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Private equity : de quoi parle-t-on vraiment ?

Private equity : de quoi parle-t-on vraiment ?

On croise le terme partout dans la presse économique, souvent sans qu’il soit expliqué. Pour un entrepreneur, comprendre le private equity — le capital-investissement — a pourtant du sens : c’est le moteur qui finance la croissance de milliers d’entreprises non cotées, et une classe d’actifs vers laquelle se tournent de plus en plus d’investisseurs privés. Avant d’aller plus loin, il est utile de disposer d’une Private Equity Definition claire. Décryptage, sans jargon.

Une définition simple

Le private equity, c’est l’investissement en fonds propres dans des entreprises qui ne sont pas cotées en Bourse. Concrètement : au lieu d’acheter des actions sur un marché, on confie son argent à un fonds qui prend des participations dans des sociétés non cotées, les aide à se développer pendant plusieurs années, puis revend ces parts en espérant une plus-value. C’est de l’investissement dans l’économie réelle, à la différence des placements purement financiers.

Qui fait quoi ?

Deux acteurs se partagent les rôles. D’un côté, la société de gestion, qui sélectionne les entreprises, investit et les accompagne au quotidien. De l’autre, les investisseurs, qui apportent les capitaux et perçoivent, à terme, le fruit des reventes. L’argent n’est pas versé en une seule fois : le fonds l’appelle progressivement, au fur et à mesure qu’il trouve des opportunités d’investissement, sur une durée de vie qui va généralement de huit à douze ans.

Plusieurs façons d’investir

Sous le mot private equity cohabitent des approches très différentes. Le capital-risque finance les jeunes pousses innovantes — fort potentiel, fort risque. Le capital-développement accompagne des entreprises déjà rentables qui veulent accélérer. Le capital-transmission (ou LBO) rachète des sociétés matures : c’est le segment le plus performant, avec un TRI net de 13,1 % par an sur dix ans à fin 2025. S’y ajoutent les infrastructures, la dette privée ou le marché secondaire, aux profils plus réguliers. Chaque stratégie a son propre couple rendement / risque.

Pourquoi ça intéresse autant

Parce que la performance est au rendez-vous sur le long terme. À fin 2025, le capital-investissement français affichait un TRI net de 10,7 % par an sur dix ans, selon la 32ᵉ édition de l’étude France Invest / EY, au-dessus du CAC 40 (environ 9,5 % sur la même période). Cette surperformance s’explique par la transformation concrète des entreprises accompagnées, pas par la spéculation. À cela s’ajoute un effet de diversification : peu corrélé à la Bourse, le non coté aide à équilibrer un patrimoine. Attention toutefois, la moyenne cache de forts écarts entre fonds, et le résultat dépend étroitement de la qualité de la sélection. Attention également car les performances ne sont pas garanties et investir dans des fonds non cotés implique des risques notamment de perte en capital et de liquidité.

Comment on y accède, et à quoi faire attention

Longtemps réservé aux grands institutionnels via des tickets de plusieurs millions d’euros, le private equity est aujourd’hui plus ouvert : des sociétés de gestion agréées par l’AMF regroupent les souscriptions et abaissent le ticket autour de 100 000 euros, via un conseiller en gestion de patrimoine, une banque privée ou un family office. Deux réserves à garder en tête : l’illiquidité — le capital est bloqué plusieurs années — et le risque de perte. La règle habituelle consiste à n’y consacrer qu’une part limitée de son patrimoine, de l’ordre de 5 % à 15 %, dans une logique de long terme.