Par Loïc Le Meur, entrepreneur et bloggeur français.
Créer une entreprise: trouver les meilleurs collaborateurs et leur faire confiance
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Même si cela paraît évident, il est fondamental de bien s’entourer quand on lance un projet.
Quand j’ai lancé B2L, deux de mes amis, Antoine Bello et François Lamotte ( fondateurs d’Ubiqus) m’ont hébergé dans leurs locaux. Un petit bureau face à l’ascenseur. Pour une Web agency il était immédiatement nécessaire pour moi de recruter un ingénieur, je n’avais qu’un profil gestion et commercial.
Mais l’exercice fût difficile : recruter un ingénieur, avec un bon diplôme quand vous êtes le seul employé de votre propre société, sans bureau ou presque, et que vous avez tout au plus 3 mois de cash devant vous… J’ai finalement convaincu un ingénieur de rejoindre l’aventure, mais en fait c’est plutôt moi qui ce jour-là ai passé un entretien d’embauche. En effet, Vincent se posait plus de question sur moi que je ne m’en posais à son égard, il sortait d’une école d’ingénieurs, ne voyait qu’un tout petit bureau pour toute représentation de mon entreprise, ne savait pas si je pourrai encore le payer dans trois mois. J’ai été très transparent avec lui, aussi bien sur les risques que les opportunités, et il a accepté de relever le défi.
La personne qui m’a certainement le plus impressionné fut Jean-Jacques Borie (il n’a pas encore de blog, mais cela ne tardera pas j’espère….). Il m’a un jour envoyé un CV, au tout début de B2L, un CV vide (sans vouloir l’offenser), peu d’expérience, sans diplôme. Mais ce CV traduisait indéniablement une chose : la passion, l’envie d’apprendre et de bien faire. J’ai donc reçu Jean-Jacques et j’ai décidé de lui donner sa chance. Ses nuits, il les passait à apprendre en lisant des livres de développement Internet, ses journées à programmer pour nos clients avec une rapidité et une capacité d’exécution incroyables. J’ai fait confiance à Jean-Jacques et sa passion. Il est vite devenu le meilleur développeur de l’équipe et a évolué avec nous. Aujourd’hui il a cru utile de palier à son manque de diplômes en suivant des cours… du soir et a rejoint un grand groupe français à un poste très intéressant après m’avoir suivi dans différentes aventures de création.
Il faut aussi que votre équipe ait une vision claire des objectifs, à court et moyen terme, de la société. Il faut communiquer votre propre passion. Manager une équipe n’a rien à voir avec donner des ordres, il s’agit de partager une vision, une envie de réussir.
La confiance est primordiale. Je ne suis jamais passé derrière quelqu’un pour vérifier son travail, je n’ai jamais controlé les contrôle des heures d’arrivée et de départ du bureau ni même les heures passées sur un projet. La seule chose qui compte, c’est le résultat (en préservant évidemment un minimum de temps en équipe pour sa cohésion, bien entendu. Ceci est particulièrement important quand les équipes ne travaillent pas physiquement au même endroit.

Bon article même si je me permet qq pointes d’humour :
> je n’ai jamais controlé les contrôle des heures d’arrivée
ni contrôlé même son propre texte. 😉
C’est sur ça doit détendre l’atmosphère.
+1
> Je ne suis jamais passé derrière quelqu’un pour vérifier son travail
Oui d’autant que c’est pas au gestionnaire/entrepreneur de faire le contrôle de qualité car il en a pas souvent les compétences ni la mission. Ingénieur ou pas, je suis parfois surpris du style quand je relis du code de programmeurs. Tant que ça fonctionne (résultat), tout va bien dans le meilleur des mondes possibles.
Bonjour Loïc,
Excellente série d’articles, bravo. Ca fait du bien de remettre à l’esprit quelques vérités sur la création d’entreprise. Le créateur doit être aussi bien un rêveur (l’idée, la vision qui sous-tend le projet) qu’un pragmatique (faire rentrer les sous au jour le jour). Pas facile de concilier ces deux traits de caractère.
J’ai une question concernant l’équipe. Imaginons un créateur de profil ingénieur qui lance une entreprise. Il a réussi à convaincre quelques business angels de financer la première année de fonctionnement. Mais il se rend compte qu’il lui faut une compétence marketing/commerciale pour finaliser l’offre, la pricer et la vendre. Il a besoin d’un bon mais n’a pas les moyens de le payer. Quelle solution recommande-tu? Associé prenant une part de capital? Salarié avec salaire mini et stock-options? Autre? Peux-tu faire un retour d’expérience en la matière?