuters ou Bloomberg, modulables et personnalisables à l’infini, Twitter
offre des fonctionnalités finalement assez proches. Ils peuvent suivre
l’actualité économique et celle des entreprises, catégorisées en menus et
sous-menus, en quasi temps réel, notamment avec les fils d’informations de …
Reuters et de Bloomberg ! Mais pas seulement, car ils peuvent aussi
s’abonner directement aux sources de grands instituts internationaux ou des
entreprises elles-mêmes. Ils peuvent aussi suivre les commentaires et les
analyses d’autres professionnels ou passionnés de la finance et entamer des
« dialogues » avec eux. Des participants à des conférences recourent
également à Twitter pour partager en direct ce qu’ils apprennent.

Me tenir au courant de ce que pensent les
autres professionnels est mon usage principal. Les informations brutes sont
déjà largement répercutées par ailleurs (du moins lorsqu’on est branché toute
la journée sur Internet) : je trouve davantage de valeur ajoutée à l’outil
lorsqu’il me permet de connaître les commentaires et analyses de mes petits
camarades. Et Twitter me permet de découvrir régulièrement d’autres analystes
qui partagent ou non mes points de vue.

Attention, toutefois ! Tout comme trop
d’impôts tuent l’impôt, trop d’infos tuent l’info. Il y a beaucoup de
« bruits » sur Twitter (les tweets ne sont pas le seul fait de
personnes intelligentes et bien intentionnées), ce qui est sans doute la
principale caractéristique qui freine l’efficacité des algorithmes informatisés
de trading cherchant à tirer avantage de ce réseau. Même si regrouper plusieurs
flux d’informations sur un même écran via des messages de 140 caractères
maximum rend le travail plus efficace, le danger de noyade reste bel et bien
présent. Hypnotisé par les torrents informationnels ou pris par la grande
conversation entre « experts », on peut vite se laisser distraire de
l’essentiel, voire succomber à la sur-réaction (tyrannie de l’actualité encore
magnifiée). Et n’oublions pas que toutes ces informations, brutes ou
pré-digérées/commentées, doivent encore être retraitées par chacun en fonction
de sa propre personnalité d’analyste ou d’investisseur. Il est dès lors
indispensable de se restreindre, de poser des filtres et de redéfinir, au gré
de son usage critique, les sources à suivre sur ce réseau.

Rien n’est donné. Tout est à construire.
C’est bien ce qui est passionnant, non ?   

 

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