Envie d'entreprendre

Des critères de performance ou du talent ?

Martingilles Par Gilles Martin (chroniqueur exclusif) – Président du cabinet de conseil en stratégie et management PMP

France Télécom est en pleine
réorganisation, et nous a annoncé la semaine dernière, outre les noms des
membres du Comité de Direction de Stéphane Richard, un changement dans le
système de management : les dirigeants auront maintenant dans leurs
évaluations des critères sociaux.

Cette anecdote est
caractéristique de ce qui constitue les systèmes de management de la plupart
des entreprises. Elles sont construites sur des systèmes de performance qui
accordent une importance majeure à l’organisation, à la structure.

Dans ces entreprises, on
considère que l’important c’est l’organisation et son fonctionnement. Et quand
on y parle des Ressources Humaines, c’est pour parler de l’excellence de ceux
qui occupent chacun des postes de cette organisation, en concentrant bien sûr
la plus grande attention sur les postes les plus élevés dans la hiérarchie,
ceux qu’on appelle les managers.

Dans ces entreprises, ce qui
fait qu’on s’intéresse aux managers, c’est l’attention portée pour les
sélectionner, les nommer, les promouvoir, pour faire en sorte qu’à chaque
poste, on ait les meilleurs. C’est un système qui sélectionne, qui trie, qui
élimine. Il fonctionne plutôt bien dans les entreprises qui savent administrer
un tel système de mesure de la performance individuelle.

Il plait aussi aux managers
qui ont ainsi l’impression que leur sort est lié à l’application de critères
objectifs, sur lesquels ils pensent avoir pouvoir de négociation, et échapper
ainsi à ce qui leur fait peur, « l’arbitraire du patron », car, pour
ces managers, le patron c’est l’ennemi qui cherche à vous rouler ; il faut
donc tout border dans le système, comme dans un contrat. En fait ce système est
un piège dans lequel ils s’enferment eux-mêmes. On n’arrive jamais aux critères
qui les satisferont complètement et, en cas de non atteinte des critères de
performance, ils chercheront à négocier, à faire changer les règles à leur
avantage (par exemple : oui , je n’ai pas atteint les objectifs, mais il y
a eu la crise, un problème avec tel client, peu importe). C’est un jeu sans
fin, avec des perdants à chaque fois.

« Petite chronique boursière » : Risque et rendement : le couple infernal

Vincent_colot
Par Vincent Colot (chroniqueur exclusif) – Analyste financier

Il y a deux semaines, je pointais du doigt une des
faiblesses de la théorie de l’efficience des marchés. Plus souvent qu’à leur tour,
les actions réagissent davantage à l’affect des investisseurs plutôt qu’aux
données fondamentales les concernant.

Cette semaine, je reviens une fois encore sur cette
question, mais à travers un autre angle : quelle relation y a-t-il entre le
rendement et le risque ?

Cette question est au centre d'une polémique qui agite les
analystes financiers et les chercheurs universitaires depuis plusieurs
décennies. Est-il possible de dénicher des actions avec un haut rendement
attendu (dividende et appréciation du cours) sans avoir à supporter un risque
lui aussi élevé ? Les partisans purs et durs de l'efficience des marchés
répondent par la négative : la Bourse étant selon eux, pour la plupart du
temps, correctement évaluée (çàd incorporant rationnellement toute
l'information disponible), tout rendement supérieur s'accompagne symétriquement
d'un risque supérieur. "There is no free lunch" ("Il n'y a pas
de repas gratuit"), selon eux. Ceux qui contestent cette vision des choses
gagnent néanmoins en influence : il serait possible de trouver des actions
véritablement bon marché.

"Bon marché" et "risqué"

Réflexions à l’usage des managers (2ème partie)

Bertrand_philippe
Par Philippe Bertrand (chroniqueur exclusif) – Entrepreneur et Manager

Il y a quelques mois, je vous avais fait part de mon besoin,
à intervalles réguliers, de prendre de la distance par rapport à ma vie privée
et/ou professionnelle. J’ai besoin de prendre du recul, de me ressourcer, de
lire, de réfléchir. 

Comme la fois passée, je vous invite à réfléchir sur les
thèmes suivants (voir le site http://www.proverbes-citations.com) et à
réfléchir sur l’usage que vous pouvez en faire dans votre vie :

« Petite chronique boursière » : Affaires et sentiments ne font pas bon ménage

Vincent_colot
Par Vincent Colot (chroniqueur exclusif) – Analyste financier

Que n’apprend-on pas comme bêtises sur les bancs de
l’université !

Le cours de Bourse d’une action serait ainsi fonction des
fondamentaux de l’entreprise, notamment des bénéfices futurs dégagés par
l’entreprise, avec une partie de ceux-ci redistribuée sous forme de dividendes
et une autre partie réinvestie dans la maintenance et la croissance de
l’entreprise. Bien entendu, les investisseurs boursiers sont censés anticiper
ces futurs résultats, non pas sur la foi d’une boule de cristal infaillible
mais en se basant le plus rationnellement possible sur l’information disponible
et en s’adaptant aux changements de cette information. « Le plus
rationnellement possible » : ces quelques mots sont à la base même de
l’hypothèse d’efficience des marchés financiers, ce sacro-saint principe qui a
dicté la majeure partie de la recherche académique des 40 dernières années.

Mais, au fur et à mesure des travaux récents des chercheurs, les
dogmes, s’ils ne tombent pas, commencent à s’effriter sérieusement. C’est ainsi
que Richard Sloan et Reuven LeHavy, deux Américains, ont abouti en 2005 à la
curieuse conclusion suivante : bien plus qu’à l’annonce des résultats ou
encore aux révisions bénéficiaires par les analystes financiers, les cours des
actions sont principalement (à quelque 70% en moyenne) sensibles aux
changements de ce qu’ils appellent la « reconnaissance par les
investisseurs » (en anglais : « investor recognition »).
Kekseksa ? Cette reconnaissance est, en quelque sorte, le sentiment
général qui entoure une action et elle peut se quantifier, à tout moment
t, par le nombre d’investisseurs institutionnels qui possèdent alors cette
action. Plus les investisseurs s’amourachent en grand nombre d’une action et
plus le cours de cette action va monter. A l’inverse, au fur et à mesure où ces
gros investisseurs vont déserter le navire, le cours de l’action retombera. La
rationalité n’a donc pas grand-chose à y voir, sauf si vous considérez que le
sentiment est d’abord affaire de calcul. (Pour ma part, je préfère réserver mes
élans amoureux aux jolies brunes aux yeux noisette. Mais chacun fait comme il
veut.)

Et ce qui vaut pour les actions individuelles est également vrai
pour les marchés boursiers dans leur ensemble. Dans un papier encore plus
récent (2010), Jae Kim, Kian-Ping Lim et Abul Shamsuddin, des chercheurs
australiens, ont décortiqué un siècle de rendements boursiers américains. En se
posant la question de la prédictabilité de ces rendements, ils se sont aperçu
de ce qu’il n’était pas d’une grande utilité de prévoir les fondamentaux
économiques avant de décider d’un investissement, notamment quand la situation
est favorable ou en plein cœur d’un krach. Par contre, en période de crise
économique et politique, les investisseurs peuvent tirer profit des réactions
exagérées (à la baisse) qui viennent le plus souvent de survenir pour se
positionner avantageusement (avec donc, un bon espoir d’avoir raison).

Qu’en retenir ?